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Le PLR valaisan a une pierre dans le soulier

Affaire Varone

Manœuvres, menaces, blogs anonymes et adhérents douteux: la campagne du PLR valaisan pour les élections cantonales du printemps prochain est lancée. Mais au lieu d’en découdre avec les démocrates-chrétiens ou l’UDC, les radicaux libéraux s’écharpent tout seuls.

Par Benoît Couchepin . Mis à jour le 11.08.2012 35 Commentaires
La mésaventure de Christian Varone fait beaucoup spéculer certains politiques.

La mésaventure de Christian Varone fait beaucoup spéculer certains politiques.
Image: Keystone

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«Pour pouvoir devenir conseiller d’Etat en Valais, il faut parler le français, l’allemand… et si possible maîtriser le turc.» C’est une boutade évidemment, mais elle circule dans les rangs du Parti libéral-radical (PLR) valaisan et révèle assez bien les inquiétudes autour de la candidature de Christian Varone. En cause, la mésaventure du policier, et le fait que la fameuse pierre demeure à ce jour invisible. «J’ai encore eu une discussion mardi avec Christian Varone, justifie Georges Tavernier, président du parti. Il m’assure que contrairement à ce que dit son avocate, il n’a jamais interdit qu’on montre la pierre.» Il s’agirait donc d’un malentendu entre un client et son avocate. Mais ce malentendu est bien ennuyeux: tôt ou tard, on verra la pierre et s’il apparaît que le caillou était aisément reconnaissable comme antiquité, alors «Varone devra inévitablement se retirer», admet un ancien élu du parti. «Faux, rétorque Adolphe Ribordy, pilier PLR et rédacteur en chef du journal radical. Ce n’est quand même pas le pays du génocide arménien qui va nous donner des leçons de morale…» Le président Tavernier est plus mesuré: «Tout dépend de l’intention délictueuse ou non de Christian Varone. Il me dit qu’il n’y en a pas et je lui fais confiance.» Une confiance qui nécessite malgré tout de resserrer les boulons à l’interne. La séance du comité directeur du parti, initialement prévue le 23 août pour préparer l’assemblée générale du 6 septembre, a été avancée à ce lundi. Et ça s’explique. Outre l’affaire Varone, il y a aussi de curieuses et massives inscriptions de nouveaux adhérents – entre 500 et 1000 – en vue de l’assemblée générale de désignation du candidat au Conseil d’Etat. «On contrôlera tout», assure-t-on au parti.

Bien sûr, chaque camp soupçonne l’autre de fraude. Pour les partisans de Christian Varone, ces inscriptions douteuses viennent de Sierre, où l’un des autres candidats à la candidature, Marc-André Berclaz, réside. Pour les partisans de Berclaz, les inscriptions viennent de Savièse, patrie du commandant Varone. «C’est n’importe quoi, rigole Adolphe Ribordy. Ces rumeurs viennent de «Pelure» et chacun sait qu’il roule pour Berclaz.» «Pelure»? C’est un blogueur anonyme caustique, grinçant et très au courant des arcanes politiques valaisannes. Personne ne sait qui il est, mais tout le monde le lit. Se présentant comme radical tendance «canal historique», le blogueur fustige sèchement ce qu’il considère comme la mainmise des libéraux sur l’ancien Parti radical. Varone, Tavernier et l’actuel président de Sion, Marcel Maurer, sont tous trois libéraux d’origine. «N’importe quoi, bougonne Adolphe Ribordy. On est PLR ou on ne l’est pas et puis c’est tout!» Il n’empêche, «Pelure» jouit d’une connaissance de la politique valaisanne très au-dessus de la moyenne. Ce qui alimente toutes les conversations. Celle-ci par exemple: «Il est si bien informé qu’on peut se demander si ce n’est pas un des Bender, l’ancien président du parti cantonal Léonard ou son frère Philippe, historien, explique un ancien élu au Grand Conseil. Si Varone devait trébucher, Léonard Bender, lui-même fils de conseiller d’Etat, pourrait représenter l’homme providentiel pour sauver le siège face à Freysinger.» Scénario inimaginable, selon George Tavernier, qui relève et souligne «la loyauté absolue des frères Bender».

Et c’est vrai que le scénario est assez alambiqué. S’il a vu le jour, c’est peut-être parce que le district de Martigny, où vivent les Bender, et véritable bastion radical du canton, n’est plus représenté au gouvernement depuis presque 20?ans. D’où une certaine impatience… «Je suis passé à la maternité ce matin, rigole Adolphe Ribordy, j’ai vu un bébé, je me suis dit: tiens, voilà la relève…» Parce que la dernière équation de cette curieuse campagne est précisément géographique. La constitution cantonale prévoit que chaque région Haut, Centre et Bas doit être représentée au Conseil d’Etat et qu’il ne peut y avoir plus d’un élu par district. Le candidat Berclaz étant du même district qu’un conseiller d’Etat sortant PDC, il devrait déménager pour avoir une chance d’être élu. Reste une autre candidate providentielle, Lise Delaloye. Elle est du bon district, elle est brillante, elle jouit du soutien discret de Jean-René Germanier, ancien président des Chambres fédérales, et d’une bonne partie des piliers radicaux ayant gardé une fibre anticléricale. «Varone, quand il sort de prison, il dit qu’il a beaucoup prié, relève un peu vachard l’ancien président d’Isérables, Narcisse Crettenand. Lise est d’une autre trempe. Elle ne se contente pas de prier. Elle est bosseuse, efficace, résolue. Et sa désignation comme candidate serait sans risque…» (Le Matin)

Créé: 11.08.2012, 23h01

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35 Commentaires

Alain Merly

12.08.2012, 01:04 Heures
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Le PLR va quand même pas présenter un repris de justice aux élections. C'est vrai qu'il faudrait vraiment voir le "caillou" pour savoir s'il y a eu vol d'antiquité ou simple ramassage d'un caillou ordinaire. Répondre


Gary Leston

12.08.2012, 08:35 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 0

Après Genferei, je suggère l'introduction dans le vocabulaire suisse-romand du mot "valaiserie"... Répondre



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