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«Il manque 15'000 policiers et la frontière est une passoire»

Sécurité

Le Genevois Jean-Marc Widmer a été élu ce matin à la tête de la Fédération suisse des fonctionnaires de police. L'homme, qui a organisé une manifestation avec un cercueil, a des revendications très claires.

Interview: Arthur Grosjean. Mis à jour le 22.06.2012
Jean-Marc Widmer, le nouveau président des policiers suisses, n'a pas sa langue dans la poche.

Jean-Marc Widmer, le nouveau président des policiers suisses, n'a pas sa langue dans la poche.
Image: Edipresse

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A Genève, il est connu comme le Loup blanc. En octobre 2003, à la tête de l'Union du personnel du corps de police genevoise, il avait organisé sous les fenêtres du Gouvernement une manifestation non autorisée de 600 policiers portant un cercueil avec le slogan: «La gendarmerie se meurt». Résultat: tollé et visibilité politiques énormes.

Ce matin à Lugano, le même Jean-Marc Widmer a été élu président de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Quels sont ces objectifs? Va-t-il rééditer cette fois à Berne les opérations coup de poing? Interview.

Vous avez des objectifs précis en tant que nouveau président des policiers suisses?

Oui. J'en ai trois: dénoncer la révision du code pénal, augmenter massivement les effectifs de police et remettre en cause les accords de Schengen.

Que reprochez-vous au nouveau code pénal?

Il y a d'abord l'aberration des jours amendes qui permettent à des gens insolvables de ne pas être punis. Cela dure depuis 5 ans. Nous demandons une augmentation des peines. On a vu récemment que la Suisse devenait un paradis judiciaire. Une personne arrêtée en France a demandé son extradition pour être jugée en Suisse où les peines sont plus clémentes. La nouvelle révision du code pénal il y a un an a aussi entraîné une paperasse administrative énorme. Pendant ce temps, les agents ne sont plus sur le terrain.

Vous voulez une augmentation massive du nombre de policier?

Oui. Les élus sont d'accord pour dire qu'il en faut 1500 supplémentaires. Il manque un zéro! Il en faut 15'000 de plus.

15'000? Vous exagérez!

Non. Nous avons 16'000 policiers en Suisse pour 7 millions d'habitants. La Belgique en a 38'000 pour 11 millions d'habitants et New York 40'000 pour une population de 7 millions.

Qui va payer?

Pas les communes et les cantons dont les moyens sont limités. Il faut que la Confédération mette la main au porte-monnaie. Les missions de Fedpol pourraient être élargies avec une unité de maintien de l'ordre.

Vous voulez une compagnie de CRS suisse?

En quelque sorte. Actuellement, ce sont les cantons qui collaborent pour assurer la sécurité autour des stades. C'est le groupe GMO. Le problème, c'est que tout ça est à la charge des cantons. Il faut que la Confédération prenne les choses en main. Il faut aussi une meilleure coopération entre la police , les gardes-frontière et et l'armée. On pourrait éviter des doublons.

Vous n'aimez pas Schengen et la disparition des postes-frontière?

Nous les policiers, nous nous sommes faits avoir. On nous a vendu le fait que nous pourrions accéder à la banque de données des policiers européens. Mais on a complètement occulté les problèmes de l'ouverture de la frontière. C'est devenu une passoire. Les armes, la drogue, les gangs lyonnais et les bandes de roms passent beaucoup plus facilement. On a donc beaucoup plus perdu que gagné.

Vous voulez dénoncer les accords de Schengen?

Il y a des clauses de sauvegarde. Le Danemark en a fait usage. Il faut absolument remettre des gens aux postes frontière. Et accentuer la collaboration police/garde-frontière/armée. On traîne beaucoup trop pour combattre la criminalité. On se fait distancer de façon phénoménale par les délinquants.

Si on vous dit: «M. Widmer, vous êtes bien gentil avec toutes vos revendications mais cela ne va pas être possible». Vous faites quoi? Une manif avec un cercueil sur la place fédérale?

(rire) Non, non. On ne peut pas utiliser les mêmes méthodes à Genève qu'à Berne. Même au sein du corps de police suisse, il y a des sensibilités différentes qu'il s'agit de prendre en compte. Je vais donc privilégier le dialogue et l'argumentation pour arriver à mes fins.

Les manifs, c'est fini?

Non. Je peux très bien imaginer faire une manifestation spontanée sur la place fédérale si un policier suisse était tué. Nous souffrons d'un grand problème de violence à l'égard des agents.

La présidence, c'est un poste à mi-temps?

Oui. J'ai obtenu une décharge de 40% à la gendarmerie genevoise. Mais la présidence va me prendre 50%. Je travaille à la gendarmerie comme instructeur pour la conduite de véhicules spéciaux.

(Newsnet)

Créé: 22.06.2012, 13h30

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