Vendredi 28 juillet 2017 | Dernière mise à jour 00:01

Prostitution Un système bien rodé de loyers abusifs dévoilé

A Genève, les travailleuses du sexe paient leur chambre 3000 francs par mois. Les abus impliquent également des propriétaires d’immeubles.

En novembre 2012, Angelina (responsable du syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe (STTS)) et Veronica, prostituées à Genève, dénonçaient le prix des loyers exorbitants.

En novembre 2012, Angelina (responsable du syndicat des travailleurs et travailleuses du sexe (STTS)) et Veronica, prostituées à Genève, dénonçaient le prix des loyers exorbitants. Image: Lionel Flusin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

D’après GHI, Aspasie a patiemment recueilli et recoupé les témoignages aux Pâquis à Genève. La démarche de l’association a permis de recenser durant 3 ans 200 travailleuses du sexe victimes de loyers abusifs (2 500 à 3 000 fr. pour une chambrette sans cuisine). Toutes sont prêtes à être entendues par la justice, à condition que leur anonymat soit garanti. La peur de perdre son logement, et donc son emploi, est bien palpable.

L’usure n’est pas un phénomène nouveau. En revanche, un système organisé impliquant jusqu’aux propriétaires d’immeubles et jusqu’aux régies est en train d’être mis au jour.

Trois régies épinglées

Une dizaine de bâtiments du quartier est concernée. D’après des documents que Le Matin s’est procuré, trois régies ont en effet été identifiées comme ayant une responsabilité dans cette affaire. Soit en attribuant quasi systématiquement leurs appartements à un noyau de 5 personnes qui les sous-louent à leur tour à des prix exorbitants et qui ont fait de cette activité leur métier. Soit en établissant des baux abusifs directement avec les prostituées.

L’une de ces régies a par exemple exigé de sa locataire une «avance de 6 mois» de 36 000 francs. Cette avance astronomique n’en était en fait pas une car la travailleuse du sexe en question a dû payer en parallèle ses 6000 francs de loyer mensuel. Autres pratiques douteuses: des hausses plus que significatives à chaque changement de locataire. Ainsi, une seconde régie a fait passer de 4000 à 6000 francs un trois-pièces lors d’un nouvel emménagement.

Intermédiaires organisés Outre le rôle de certaines régies, le système repose essentiellement sur cinq personnes possédant pratiquement tous les baux du quartier. Ces intermédiaires emploient cinq autres individus chargés de récupérer les loyers en liquide auprès des prostituées chaque semaine. En cas de non paiement, la sanction ne se fait pas attendre. Dans un immeuble de la rue Sismondi, des cartes à puce remplacent les clés. En cas de retard, l’accès est bloqué. La personne ne peut même pas récupérer ses affaires.

Sollicité par Aspasie, Rémi Pagani a écrit au procureur général Olivier Jornot. Le dossier est maintenant entre ses mains. (Le Matin)

Créé: 27.02.2013, 16h35


Sondage

Buvez-vous régulièrement des sodas sucrés, comme le Coca-Cola?






Sondage

L'utilisation de l'anglais dans les magasins romands vous insupporte-t-il?



Publicité


Sondage

Etes-vous prêt à faire des cadeaux à une régie pour obtenir un appartement?




S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.