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Ils inventent le vélo solaire

Portrait

Yves et Edith Brügger, de Sorens (FR), ont profité de leur retraite pour mettre au point un vélo couché électrique à l’autonomie illimitée. Grâce à l’énergie solaire.

Par Benjamin Pillard. Mis à jour le 01.07.2014 11 Commentaires

Vidéo: Laura Juliano

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Depuis quelques semaines, deux étranges engins à trois roues arpentent les routes fribourgeoises de la Gruyère et de la Veveyse, jusqu’aux rives de la Riviera vaudoise. Des vélos couchés à trois roues d’un genre très particulier, flanqués d’un rétroviseur, d’un klaxon et d’un drapeau sur mât pour être vu: sous le siège, un moteur d’assistance électrique, relié à une télécommande et, sur le porte-bagages, un cylindre orange supportant un panneau solaire de 4,9 kg. Une aile high-tech recouverte de 32 cellules photovoltaïques, permettant une autonomie totale de la batterie.

A l’origine de ce véritable vélo d’Icare, Yves et Edith Brügger, un couple de jeunes retraités établis depuis une quinzaine d’années dans le village de Sorens, perché sur les vertes collines des hauts de Bulle (FR). Anciens férus de sport en tout genre (haute montagne, voile, parapente biplace, moto, et bien sûr vélo), mais contraints par le poids des années de lever le pied, les sexagénaires ont d’abord eu l’idée de greffer un système d’assistance électrique sur un vélo couché. C’était en 2010.

«C’est une aide précieuse pour les gens de notre âge, pour autant qu’on sache faire du vélo», explique Yves Brügger. «Car si vous ne pédalez pas avec vos guiboles, rien ne se passe. Il faut toujours mouliner, mais le rythme est constant, quelle que soit la pente.» Et c’est le coup de foudre: cet architecte indépendant en a rapidement fait son moyen de locomotion principal, en avalant près de 7000 km en cinq mois, à raison de quatre à cinq heures par jour et une vitesse moyenne de 25 km/h. «C’est fantastique, on roule n’importe où, même sur une pente de 45 degrés; il suffit d’avoir 75 cm de large», s’enthousiasme ce Vaudois de cœur. «Dès que je m’assois dessus, j’ai 20 ans de moins», ajoute son épouse Edith, artiste peintre bretonne. Cette ex-championne française de crawl n’avait jamais donné le moindre coup de pédale avant de découvrir le vélo couché. «C’est un tel bonheur de voir la beauté autour de nous; on regarde davantage le ciel, les arbres, le lac, tout est différent…» Seule ombre au tableau: la batterie de l’engin, qui perdait rapidement 40% de son autonomie – déchargée après une soixantaine de kilomètres.

Coachés par Solar Impulse

C’est ainsi qu’a germé le concept d’un système de production d’énergie embarqué. Les retraités ont d’abord réfléchi à l’éolien, avant d’être convaincu par le solaire, après une rencontre fortuite à l’été 2012 avec le responsable du département cellules photovoltaïques de Solar Impulse, le Neuchâtelois Joël Sunier – également à l’origine des capteurs du bateau «Swissolar». Avec l’aide d’un autre Neuchâtelois du Val-de-Ruz mordu de petite reine, et de Raymond, le frère cadet d’Yves Brügger spécialiste de la connectique électrique, le projet a fini par voir le jour, après 18 mois de conception et de tests.

Pas question pour autant de commercialiser leur folle invention. «C’est impossible», tranche Yves Brügger. «Le prix de vente avoisinerait les 10 000 à 15 000 fr., pour quelque 800 heures de travail. C’est parce que nous avons presque tout fait nous-mêmes que nous arrivons à un budget de 5000 fr.» Et encore, le couple est toujours à la recherche de sponsors pour rentrer dans leurs frais. Les plans du projet seront en revanche publiés prochainement sur Internet, gratuitement. Afin de «protéger» leur prototype de tout dépôt de brevet. (Le Matin)

Créé: 01.07.2014, 10h21

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11 Commentaires

Stephane Joehr

01.07.2014, 11:28 Heures

Excellent ! Répondre


Gabriel Klein

01.07.2014, 11:52 Heures

Point intéressant sur les brevets:Devoir se protéger des brevets en publiant son travail... quel est donc le monde dans lequel on vit, monde dans lequel on doit protéger nos propres idées contre la main mise des brevets :( Il y a même des cas ou des entreprises doivent payer des droits sur leurs propres recherches, une autre personne ayant breveté ce que l'entreprise à trouvé. Répondre



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