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Les réseaux de soins attendent le coup de grâce

Votation ce week-end

Le projet d’instaurer une médecine en réseau dans l’assurance maladie a toutes les chances de capoter ce dimanche. Une réforme trop complexe pour convaincre, dans une campagne émotionnelle.

Par Patrick Chuard, Berne. Mis à jour le 15.06.2012 21 Commentaires
Selon le dernier sondage de l’institut Gfs pour la SSR, 58% des Suisses ne veulent pas des réseaux de soins intégrés.

Selon le dernier sondage de l’institut Gfs pour la SSR, 58% des Suisses ne veulent pas des réseaux de soins intégrés.
Image: Keystone

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La Fédération des médecins suisses (FMH) pourrait bien triompher dimanche. Son référendum lancé contre le projet de réseaux de soins est bien parti pour l’emporter. 58% des Suisses ne veulent pas des réseaux de soins intégrés (appelés aussi managed care), selon le dernier sondage de l’institut Gfs pour la SSR. Le rejet semblait plus net encore en Suisse romande, avec 67% d’avis négatifs.

Le parlement avait mis six ans à accoucher cette révision de la Loi sur l’assurance maladie (Lamal). Soutenue par le Conseil fédéral et une majorité politique l’automne dernier, elle pourrait bien vivre ses dernières heures.

Défection de l’UDC

Premier revers: le mois dernier, les délégués de l’UDC suisse et du PBD ont fait respectivement volte-face. L’argument du libre-choix du médecin a pesé lourd. Le projet prévoit que tous les acteurs de la santé s’associent pour gérer des dossiers de patients en commun. Les patients auraient une incitation financière à entrer dans ces réseaux: ceux qui acceptent continueraient à payer de leur poche 10% de leurs factures (hors franchise) et ceux qui entendent rester libres de choisir les médecins qu’ils veulent paieraient 15%. Une atteinte à la liberté, sans garantie d’économies ni d’amélioration dans le système.

Retour de la caisse unique

Deuxième revers: la gauche et les syndicats ont déposé il y a quelques jours leur deuxième initiative populaire (après celle de 2007) pour instaurer une caisse unique. Selon le PS, c’est la seule «manière d’éviter de grever lourdement le budget de familles avec les primes d’assurance maladie par tête».

L’incitation financière prévue dans le managed care, c’est au contraire «la mesure mesquine de trop», a expliqué Pierre-Yves Maillard, conseiller d’Etat socialiste vaudois chargé de la Santé. Autre socialiste et aussi ministre de la Santé, le conseiller fédéral Alain Berset a attisé les critiques de son parti pour avoir soutenu les réseaux de soins avec zèle – alors qu’il s’y était opposé l’an dernier en tant que sénateur.

Le centre dispersé

Troisième revers: au centre droit (PDC et PLR) on ne compte plus les défections depuis le début de l’année. «Plus je me pose la question et moins je suis certain que ce projet est le bon pour améliorer notre système de santé. Ce texte est tellement complexe», lâchait récemment le conseiller national Luc Barthassat (PDC/GE).

Le Vaudois Olivier Gfeller (PLR) mitraille un projet qui «entrave même le libre choix de l’assurance-maladie, alors que ce libre choix est l’un des principaux arguments du centre droit pour lutter contre la caisse unique. Les assureurs pourront en effet vous lier par des contrats de trois ans, et non plus seulement par des contrats d’une année comme aujourd’hui».

Sa collègue Isabelle Moret (PLR/VD), qui a milité contre vents et marée pour les réseaux, a fait remarquer pendant la campagne que «les réseaux de soins existent déjà et connaissent du succès, spécialement en Suisse alémanique. Cette campagne contribue au moins à les faire connaître».

La mainmise des assureurs

C’est précisément sur ce point que Jean-François Steiert (PS/FR) perçoit un danger. Parmi les seuls socialistes romands à soutenir les réseaux de soins, il s’inquiète de la mainmise des assureurs sur certains réseaux déjà existants: «On voit des assureurs qui achètent des cabinets médicaux et qui font la loi. La réforme permettrait justement d'interdire aux assureurs de devenir propriétaires de cabinets.»

Le projet de réseaux de soins aura également mis en lumière des avis divergents au sein de la FMH elle-même. Son ancien président, Jacques de Haller, avait soutenu les réseaux avant de changer d’avis et de se rallier à la majorité. C’est l’une des raisons évoquées pour l’éviction du Genevois de la tête de la fédération.

Et après? «Une fois cette votation passée nous pourrons faire table rase et reprendre les discussions», disait récemment Stéphane Rossini (PS/VS). La caisse unique promet de longs débats dans un dossier de la santé en perpétuelle ébullition. (Newsnet)

Créé: 16.06.2012, 10h05

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21 Commentaires

Pierre Duniton

16.06.2012, 11:13 Heures
Signaler un abus 15 Recommandation 0

La LAMal est un désastre depuis son introduction en 1995. Au lieu de rendre accessible les soins de base à tous, les politiciens ont laissé faire sans limite les assureurs et autres prestataires selon leurs propres intérêts aux dépens de ceux des citoyens payeurs, otages d'un système qui n'a jamais été sous contrôle. Il est temps de revoir en profondeur l'ensemble du système de santé helvétique. Répondre


Lola Jetsu

16.06.2012, 13:07 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation 0

Une fois de plus, le CF essaie de faire la part belle aux assureurs même si certains s'en défendent. est-il normal de devoir payer 5% de plus alors que le Dépt. de la santé promouvait le médecin de famille pour que les assurés n'aillent plus systématiquement voir un spécialiste? Normal d'être pris en otage pour trois ans par son assureur? Finalement, le remède proposé est pire que le mal... Répondre



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