Lundi 27 février 2017 | Dernière mise à jour 00:16

Témoignage «Je vais à la Migros la boule au ventre»

Une retraitée a été interdite d’accès au MMM de Romanel-sur-Lausanne pendant un an. Depuis, cette cliente encourt des poursuites pénales en cas de «récidive».

La Vaudoise de 71 ans avait été bannie de cet important centre commercial après avoir «fait la leçon» au gérant des lieux.

La Vaudoise de 71 ans avait été bannie de cet important centre commercial après avoir «fait la leçon» au gérant des lieux. Image: Laurent Crottet

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«Je n’ai pas commis le moindre scandale, je n’ai rien volé ni démoli, et encore moins flanqué une baffe!» Thérèse*, 71 ans, est une femme blessée. Ex-administratrice au forum «Executive MBA» de la Faculté des Hautes Études commerciales de l’Université de Lausanne, cette retraitée se dit toujours sous le choc, suite à une décision «complètement dingue» prise à son encontre il y a bientôt deux ans.

Traitée d’«emmerdeuse»

«Chaque fois que je rentre dans une Migros, j’ai la boule au ventre, en ayant la crainte que la moindre broutille ne déclenche une avalanche», témoigne cette septuagénaire, une très fidèle cliente du géant orange. Presque une intime: «J’y fais mes courses une à deux fois par semaine depuis plus de 50 ans. J’allais manger tous les jours à leur restaurant quand je travaillais à Genève.»

Jusqu’au printemps dernier, Thérèse a été purement et simplement interdite d’accès au site de l’imposant centre commercial MMM de Romanel-sur-Lausanne. En cause, à l’en croire: avoir eu l’outrecuidance de faire la leçon au gérant des lieux. Dans la décision écrite de Migros Vaud (adressée à tous les magasins et filiales Obi du canton, ainsi qu’à la police cantonale), aucun reproche concret n’est articulé, si ce n’est un «comportement inadmissible» ayant «gravement troublé la quiétude» dudit point de vente, et qui aurait justifié une exclusion d’une année.

Une mesure «exceptionnelle», assure le porte-parole du géant orange pour la Suisse romande, Tristan Cerf. Bien que prononcée plusieurs fois par an par chacune des dix entités régionales, «en cas de problèmes très graves ou récurrents, comme des vols ou un comportement inadéquat ou violent».

Si la direction vaudoise invoque la «confidentialité» de l’incident «en raison de la protection des données», l’ex-cliente non grata livre sa version des faits. «C’était un mercredi d’avril 2015, entre 11 h 30 et midi. Je me trouvais au rayon boucherie, aux côtés d’une autre cliente, en train d’attendre qu’on vienne nous servir. Je voyais deux employés discuter, non rattachés au service de boucherie à la coupe. Je n’ai su que par la suite que l’un d’eux était le gérant du magasin…»

Après «quelques minutes» d’attente, la retraitée reconnaît avoir interrompu les deux hommes, afin qu’un collaborateur vienne servir la clientèle au rayon en question. «Vous faites chier, vous ne voyez pas qu’on est en train de discuter?!» aurait répondu le plus jeune des deux, qualifiant au passage Thérèse «d’emmerdeuse et de grosse malhonnête». «J’étais abasourdie, tout comme la cliente à mes côtés», poursuit la septuagénaire. «Le boucher a fini par arriver, et j’ai poursuivi mes achats dans le centre, en passant par la jardinerie. Comme par hasard, le gérant s’y était aussi déplacé… je me suis penchée pour lire le nom inscrit sur son badge, et lui ai dit très gentiment, sans la moindre agressivité: «Quand on ne maîtrise pas son personnel, on n’a pas sa place.» Rien de plus, mais c’est ce qui a déclenché toute l’affaire…»

Deux semaines et demie plus tard, la fameuse décision de bannissement arrivait dans la boîte aux lettres de la Vaudoise – notifiée en recommandé. «J’étais effondrée, je ne pouvais même plus accéder à mon garage Euromaster pour changer les pneus de ma voiture, l’agence se trouvant sur le site du centre commercial… si bien que j’ai été obligée de les faire transférer dans la succursale de Crissier (ndlr: à 6 km).»

Aujourd’hui, Thérèse veut surtout dénoncer le fait qu’«une retraitée au casier judiciaire vierge peut être victime d’une forme de terreur psychologique» et ce à vie: «Les sanctions prévues en cas de «récidive» me pèsent et m’effraient.» À savoir, une interdiction d’accès à l’ensemble des magasins du canton, «pour une durée plus longue», le tout assorti d’un dépôt de plainte pénale pour violation de domicile. (Le Matin)

Créé: 11.01.2017, 15h31


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