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La Suisse aura sa manif anti-USA

Film islamophobe

Le Conseil central islamique suisse de Nicolas Blancho a obtenu le feu vert de Berne pour manifester contre la vidéo qui a déjà enflammé le monde musulman.

Par Benjamin Pillard. Mis à jour le 18.09.2012

1/67 Une nouvelle manifestation a eu lieu lundi dans le nord à majorité musulmane du Nigeria pour dénoncer le film islamophobe produit aux Etats-Unis. ( Lundi 24 septembre 2012)
Image: AFP

   

Rien ne justifie une telle violence

Par Sandra Jean
Rédactrice en chef

Pas une caricature, pas un livre, pas un film: aucune provocation, aussi sournoise et perfide soit-elle, ne devrait justifier un tel déluge de haine. Oui, le navet
islamophobe de Nakoula Basseley Nakoula est d’une stupidité confondante. Mais, pour reprendre les propos de Salman Rushdie, auteur des «Versets sataniques», il est encore plus répugnant d’attaquer et de tuer des gens qui n’ont rien à voir avec ça.

On peut certes comprendre la colère de centaines de milliers de croyants qui se sentent insultés par un tel monceau d’inepties. Mais rien, non rien ne légitime les meurtres, les prises d’assaut des ambassades, les drapeaux brûlés, les prêches vengeurs et haineux.

Où sont les voix qui s’élèvent pour condamner ouvertement cette folie? Qui tente de calmer les agitateurs haineux qui, sans discernement, accablent tout un pays alors que le film est le fait d’un seul homme?

En Suisse, Nicolas Blancho a reçu l’autorisation de manifester ce samedi. Il entend dénoncer le film et réaffirmer les valeurs de sa religion d’adoption. Grand bien lui fasse, la liberté d’expression et celle de manifester sont des valeurs intangibles dans notre démocratie. Celle d’exercer son sens critique et sa capacité de réflexion est également fortement encouragée. Qu’il lui soit dit. Amen.

P.-S. D’ailleurs, si M. Blancho pouvait profiter de dire un mot, par exemple, sur les lapidations de couples non mariés ou les exécutions de femmes infidèles perpétrées au nom du Coran, nous apprécierions.

Les violences se poursuivent

Les manifestations antiaméricaines ont redoublé d’intensité, hier, dans les pays arabo-musulmans. Un homme a perdu la vie et deux autres ont été blessés dans une ville du Pakistan, lors d’un échange de tirs avec la police. En Afghanistan, plusieurs milliers de personnes ont incendié des voitures dans la capitale, en scandant «Mort à l’Amérique».

Mêmes scènes de violence à Jakarta devant l’ambassade des Etats-Unis, où les contestataires ont notamment brûlé une photo du président Barack Obama, qui a passé une partie de son enfance en Indonésie. Au Yémen, des centaines d’étudiants ont manifesté à l’Université de Sanaa, appelant à expulser l’ambassadeur des Etats-Unis et à boycotter les produits américains. Au Liban enfin, le chef du Hezbollah a appelé ses militants aux quatre coins du pays à manifester contre ce qu’il a décrit comme «la pire attaque» jamais perpétrée contre l’islam.

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La Suisse est sur le point de devenir une poudrière. Après Paris, Londres et Anvers (B) ce week-end, la prochaine manifestation de colère en Europe, à l’encontre du film américain qui a mis le feu au monde arabo-musulman, pourrait bien être celle prévue à Berne ce samedi.

«Pour notre prophète Mahomet et la protection du sentiment religieux», indique le flyer officiel, estampillé par le Conseil central islamique suisse (CCIS) et deux autres organisations musulmanes. «Je ne fais pas partie du comité d’organisation», prévient tout de suite le sulfureux Nicolas Blancho, président du CCIS. «Mais je trouve que c’est une bonne cause.» Et les victimes de ces manifestations, dont le nombre augmente chaque jour depuis l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis à Benghazi mardi dernier, ont-elles aussi été sacrifiées pour la bonne cause? «Non, c’était un mauvais moyen d’exprimer sa colère, répond Blancho. Le CCIS a toujours condamné la violence. Mais on doit comprendre que ce genre de propagande islamophobe touche le sentiment religieux des musulmans.»

Ne craint-il pas tout de même de mettre de l’huile sur le feu? «Il ne s’agit pas de manifester contre un régime, mais de parler des valeurs musulmanes et du sentiment religieux de chacun, toutes religions confondues.» Pourquoi alors le CCIS a-t-il initialement souhaité que son rassemblement ait lieu devant l’ambassade des Etats-Unis? «Le gouvernement américain aurait été capable de prévenir une telle dérive, mais, dans le cas de ce film, il semblerait qu’ils aient volontairement laissé faire», estime Blancho, pour qui le brûlot anti-islam aurait dû être retiré de YouTube. «Si un film négationniste sur l’Holocauste était en projet, les Américains réagiraient de manière autrement plus stricte.»

S’il dit parler au nom des musulmans de Suisse, Blancho n’est pas soutenu pour autant par les principales associations islamiques du pays. «Nous avons besoin de dialogue, pas de manifestation», nous a confié l’Iranien Farhad Afshar, président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse. Son confrère de la Fédération d’organisations islamiques (FOIS), Hisham Maizar, a également fait part publiquement de ses distances. (Le Matin)

Créé: 18.09.2012, 07h46

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