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Trop de Suisses sont intolérants au gluten

Santé

Les personnes intolérantes au gluten sont en augmentation en Suisse. Une maladie aux lourdes répercussions sur le quotidien.

Par Sébastien Jost. Mis à jour le 21.05.2012 61 Commentaires
De nombreuses enseignes proposent spontanément des produits sans gluten en France voisine. Exemple dans cette pâtisserie parisienne.

De nombreuses enseignes proposent spontanément des produits sans gluten en France voisine. Exemple dans cette pâtisserie parisienne.
Image: AFP

Se régaler sans gluten c'est possible

DOUCEURS «Cela m’attristait que tant de personnes soient privées de dessert.» Il y a 5?ans, Sonja Henauer s’est lancée dans la fabrication et la commercialisation de douceurs sans gluten. Dans son laboratoire de Cully (VD), elle réalise macarons, mousses, bûches et cookies. Le tout sans gluten et bien souvent aussi sans lactose. «Je me suis rendu compte que de nombreux clients souffraient d’allergies croisées», indique cette ancienne enseignante de l’Ecole hôtelière de Lausanne. La clientèle de Sonja Henauer ne fait qu’augmenter. A cause de la hausse des intolérances au gluten, mais aussi grâce à la réputation de ses créations. D’ailleurs lorsqu’elle est présente dans les festivals, celui de Cully ou le Paléo, elle écoule quotidiennement plusieurs centaines de pièces.

«Apparemment le goût plaît puisque les gens reviennent. Mon objectif est d’offrir des desserts qui ressemblent vraiment à des desserts.» Ne souffrant pas elle-même d’intolérance au gluten, la pâtissière a pensé à ceux qui ne pouvaient se ruer sur une forêt-noire classique sans le payer chèrement. «L’exclusion à table dont souffrent les personnes frappées par cette allergie m’a touchée. Notamment, les enfants qui ne pouvaient avoir de gâteaux d’anniversaire.» Et pour ceux qui n’aiment pas les douceurs? «Je suis en train de développer une gamme de produits salés, comme des pizzas, des fougaces et des quiches», confie la cordon-bleu. (Image: Le Matin)

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?«Je suis tombée gravement malade quand j’étais bébé. J’ai failli y passer. Le diagnostic de cœliakie a été posé lorsque j’avais 1?an.» Présidente de l’Association romande de la cœliakie (ARC) depuis 12?ans, Joëlle Leutwyler souffre d’intolérance au gluten – une protéine contenue dans le blé, le seigle et l’orge – depuis sa naissance. Ce trouble, aussi appelé cœliakie ou maladie cœliaque, touche 1% des Suisses mais le nombre de diagnostics ne fait que progresser.

Plusieurs explications «Les réactions alimentaires au blé sont en augmentation», confirme le Dr?Philippe Eigenmann. Médecin spécialisé en allergologie pédiatrique aux HUG, il voit plusieurs pistes d’explication. «Dans une grande partie du monde, la consommation de blé est en hausse. Ensuite, les variétés de blé cultivées ont été modifiées avec le temps et sont devenues plus irritantes. Enfin, aujourd’hui, la sensibilité au gluten est prise en compte.» Le médecin insiste en effet sur la différence entre l’intolérance au gluten et la sensibilité. Dans le premier cas, le gluten provoque une réaction immunitaire dans l’intestin créant une inflammation et endommageant les parois. Des examens médicaux permettent de diagnostiquer la maladie. Mais en ce qui concerne la sensibilité au gluten, c’est plus compliqué. «Il n’y a pas de test validé montrant l’existence de cette réaction au gluten, explique le Dr?Eigenmann. Les gens se sentent tout simplement mieux lorsqu’ils suppriment le blé de leur alimentation.»

Changer complètement sa manière de se nourrir est loin d’être anodin. «J’ai toujours vécu avec cela, relève Joëlle Leutwyler. Alors je n’ai pas dû modifier mon alimentation du jour au lendemain, comme cela est le cas pour ceux qui sont diagnostiqués cœliaques à l’âge adulte.» La maladie peut en effet se déclarer à tout âge, même si proportionnellement ce sont les femmes entre 30 et 60?ans qui sont les plus touchées.

Ni allergie ni empoisonnement L’ARC, qui compte 1400 membres dont 1200 patients environ, fait tout son possible pour amener un soutien aux malades. «Beaucoup de nos membres ont une vie sociale prétéritée car, en raison de leur régime, ils n’osent pas aller manger dehors et refusent les invitations. Il faut anticiper en permanence. Moi, je refuse de me faire enquiquiner. Lorsque ce sont des amis proches qui reçoivent, il n’y a pas de problème car ils connaissent ma situation. C’est plus délicat lorsque je suis invitée par des gens que je ne connais pas très bien, et qu’il faut expliquer tout ce que je ne peux pas manger.» Car même si tout le monde, aujourd’hui, a plus ou moins entendu parler de l’intolérance au gluten, les confusions sont nombreuses. «Il ne s’agit pas d’une allergie, même si l’allergie au blé existe aussi. Nous ne risquons pas de faire de choc anaphylactique. Ce n’est pas un empoisonnement non plus. C’est une maladie auto-immune dont on guérit grâce à un seul moyen: un régime.» D’ailleurs, les produits exempts de gluten sont de plus en plus fréquents dans la grande distribution. Des surgelés sont même disponibles. «Je fais mes commissions dans les supermarchés et les magasins diététiques, témoigne la présidente de l’ARC. Et, une fois tous les deux mois, je commande des produits sur Internet qu’on ne trouve pas ailleurs.»

Trois à quatre fois plus cher Point commun de tous ces produits sans gluten: leur prix élevé, «3 à 4?fois supérieur à celui des produits normaux». Un motif d’exaspération pour Joëlle Leutwyler comme le parcours de combattant mené par certains malades. «Quand je vois que des gens ont dû attendre des années, se rendre chez de nombreux médecins, n’ont pas été pris au sérieux jusqu’à ce qu’enfin on diagnostique une intolérance au gluten, cela me fait vraiment «mal au ventre.»

(Le Matin)

Créé: 21.05.2012, 09h20

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61 Commentaires

on nous empoisonne

21.05.2012, 10:37 Heures
Signaler un abus 30 Recommandation 1

a force de "modifier" notre alimentation de base pour les rendre plus "performants", d'y ajouter moult pesticides et antibiotiques, pas étonnant que de + en + de gens (et d'enfants!) deviennent allergiques; Ces produits chimiques et modifications génétiques qui nous sont cachées, modifient notre adn et il y a de + en + de personnes atteintes de maladies auto-immune. Les céréaliers tout puissants Répondre


Douma Doumayé

21.05.2012, 12:53 Heures
Signaler un abus 6 Recommandation 0

Ce qui m'interpelle, c'est le nombre de personne; enfants essentiellement qui ont des intolérances, des allergies etc...Au lieu de chercher à développer des médicaments qui ne feront qu'alléger les symptômes, faudrait peut être passer plus de temps à rechercher les causes... et non pas s'arrêter au déclencheur ! Mais ça ne rapporterait plus de fric à terme ... et ça, ce n’est pas imaginable…. Répondre



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