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Yvan Perrin: «J’ai vécu une nuit d'enfer»

Malaise

Victime d’un burn-out avant son élection, le conseiller d’Etat neuchâtelois a fait une rechute samedi dernier. Il s’en explique.

Par Vincent Donzé. Mis à jour le 05.03.2014 100 Commentaires
Yvan Perrin rencontre la direction de son parti prochainement pour faire le point.

Yvan Perrin rencontre la direction de son parti prochainement pour faire le point.
Image: Sandro Campardo

Une rechute qui met l’UDC dans l’embarras

A Neuchâtel, personne n’est vraiment étonné d’apprendre qu’Yvan Perrin est rattrapé par ses démons, à savoir sa fragilité psychique et sa manière de la combattre parfois à coups de whisky et de médicaments à trop haute dose. Ce cocktail lui avait valu une hospitalisation d’urgence en décembre 2012 avec un taux d’alcool qui affichait 3‰, après trois jours d’errance solitaire dans sa maison de La Côte-aux-Fées.

Révélée par «Le Matin», la gravité de l’état de santé d’Yvan Perrin avait été niée par le principal intéressé, alors entré en campagne électorale comme candidat UDC au Conseil d’Etat neuchâtelois. Plusieurs responsables de son parti avaient estimé irresponsable et dangereux pour l’homme Perrin et l’UDC de maintenir sa candidature à une charge aussi lourde dans un canton ayant de plus un urgent besoin de sang neuf politique.

Mais les calculs électoraux ont pris le dessus et Yvan Perrin a été brillamment élu, porté par une vague de sympathie reposant sur la version édulcorée de son bulletin de santé. «On verra combien de temps il tient», ont alors chuchoté les augures de tous les partis. Et voilà que moins d’un an après être entré en fonction, Yvan Perrin doit avouer une sévère rechute, malgré les lampes qu’il a fait installer dans son bureau pour lutter contre la dépression hivernale dont il dit souffrir.

Et, comme il y a une année, son parti semble bien embarrassé pour aborder la question de la capacité ou non d’Yvan Perrin de tenir le coup à son poste. «Nous allons devoir faire le point avec notre conseiller d’Etat et obtenir des éclaircissements sur la réalité de son état», s’est contenté d’indiquer hier soir Hugues Chantraine, nouveau président de l’UDC neuchâteloise. Et d’ajouter, comme pour tenter de se rassurer: «Tout le monde peut avoir un coup de fatigue.» De l’aveu même du principal intéressé, l’alerte semble toutefois plus sévère que le simple coup de mou. - Ludovic Rocchi

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Le 1er mars, c’était la fête cantonale de tous les Neuchâtelois. Mais la commémoration a très mal tourné pour Yvan Perrin, conseiller d’Etat élu en 2013 en dépit d’un burn-out survenu trois ans plus tôt, quand il était conseiller national. «Je n’étais pas au top», admet l’élu UDC.

Que s’est-il passé samedi dernier? C’est le site Arcinfo qui a allumé la mèche hier en fin de journée: «Le conseiller d’Etat neuchâtelois Yvan Perrin, chargé de prononcer l’allocution de circonstance au départ de la Marche du 1er mars, n’était pas au mieux de sa forme.» Il paraissait «très fatigué», et c’est un euphémisme selon les témoignages recueillis hier soir par «Le Matin».

«Il faisait peine à voir, confie un Loclois. Il n’arrivait pas à ânonner son discours.» Un autre témoin indique que le conseiller d’Etat avait l’air clairement «pété». Malgré cet état pitoyable au petit matin, Yvan Perrin s’est accroché et a participé à la marche commémorative du Locle à La Chaux-de-Fonds. Un calvaire de 10 kilomètres, au bout duquel l’élu a fini par craquer, rentrant se réfugier chez lui.

Burn-out en 2010

Yvan Perrin se croyait sorti d’affaire après son burn-out de 2010. Deux ans plus tard, un «coup de chaud» l’avait toutefois conduit aux urgences avec un taux de 3‰ d’alcool, sans empêcher son élection au Conseil d’Etat, en avril 2013 (lire l’encadré). «Le chemin est long pour retrouver ses capacités. L’épisode de samedi est une étape», confie Yvan Perrin, qui nous a accordé une longue interview hier soir au téléphone.

Que lui est-il vraiment arrivé? Vendredi dernier, Yvan Perrin était en congé. Il en a profité pour suer sur son home-trainer, chez lui, sans sortir pour l’apéro. Mais après cet effort, il a vécu «une nuit d’enfer», selon ses termes. «J’ai été pris d’insomnie, précise Yvan Perrin, et j’ai bu du whisky pour tenter de me calmer. C’est mon péché mignon.» Un péché qui ne lui réussit pas: «Après un verre, en général, je pionce. Mais là, au milieu de la nuit, pour une raison que j’ignore, ça n’a pas marché. J’étais aux 400 coups!»

Sorti d’une nuit d’insomnie, Yvan Perrin aurait dû rester caché chez lui. Mais il a pris sa Ford Maverick pour rallier Le Locle, où il était attendu comme hôte d’honneur des festivités du 1er Mars. Il est arrivé à 7 heures du matin, dans ce qu’il appelle «un état de délabrement assez avancé»! «C’était une connerie», dit-il. Mais la volonté de ne pas décevoir a pris le dessus.

Chez le médecin

Yvan Perrin le reconnaît, il n’était «pas du tout présentable». Mais ce coup de fatigue, le patron du Département du développement territorial l’impute aussi à l’absence de son secrétaire général, sa «cheville ouvrière», écarté pour mobbing, ce qui l’oblige, dit-il, à courir dans tous les sens, lui, le néophyte du gouvernement. La marche sur La Chaux-de-Fonds ne l’a pas remis d’aplomb. Noyé au milieu des marcheurs, l’élu n’a pas attiré l’attention, mais il le concède: «C’était long, je n’en pouvais plus.» L’ex-inspecteur de police finit par appréhender une patrouille de gendarmerie, à qui il demande de le reconduire au Locle. De là, il a repris sa voiture pour rentrer chez lui, à La Côte-aux-Fées. «J’ai versé dans mon lit. Pouf!» Jusqu’à lundi.

La suite? «Le lundi matin, j’étais à mon bureau.» L’élu UDC s’accroche à son boulot et donne le change. Mais il sait qu’il ne va pas pouvoir en rester là après une telle alerte: «J’irai faire coucou à mon médecin.» Coucou? «S’il me dit que je suis en zone rouge, je me mettrai deux semaines au vert.» Un break envisagé avant Pâques. Quel impact pour son département? «Les dossiers avancent, grâce à des collaborateurs en or.»

Yvan Perrin dit vouloir tenir le cap, mais pas à tout prix: «Je n’ai pas envie de canner», dit-il. Sa philosophie? «Tout le monde est utile, personne n’est indispensable.» Une rencontre avec la direction de son parti est prévue dans les jours à venir pour faire le point (lire l’encadré). (Le Matin)

Créé: 05.03.2014, 07h25

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100 Commentaires

Albert Quentin

05.03.2014, 08:14 Heures

Malgré un aversion pour l'UDC, je n'arrive pas a trouver Perrin antipathique. C'est probablement un des politiciens qui croit le plus en ce qu'il fait, et veut faire du bon boulot avant de penser a sa carrier. Là il est visiblement a côté de ses pompes, mais j'ai envie de le soutenir. Répondre


Michel Favre

05.03.2014, 08:26 Heures

Limite borderline notre ami. Enfin, il a le mérite d'être intègre, peut être trop pour ses fonctions. Je lui souhaite un prompt rétablissement. Répondre



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