Mercredi 7 décembre 2016 | Dernière mise à jour 13:19

Centrales à gaz Doris Leuthard relance Chavalon et Cornaux

L'idée des centrales à gaz prônée par Doris Leuthard relance les projets de centrales à gaz des producteurs romands d'électricité. Le patron d'EOS nous dit comment il compte compenser des rejets de CO2 de Chavalon et Cornaux.

Alexis Fries est le directeur général d'EOS Holding. La société romande, ne limite pas son intérêt aux centrales combinées à gaz. EOS est ainsi devenu en 2011 l'un des premiers producteurs suisses d’électricité issue d'installations éoliennes suite à l'acquisition de huit parcs eoliens en Allemagne, soit 88 eoliennes representant une production annuelle de 320 millions de kilowattheures (kWh), soit la consommation annuelle moyenne de 80'000 ménages. (Image: Keystone )

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Si la Suisse devait se doter de centrales à gaz, selon le concept présenté ce mercredi par Doris Leuthard au Conseil fédéral, celles-ci pourraient voir rapidement le jour. EOS Holding, qui représente les intérêts des producteurs romands d'électricité, a déjà investi plus de 10 millions de francs dans les projets de reconversion des anciennes centrales thermiques de Chavalon (VS) et de Cornaux (NE).

«Les deux nouvelles centrales à cycle combiné seraient la classe 400 mégawatts (MW)», explique Alexis Fries, directeur général d'EOS, interrogé par Le Matin. A titre de comparaison, l'ancienne centrale de Chavalon, encore bien visible aujourd'hui sur les hauts de Vouvry, était « moins puissante (2 x 142 MW) et deux fois plus polluante».

Le pont vers le tout écologique

A Cornaux, la nouvelle centrale prévue serait même dix fois plus puissante que l'ancienne (40 MW). Ensemble, les deux projets de Chavalon et Cornaux permettraient de couvrir les besoins de 1 million de personnes sur une durée de 20-25 ans. L'investissement est estimé à 600 millions de francs, par centrale, précise Alexis Fries.

Vingt ans, c'est aussi la période qui doit permettre de passer du tout nucléaire au tout écologique. «A part le gaz, il n'y a aujourd'hui en Suisse par d'autre technique qui puisse remplacer le nucléaire du tac au tac: le gaz nous permet de faire le pont entre la situation actuelle et une situation future pas encore totalement définie», explique Alexis Fries. Et, il n'est plus question de le faire en brûlant les déchets des raffineries de Collombey et de Cressier. Les nouvelles centrales fonctionneraient au gaz naturel, et seraient dotées d'un système de récupération de chaleur, d'où l'appellation de «cycle combiné».

Dans la production thermique d'électricité, c'est aujourd'hui la technologie qui offre le meilleur rendement. Il est de l'ordre de 60%, contre 35% pour les centrales nucléaires de la 3e génération. A titre de comparaison, la puissance de la centrale nucléaire de Mühleberg est de l'ordre de 380 MW.

1,6 million de tonnes de CO2

Il y a toutefois un hic. Même si elles polluent deux fois moins que les anciennes centrales à huile lourde, les centrales combinées à gaz, même de la dernière génération rejettent du CO2 dans l'atmosphère. Une centrale de 400 MW comme prévue à Chavalon ou à Cornaux en rejette 800'000 tonnes par année.

La Suisse ne connaît plus cela depuis l'arrêt de l'ancienne centrale thermique de Chavalon en 1999 et de celle de Cornaux. Le nucléaire pose le problème des déchets radioactif, mais comme l'énergie hydraulique, il ne produit pas de rejets de CO2.

Il est bien en revanche possible de compenser ces rejets de CO2. «Ce n'est pas notre métier, c'est pourquoi nous nous sommes adressés à Energie Suisse pour trouver des solutions», explique Alexis Fries.

Les meilleurs possibilités se situent aujourd'hui au niveau des projets de récupération de chaleur des usines d'incinération d'ordures ou des stations d'épuration de l'eau (STEP): cette chaleur peut servir à des systèmes de chauffage à distance ou de production combinée de courant.

25 francs contre 7 euros

Cette «additionnalité» comme l'appellent les experts, a toutefois un coût que les producteurs d'électricité veulent supporter seuls. D'accord de payer mais pas de subventionner disent-ils en substance.

«Les municipalités qui le plus souvent gèrent les stations d'incinération et les d'épuration doivent approcher les propriétaires qui, du coup, économiseront les investissements qu'ils devraient faire sinon pour leur chaudière», résume Alexis Freis.

Le but pour les producteurs d'électricité suisse, est de faire baisser aussi le coût de la compensation de rejets de CO2. La loi les oblige de les compenser pour moitié en Suisse. Or le coût moyen de ces compensations «home made» est aujourd'hui de l'ordre de 25 francs par tonne de CO2 rejetée, selon Alexis Fries.

Or, il est aujourd'hui possible d'acheter des certificats de compensati0n CO2 pour 7 euros/tonne, «soit la moitié moins cher» dans l'Union européenne. Il s'y est développé un «véritable» marché des certificats Co2 qui n'a pas d'équivalent en Suisse.

(nxp)

(Créé: 18.04.2012, 11h50)

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