ACCUEIL 26.7.2016 Mis à jour à 04h05

La mort tragique de Benoît Violier

Drame

Le successeur de feu Philippe Rochat à la tête du restaurant gastronomique de l’Hôtel de Ville, à Crissier (VD), a été retrouvé sans vie à son domicile.

Par Benjamin Pillard, Melina Schröter et Thierry Brandt. Mis à jour le 01.02.2016 43 Commentaires

1/21 Le chef Benoît Violier, de l'Hôtel de Crissier, a tragiquement disparu.
Image: Keystone

   

L’ÉDITO

Génies maudits

Il est des informations auxquelles il est difficile de croire. Auxquelles on ne veut pas croire. Benoît Violier, chef du restaurant gastronomique de l’Hôtel de Ville de Crissier, s’est donné la mort hier.

Tout semblait lui réussir. La continuité dans l’excellence. Philippe Rochat avait fait venir en 1996 ce jeune talent, qui avait déjà travaillé pour de grandes toques. En 2012, c’est lui qui avait repris la prestigieuse enseigne, pour écrire son nom dans la lignée de Fredy Girardet. Depuis, il enchaînait les reconnaissances, confirmant les trois étoiles Michelin, nommé cuisinier de l’année par le Gault&Millau en 2013 puis sacré meilleur chef du monde en décembre. Le tout en affichant une grande confiance et motivation en l’avenir.

Alors pourquoi? La question est obsédante, après tant de réussite. On pense à la pression des guides gastronomiques; à la douleur aussi, après le décès inattendu de son mentor,
six mois plus tôt.

Destins tragiques, foudroyés. On pense aussi au chef français Bernard Loiseau, suicidé après avoir perdu une étoile – aujourd’hui, Benoît Violier devait assister à la sortie du fameux Guide Michelin. Et on se dit, même si ce terrible geste devait avoir une autre origine, que le talent et le génie ont parfois quelque chose de terriblement maudit.?

Grégoire Nappey, Rédacteur en chef

Mini Bio

1971: Naissance de Benoît Violier à Saintes, en Charente-Maritime (F)

1987-1990: Années de formation auprès de Didier Stéphan

1991: Il poursuit son cursus à Paris auprès de plusieurs chefs, dont Joël Robuchon. Il travaille aussi chez Lenôtre, Fauchon, au Ritz et à la Tour d’Argent

1996: Il entre au service de Fredy Girardet au restaurant de l’Hôtel de Ville de Crissier (VD)

2000: Il réussit le concours de Meilleur ouvrier de France

2012: Il reprend l’Hôtel de Ville et succède à Philippe Rochat

2013: L’édition suisse du guide Gault et Millau (Suisse) lui décerne le titre de Cuisinier de l’année

2015: Le site La Liste, qui établit le palmarès des tables d’exception, le désigne comme «meilleur cuisinier du monde»

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La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre hier soir sur les réseaux sociaux: Benoît Violier, 44 ans, le chef cuisinier de l’Hôtel de Ville de Crissier (VD), s’est donné la mort à son domicile. Puis le drame a été laconiquement confirmé par Pascal Granado, porte-parole de la police cantonale vaudoise. Elle a provoqué la stupeur et la consternation chez tous ceux qui connaissaient cette personnalité: «J’ai su par mon fils – qui suit les réseaux sociaux – que Benoît Violier se serait suicidé à l’aide d’une arme à feu. Je suis extrêmement surpris et choqué. Rien ne laissait présager cela. C’est vraiment un mystère», a ainsi réagi le syndic de Crissier, Michel Tendon.

Que s’est-il passé? On en saura plus dans les jours qui viennent. Benoît Violier était le «meilleur cuisinier du monde», selon le site La Liste, le palmarès français classant mille tables d’exceptions de par le monde. Il était aussi le meilleur cuisinier du monde pour la plupart des clients qui ont eu la chance de pousser, un jour, les portes de l’Hôtel de Ville de Crissier.

Né en Charente-Maritime, ce chef d’exception avait fait ses armes chez les plus grands, de Robuchon à Frédéric Anton. En 1999, il avait rejoint les fourneaux de l’Hôtel de Ville au côté de Philippe Rochat, son maître. Un mentor qui lui confia tout naturellement les clés de cet établissement d’exception en 2012. Une succession périlleuse pour celui qui avait été sacré Meilleur ouvrier de France. Mais Benoît Violier n’a pas failli. Avec son épouse, Brigitte, il a poursuivi le travail de Philippe Rochat avec la même exigence, la même recherche de la perfection et le même amour du produit.

En 2013, il obtient le titre de Meilleur cuisinier de l’année au Gault&Millau et conserve depuis la reprise des fourneaux de l’Hôtel de Ville les 19 points acquis par son prédécesseur. Passionné de gibier, Benoît Violier a publié l’an dernier une véritable bible de plus de 1000 pages sur la chasse aux oiseaux sauvages.

Homme de brigade, ne ratant jamais l’occasion d’associer son équipe à ses succès, le Franco-suisse prenait son rôle de formateur très à cœur. Plusieurs membres de son staff ont d’ailleurs décroché de prestigieux titres dans des compétitions internationales ces derniers mois.

L’année 2015 avait été compliquée personnellement pour Benoît Violier, qui avait perdu à quelques mois d’intervalle son père et son maître, Philippe Rochat.

La perfection, dit-on, n’est pas de ce monde. La cuisine de Benoît Violier n’était pas loin d’y ressembler.

Il laisse derrière lui une épouse, Brigitte, et un fils, Romain. (Le Matin)

Créé: 31.01.2016, 21h37

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43 Commentaires

Roland Magdane

01.02.2016, 06:23 Heures

Pour quelle(s) raison(s) a-t-il msi fin à ses jours ? Répondre


Phil Tapenade

31.01.2016, 21:47 Heures

Mais ce n'est pas possible je rêve !!! dites-moi que c'est une erreur. Si cela est vrai paix à son âme et mes sincères condoléances à sa famille.Vous allez retrouver votre chef Philippe Rochat au paradis une bien belle brigade. Répondre



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