Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 11:04

Demande d'enquête Tirs croisés sur l'avion de combat Gripen

Les parlementaires enquêteront sur les conditions du choix de l’avion de combat suédois. Les adversaires, comme ceux qui espéraient un avion plus performant, se rejoignent et veulent faire la lumière.

L'avion de combat suédois, ici lors d'un show Sion en septembre 2011.

L'avion de combat suédois, ici lors d'un show Sion en septembre 2011. Image: Keystone

Le mobile du « forfait »

Le «groupe pour une armée crédible et intègre» accuse, entre autres, certains évaluateurs d’avoir adapté les valeurs d’évaluation pour permettre au Gripen de ne pas être disqualifié face à ses concurrents le Rafale de Dassault et l’Eurofighter d’EADS.

Pour sa part, la Confédération via ArmaSuisse a publié, au début de la consultation en 2008, la grille d’évaluation technique des avions de combat qui devaient remplacer les F5 Tiger. Les critères de l’évaluation et leur pondération comportent trois domaines principaux. Les voici:

L'efficacité opérationnelle (soit les qualités de combat) pèse 60%.
Elle est divisée encore en 4:
-Combat air-air (30%)
-Combat air-sol (12%)
-Reconnaissance (12%)
-Potentiel de développement (6%)

L'adaptation opérationnelle vaut 15%.
Elle se subdivise ainsi:
-Examen des processus d'entretien (4,5%)
-Adaptation à l'exploitation par la milice (3,75%)
-Compatibilité avec l'infrastructure suisse existante (3,75%)
-Importance du bruit et d'autres émissions nuisibles (3%)

La coopération et la compensation valent 25%. Soit:

-Compensations économiques par le biais de contrats avec des entreprises suisses (17,5%)
-Possibilités de coopération militaire (7,5%).

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Par vingt voix contre zéro. Le score est net. Les parlementaires de la commission de politique de sécurité du Conseil national ont décidé mardi dernier de constituer une sous-commission qui examinera en profondeur le déroulement de la procédure qui a entériné le choix de l’avion de combat Gripen de Saab.

Les sept parlementaires, emmenés par l’UDC Thomas Hurter (SH), doivent vérifier les accusations de trucage de l’évaluation qui ont permis à l’avion le moins bien noté de finalement l’emporter.

Anonyme et documenté

En effet, une lettre anonyme mais signée d’un mystérieux «groupe pour une armée crédible et intègre» a été envoyée à plusieurs membres de la commission ainsi qu’à quelques journalistes. Le document, rédigé en français, et que Newsnet s’est procuré contient un certain nombre d’accusations qui circulaient d’ailleurs sous forme de rumeurs depuis un certain temps dans la Berne fédérale. La missive, selon nos informations, semble n’avoir été adressée qu’à des élus de droite favorables à l’achat d’un avion de combat pour remplacer les vieux Tiger de l’armée de l’air.

Anonyme mais bien documenté. La précision des accusations et les références documentées à certains rapports de travail montrent que le ou les dénonciateurs sont des personnes proches de l’armée ou, du moins, fins connaisseurs du dossier. Ce réquisitoire féroce contre le Gripen évoque notamment des modifications de la valeur des critères de pondération des tests afin de favoriser l’avion suédois (lire ci-contre).

Toute la lumière doit être faite

Aussi, tous nos interlocuteurs en conviennent – de gauche comme de droite – «il vaut mieux prévenir que guérir». Au sein de la commission, il y a ainsi eu une conjonction d’intérêts divergents pour appeler à ce que toute la lumière soit faite. D’autant que la firme Saab a été impliquée dans des affaires de corruption lors de la vente des Gripen. Notamment en Afrique du Sud.

Les opposants à l’avion de combat y voient une expression des intérêts financiers qui guident l’achat des «joujoux de combat» sans rapport avec le besoin réel de l’armée et de la sécurité de la population suisse.

Manque d’ambition

Un autre pôle d’opinion voit dans cet achat du Gripen un manque d’ambition regrettable pour l’armée suisse et espère encore l’acquisition d’un avion plus performant. Et au milieu, des parlementaires aimeraient éviter simplement une nouvelle affaire Mirage qui décrédibiliserait l’armée suisse et le chef du département l’UDC Ueli Maurer.

Car si le soupçon de trucage est grave, l’enjeu est, lui, de taille. C’est un achat devisé à 3,1 milliards. Et pour lequel, le Conseil fédéral a déjà prévenu des sacrifices budgétaires prévisibles. Dans l’armée d'abord (et donc l’armée de terre), comme dans d’autres départements: la recherche, les transports, l’éducation, etc. Et cette suspicion augure d’un débat public impitoyable, puisque le programme d’économies devrait être soumis à un référendum facultatif. (nxp)

(Créé: 26.01.2012, 12h50)

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