Mardi 30 août 2016 | Dernière mise à jour 16:38

Délit sexuel Elle se suicide dans l'angoisse de voir son violeur sortir de prison

Une jeune femme, victime d’un viol en 2008 dans le parc des Eaux-Vives à Genève, s’est donné la mort trois ans plus tard. Elle ne supportait pas l’idée que la justice allège la peine de son agresseur.

Selon l'avocat de la victime: «Elle avait peur qu’il sorte sans être suffisamment soigné. Qu’il s’attaque à elle ou à une autre».

Selon l'avocat de la victime: «Elle avait peur qu’il sorte sans être suffisamment soigné. Qu’il s’attaque à elle ou à une autre». Image: Keystone

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?«Ma cliente ne s’est jamais remise de ce qu’elle a subi comme violente agression. Elle est morte de cela», témoigne Vincent Spira. Cet avocat genevois a défendu une jeune femme, une Française âgée de 23?ans au moment des faits, victime d’un viol sordide en plein jour dans le parc des Eaux-Vives, le dimanche 15 juin 2008. La condamnation de son agresseur, à 5?ans et 11?mois de prison, avait soulagé à moitié la victime. Elle s’est suicidée trois ans plus tard. La peine de 2009 avait été assortie d’un internement en raison de la dangerosité du personnage, âgé de 33?ans au moment des faits. Ce qui ne rendait pas automatique sa libération à la fin de son séjour en prison. Son avocate, Dina Bazarbachi, avait fait recours contre cet internement. Le Tribunal fédéral (TF) avait accepté ce recours et renvoyé le dossier à Genève. Après une deuxième expertise psy, la justice genevoise a adouci, jeudi dernier, la peine et ordonné un placement en établissement socio-éducatif ouvert. L’homme pourrait quitter la prison de Bochuz (VD) prochainement.

Procès difficile pour la victime La jeune femme n’a pas vécu assez longtemps pour entendre cette ultime décision de justice. Elle s’est donnée la mort en avril 2011 – quelques mois après l’arrêt du TF –, ce qu’a appris la Tribune de Genève jeudi au cours de ce dernier procès. «Cet arrêt était la goutte de trop pour elle, raconte Me Vincent Spira. Elle le vivait comme un désaveu.» L’avocat tente de la raisonner. De lui expliquer que la décision du TF concerne uniquement la mesure d’internement. Elle ne remet pas en question le viol et sa condamnation. «Le procès avait été difficile pour elle, se rappelle l’avocat. L’homme était dans le déni.» Son avocate avait parlé de «malentendu». La jeune femme aura survécu au procès, mais pas à l’arrêt du TF. «Elle avait peur qu’il sorte sans être suffisamment soigné. Qu’il s’attaque à elle ou à une autre», poursuit l’avocat. Vincent Spira reconnaît que sa cliente avait déjà des problèmes personnels. A l’époque, elle séjournait dans un hôpital d’Annemasse (F) pour un traitement contre l’anorexie. Le jour du viol, elle bénéficiait d’un jour de sortie à Genève. Elle observait les roses dans le parc des Eaux-Vives, lorsque son agresseur l’a abordée. «J’avais déjà peur des hommes, je me suis sentie en état de choc», a-t-elle déclaré lors de son procès, selon la presse genevoise . Le viol a eu lieu en plein jour, derrière un buisson. Sous la menace d’un couteau. Et malgré de nombreuses tentatives d’alerter les passants. «J’avais trop peur, je parlais peut-être trop doucement», a-t-elle expliqué. Après le drame, elle avait tenté deux fois de mettre fin à ses jours. Le violeur est âgé aujourd’hui de 36?ans. Selon Me Dina Bazarbachi, personne ne peut faire de lien de causalité entre le viol et le suicide. «Mon client a été catastrophé par la nouvelle», précise-t-elle. Avant sa condamnation pour viol et contrainte sexuel, cet Algérien sans titre de séjour valable avait déjà connu la justice. «Mais pour des délits mineurs, comme des vols à l’astuce», détaille Me Bazarbachi. Son client, qui n’aurait rien d’un violeur récidiviste, réside actuellement aux Etablissements vaudois de la plaine de l’Orbe. «Tout va bien. Il travaille. Son évolution est positive», commente- t-elle. Le Ministère public genevois peut encore faire appel contre l’allégement de sa peine. Si ce n’est pas le cas, il sortira prochainement de prison. Me Vincent Spira ne sait pas si cet homme représente toujours un danger. Mais à l’époque du procès, il ne reconnaissait pas les faits. «Il prétendait que c’était elle qui l’avait provoqué. Ce qui est inquiétant en termes de risque de récidive.» Vincent Spira ne peut pas en dire davantage car il a appris par la presse ce retournement de situation. Il n’a pas été convoqué à ce dernier procès. Ce qui l’étonne. «Nous aurions pu être présents en tant que partie civile.» Le père de la jeune femme et sa sœur vivent toujours en France. «Cette famille est détruite. Elle essaie de survivre», conclut-il. (Le Matin)

(Créé: 28.04.2012, 23h08)

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