Mardi 6 décembre 2016 | Dernière mise à jour 14:48

Bussigny-près-Lausanne (VD) Il veut garder son minaret!

Au 31 juillet, Toto Morand devait soit le démonter, soit le mettre à l’enquête. Il n’en a rien fait. Pour lui, c’est une «simple enseigne» symbolique.

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«Il n’y a pas lieu de faire une mise à l’enquête publique pour cette décoration qui gêne uniquement pour ce qu’elle représente: un minaret.» Le politicien indépendant Toto Morand a répondu cette semaine à la Municipalité de Bussigny (VD), qui lui demandait de mettre à l’enquête publique sa construction spontanée ou de la démonter. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. Une procédure d’autorisation de construire permettrait le dépôt d’oppositions visant le caractère illégal de la tourelle pointue. «Je ne veux pas entrer dans ce jeu-là», précisait-il hier. Pas plus qu’il ne songeait à enlever son œuvre.

Construit une semaine après la votation de décembre 2009, le minaret contestataire de Guillaume Toto Morand, à Bussigny, a été flanqué depuis de petits clochetons orientaux. Pour les automobilistes qui roulent sur l’autoroute A1, il fait dorénavant partie du paysage et les pigeons y ont trouvé une maison. Mais, pour certains, sa présence reste manifestement un problème par rapport au résultat de la votation. Le député François Brélaz (UDC) a porté par deux fois l’affaire devant le Grand Conseil vaudois, fustigeant la personnalité «caractérielle, grande gueule et anti-UDC primaire» de Toto Morand. A cette occasion, le conseiller d’Etat Philippe Leuba (PLR) avait rappelé que cette construction relevait du régime communal. «A mon avis, estime François Brélaz, la Municipalité préfère dire: circulez, il n’y a rien à voir. Mais cela reste inadmissible. Pour la pose d’un velux ou une simple ouverture dans un bâtiment, il faut une mise à l’enquête.»

Dans sa lettre, Toto Morand estime «qu’une simple autorisation d’enseigne» devrait suffire, car c’est le fond qui prime: «Il est plus que jamais nécessaire de garder ce minaret comme garde-fou symbolique à tout parti politique suisse surfant sur l’intolérance, la peur et le racisme.»

La syndique et députée de Bussigny, Claudine Wyssa (PLR), n’apprécie pas spécialement la médiatisation de cette affaire: «Pour l’instant la Municipalité ne s’est pas prononcée sur son dernier courrier. Enseigne ou pas, nous lui avons demandé de faire une mise à l’enquête. Jusqu’ici nous avons appliqué les règles avec souplesse.»

Après décembre 2009, l’administration locale avait reçu une pétition d’opposants, qui avait été balayée par le Conseil communal, et quelques courriers en 2010. Depuis, plus rien. «La population ne fait pas de remarque, ni pour ni contre, dit la syndique. A mon avis, vous pouvez l’écrire, les gens s’en foutent.» Même à l’UDC, on semble s’être fait une raison. «On a un petit peu laissé tomber», reconnaît la présidente de la section de Bussigny, Jacqueline Rosset. Selon elle, «la Municipalité a un peu peur qu’on lui fasse trop de publicité. Il a eu des articles jusque dans les journaux américains.»

Mais, finalement, c’est bien le but d’une enseigne que de faire un peu de publicité. Même politique. (Le Matin)

(Créé: 03.08.2012, 23h05)

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