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Les officiers suisses soutiennent le Gripen

Armée

Lors de leur assemblée des délégués, qui s’est déroulée hier à Lucerne, les officiers suisses ont soutenu le Gripen. Ce qui prime surtout à leurs yeux, c’est d’acquérir un nouvel avion de combat rapidement.

Par Stéphane Berney. Mis à jour le 17.03.2012 96 Commentaires
A 52 ans, le brigadier vaudois Denis Froidevaux a accédé hier à la présidence de la Société suisse des officiers. C’est la première fois depuis 20 ans qu’un Romand est élu à cette fonction. Il succède au colonel Hans Schatzmann.

A 52 ans, le brigadier vaudois Denis Froidevaux a accédé hier à la présidence de la Société suisse des officiers. C’est la première fois depuis 20 ans qu’un Romand est élu à cette fonction. Il succède au colonel Hans Schatzmann.
Image: Keystone

Ueli Maurer, le patriotique

«Vous faites partie de la meilleure armée du monde», s’est réjoui Ueli Maurer, conseiller fédéral en charge de la défense, hier devant la Société suisse des officiers, réunie en assemblée des délégués à Lucerne. Dans sa plaidoirie pour la beauté de l’armée suisse, il a expliqué que le système de milice garantissait des compétences exceptionnelles en matière de ressources humaines. «On peut dire que la Suisse est une armée.» Dans la foulée, il a fait une comparaison avec l’Espagne et les Etats-Unis. «En Espagne, ils doivent recruter des mercenaires en Amérique du Sud. Et aux Etats-Unis, il y a des repris de justice qui intègrent l’armée!» Bref, pour lui, l’armée suisse, c’est vraiment la meilleure du monde.

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La Société suisse des officiers (SSO) a adopté une résolution qui demande a u Conseil fédéral et au Parlement «l’acquisition rapide d’un nouvel avion de combat». Et selon les témoignages que «Le Matin Dimanche» a recueillis hier à Lucerne, où se déroulait l’assemblée annuelle des délégués de la SSO, le Gripen ne pose à leurs yeux aucun problème. L’important, c’est surtout d’acquérir un nouvel avion.

«La planification du futur développement de l’armée, qui prévoit un effectif de 100?000 militaires et un budget annuel de 5 milliards de francs à partir de 2014, ainsi que l’achat des nouveaux avions de combat, doit être garantie», a martelé le colonel Hans Schatzmann, président de la SSO.

Le Conseil fédéral attaqué

Son discours au sujet du rapport annuel de la société a d’ailleurs pris des allures d’assauts répétés contre les derniers rebondissements politiques en matière de sécurité du pays. Il en veut particulièrement au Conseil fédéral, auquel il reproche d’avoir retourné sa veste. «Le Conseil fédéral a proposé au Parlement de revenir à la solution d’un effectif maximal de 80?000 militaires et à un budget annuel plafonné à 4,4 milliards de francs. La SSO demande au Conseil fédéral de respecter la décision du Parlement (ndlr: un effectif de 100?000 militaires et un budget annuel de 5 milliards de francs à partir de 2014) et de la mettre en œuvre sans aucune autre condition.»

Et Hans Schatzmann de regretter la mise en concurrence des tâches de l’Etat: «Plus d’armée semble signifier pour le Conseil fédéral moins d’instruction, moins de recherche, moins de transports publics, moins d’environnement et moins de ressources pour nos paysans. Cette argumentation populiste, pour ne pas dire démagogique du Conseil fédéral, cache complètement la réalité politico-financière. Ces vingt dernières années, aucun département, à part celui de la défense, n’a dû faire des économies.» Il est rejoint dans cette argumentation par son successeur, élu hier à la présidence, le brigadier vaudois Denis Froidevaux. Il s’agit du premier Romand à accéder à cette fonction depuis 20?ans: «En trois ans, l’armée a reversé 900 millions de francs qu’elle n’avait pas utilisés. Mais ces économies ne sont pas réaffectées au nouvel avion de combat! De plus le Conseil fédéral exige une réduction des coûts de la défense. Alors où est passé l’argent? C’est scandaleux et malhonnête. Car si on achète un autre avion que le Gripen, plus cher, on met l’armée à genoux financièrement.»

Ce raisonnement est partagé par plusieurs officiers. A l’image de ce capitaine: «Si cet avion est bon pour la Suède, pourquoi ne le serait-il pas du Léman au lac de Constance, d’autant que c’est le moins cher?» Denis Froidevaux voit un autre avantage: «Nous défendons une armée formatrice qui utilise et développe des compétences. C’est parfait: une partie de la maintenance du Gripen peut se faire en Suisse avec des entreprises de la place.» Ce qui pose plutôt problème aux gradés, c’est la communication qui a entouré le sulfureux avènement du Gripen. «Elle a été ambiguë et lacunaire de la part du Conseil fédéral et surtout du Département de la défense. Et là je ne parle pas du processus d’évaluation mais des motivations du choix de l’avion», analyse le major Benoît Dumas, membre du comité de la Société des officiers fribourgeois. Une vision à laquelle adhère Denis Froidevaux: «Ce n’était pas très professionnel. On a commencé par dire que cet avion était idéal en raison de son prix. Alors qu’il fallait avant tout parler de nos besoins en termes de sécurité.»

Ueli Maurer réplique

Approché par «Le Matin Dimanche» sur cette question de la communication, le conseiller fédéral Ueli Maurer, en charge du Département de la défense, qui était également présent à Lucerne, dégage en touche: «Il y aura un nouvel avion de combat, on est d’accord là-dessus. Quant à la communication, je ne pense pas qu’il y ait eu un problème. Seulement, on est une armée de milice, alors il y a tellement d’avis sur la question.»

Concernant les critiques de la SSO à l’égard du Conseil fédéral en matière de politique sécuritaire, Ueli Maurer a mis les choses au clair en plénum: «Le Conseil fédéral n’est que la pointe de l’iceberg. C’est trop facile de s’en prendre à lui car il y a tout un processus en aval.»

Le chef de l’armée, André Blattmann, résumait en aparté que le Gripen était clairement «l’avion optimal. En termes financiers et opérationnels.» Tellement optimal que Saab, le fabricant de l’appareil, a inséré une publicité pleine page vantant les mérites de son avion dans le rapport de gestion 2011 de la SSO. Le logo de la société figure également au bas du programme de l’assemblée d’hier. La Société suisse des officiers a mis une mention dans laquelle elle remercie cette entreprise, parmi d’autres, pour son soutien. (Le Matin)

Créé: 17.03.2012, 22h56

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96 Commentaires

Cat Design

18.03.2012, 09:13 Heures
Signaler un abus 6 Recommandation 0

MAIS BON SANG, pourquoi un nouvel avion? Il paraît que ceux que nous avons sont à jour. Alors? Ces hauts gradés s'excitent parce qu'on les empêche de s'acheter un nouveau joujou? Allez, tous à la retraite (forcément dorée)... Répondre


pierre piller

18.03.2012, 07:59 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Déjà vu des argumentation plus idiotes mais rarement. J'espère que ça ira en votation et aux chiottes. Répondre



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