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Prostitution Un système bien rodé de loyers abusifs dévoilé

A Genève, les travailleuses du sexe paient leur chambre 3000 francs par mois. Les abus impliquent également des propriétaires d’immeubles.

En novembre 2012, Angelina (responsable du syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe (STTS)) et Veronica, prostituées à Genève, dénonçaient le prix des loyers exorbitants.

En novembre 2012, Angelina (responsable du syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe (STTS)) et Veronica, prostituées à Genève, dénonçaient le prix des loyers exorbitants. Image: Lionel Flusin

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D’après GHI, Aspasie a patiemment recueilli et recoupé les témoignages aux Pâquis à Genève. La démarche de l’association a permis de recenser durant 3 ans 200 travailleuses du sexe victimes de loyers abusifs (2 500 à 3 000 fr. pour une chambrette sans cuisine). Toutes sont prêtes à être entendues par la justice, à condition que leur anonymat soit garanti. La peur de perdre son logement, et donc son emploi, est bien palpable.

L’usure n’est pas un phénomène nouveau. En revanche, un système organisé impliquant jusqu’aux propriétaires d’immeubles et jusqu’aux régies est en train d’être mis au jour.

Trois régies épinglées

Une dizaine de bâtiments du quartier est concernée. D’après des documents que Le Matin s’est procuré, trois régies ont en effet été identifiées comme ayant une responsabilité dans cette affaire. Soit en attribuant quasi systématiquement leurs appartements à un noyau de 5 personnes qui les sous-louent à leur tour à des prix exorbitants et qui ont fait de cette activité leur métier. Soit en établissant des baux abusifs directement avec les prostituées.

L’une de ces régies a par exemple exigé de sa locataire une «avance de 6 mois» de 36 000 francs. Cette avance astronomique n’en était en fait pas une car la travailleuse du sexe en question a dû payer en parallèle ses 6000 francs de loyer mensuel. Autres pratiques douteuses: des hausses plus que significatives à chaque changement de locataire. Ainsi, une seconde régie a fait passer de 4000 à 6000 francs un trois-pièces lors d’un nouvel emménagement.

Intermédiaires organisés Outre le rôle de certaines régies, le système repose essentiellement sur cinq personnes possédant pratiquement tous les baux du quartier. Ces intermédiaires emploient cinq autres individus chargés de récupérer les loyers en liquide auprès des prostituées chaque semaine. En cas de non paiement, la sanction ne se fait pas attendre. Dans un immeuble de la rue Sismondi, des cartes à puce remplacent les clés. En cas de retard, l’accès est bloqué. La personne ne peut même pas récupérer ses affaires.

Sollicité par Aspasie, Rémi Pagani a écrit au procureur général Olivier Jornot. Le dossier est maintenant entre ses mains. (Le Matin)

Créé: 27.02.2013, 16h35


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