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TheClosetBureau.com, une plate-forme pour revendre les vieilles fringues au meilleur prix.
Partout, les indicateurs sont au rouge pour l'année à venir. Récession, chômage, rigueur, les économistes annoncent le pire. Pourtant, certains ne renonceront pas à se faire plaisir: les «recessionistas». De combines en bons plans, ces nouveaux radins esquivent la crise. Nos pistes pour devenir des as de la débrouille et du meilleur marché
Alexis Favre - le 17 janvier 2009, 22h34
Le Matin Dimanche
C'est la quadrature du cercle, version 2009. Comment continuer à se faire plaisir alors que la récession menace? Rester à la mode, sortir et s'offrir de bons restaurants, tout en maîtrisant la dépense. Impossible? Pensez donc! La solution vient des Etats-Unis et porte le nom barbare de celles et ceux qui en ont fait un art de vivre: les recessionistas. Contraction de «récession» et de «fashionista», équivalent bling-bling de «victime de la mode».
Bling-bling en disgrâce
Le bling-bling, justement, est en disgrâce. Il y a peu c'était pourtant le nec plus ultra. Il fallait que ça brille, que ça coûte cher et que ça se voie, peu importe le ça. Mais la crise financière est passée par là et le luxe ostentatoire n'a plus la cote. La banque d'affaires JPMorgan est formelle: le marché du luxe va subir une sévère contraction en 2009. Les marques les plus prestigieuses devront faire avec un recul global de 4% des ventes.
Parallèlement, les Suisses commencent à craindre pour leur emploi. Selon un sondage publié il y a deux semaines par «Le Matin Dimanche», 25% d'entre eux estiment que leur place de travail n'est plus garantie en 2009. Et à voir les annonces en cascade de chômage partiel, de vacances forcées et autres mesures d'urgence prises par les entreprises de la place, ils n'ont pas tort de se faire du mouron.
Les sages et les débrouilles
Ces craintes pousseront les plus prudents à la retenue. Angoissé par des lendemains qui risquent de chanter faux, le consommateur sera tenté de renoncer à tous les plaisirs. Le costume griffé de mes rêves? On verra en 2010. Un gueuleton à rallonge dans un trois étoiles? Le bistrot du coin, ça va aussi. Le sac à main incontournable? Contourné. En un mot comme en mille, les Suisses seront nombreux à redécouvrir les vertus de la sagesse, de l'austérité et de l'envie délicieusement insatisfaite.
Ceux qui ne l'entendent pas de cette oreille ne sont pas pour autant condamnés au stoïcisme forcé. Ils ont même intérêt à s'engouffrer dans la nouvelle tendance: le «recession chic». Et à emboîter le pas de son incarnation: le «recessionista». Ou plutôt la recessionista, puisque les pionniers du phénomène sont des pionnières.
La recessionista adore la mode, préférerait crever la bouche ouverte plutôt que de sortir mal fagotée et ambitionne de traverser la crise comme si de rien n'était. Mais là où sa grande soeur, la fashionista, laissait deux mois de salaire dans un nouveau sac de créateur, la recessionista fait customiser le sien au goût du jour, en loue un pour la soirée ou dégote la version vintage dans une friperie.
Dans le cyberdictionnaire
Attention, le concept est tout ce qu'il y a de plus sérieux. Du New York Times au Times, en passant par Vogue ou Style.com, les rédactrices de mode en sont obsédées. Le mot a fait cet été son entrée dans Word Spy, le cyberdictionnaire de référence des néologismes le plus improbables. Que dit la définition? «Recessionista: une personne qui s'habille avec style sur un budget serré.»
Voilà pour le sens strict. Les recessionistas pur sucre, celles qui respectent le dogme au pied de la lettre, ont leur gourou: Mary Hall, une serial-shoppeuse californienne devenue blogueuse de renom. Sur son site (therecessionista.blogspot.com), Mary Hall chronique sans relâche les bons plans, recense les offres les plus discrètes, bref, traque tous azimuts le meilleur rapport style-prix. Pour elle, «être un ou une recessionista est un style de vie. Ce qui est cher appartient au passé, explique-elle, le téléphone sur l'oreille, au beau milieu d'une vente de marques dégriffées. J'ai par exemple une amie très riche qui vit à Beverly Hills et qui ne jure plus que par Zara! C'est une vraie recessionista.» Et Mary Hall de citer un autre exemple de choix: Michelle Obama, repérée avec une robe H&M à 35 dollars sur le dos lors d'une sortie officielle.
Un regard sur les résolutions prises pour 2009 par Mary Hall sur son blog permet d'affiner encore un peu la définition du mouvement et de ses adeptes: «1- me remettre au régime, 2- planifier mes finances pour affiner mon budget, 3- relire mon livre préféré sur la mode vintage, 4- Accessoiriser beaucoup plus pour donner une nouvelle vie à ma garde-robe.» Tout est dit.
Malheureusement, la plupart des bons plans de Mary Hall ne sont accessibles qu'aux résidents américains.
Mais les Suisses (et surtout les Suissesses) qui salivent à l'idée de s'habiller chic et pas cher se consoleront en essayant deux sites en vogue, Freecycle.org et TheClosetBureau.com.
Aussi pour les hommes
Que les mâles qui sont arrivés jusque-là se rassurent: on peut aussi être un recessionista. Pour cela, nous prendrons la liberté d'étendre la définition à tous ceux qui veulent continuer de mener grande vie sans se ruiner. Outre les eBay et autres Ricardo.ch - où l'on trouvera souvent ce que l'on cherche pour des prix imbattables - le désormais célèbre Radin.ch recèle quelques petites merveilles. Il faut bien sûr faire preuve de patience et d'assiduité, mais il y a de belles trouvailles à la clef. Echantillons, jeux concours, offres spéciales, ventes privées, petites annonces: tout y est. Seul bémol, le nom du site: pas évident d'accepter son statut de grippe-sou.
Manger pas cher
Ceux pour qui grande vie rime avec bonne table peuvent aussi penser au Passeport gourmand. Pour 90 francs par année, le passeport offre des réductions de 20 à 50% sur les additions dans plus de 350 restaurants du pays. Problème: l'édition 2009 est déjà épuisée. Qu'à cela ne tienne: optez pour la Clef lausannoise (ou bernoise). «Notre guide coûte 91 francs, plus 6 francs de port, explique Alex Perina, un des responsables du projet. Pour cette somme, vous recevez, avec le guide, une carte qui vous donne des réductions dans une vaste liste de restaurants, à Lausanne ou à Berne. Pour faire simple: si vous venez à deux au restaurant, l'un des repas est offert. Mais notre avantage, c'est que nous avons aussi intégré une grande offre culturelle, qui comprend les musées et les théâtres, par exemple. La deuxième entrée est offerte.»
Sites de bonnes affaires, recyclage de vielles nippes, customisation, rabais et réductions: la tendance recessionista va-t-elle s'imposer en ces temps de crise? Pour un temps, peut-être. «Cette tendance existait avant la crise, analyse Josée Bélanger Simko, fondatrice de l'agence genevoise de marketing et de design Toutmorrow. Sauf qu'avant, ses adeptes étaient considérés comme des farfelues. Aujourd'hui, moins... Mais les recessionista restent inscrites dans la société de consommation. Une consommation plus futée, mais toujours dans la logique de l'accumulation. A mon avis, cela préfigure une nouvelle tendance que l'on sent déjà en sourdine: celle de consommer moins mais mieux.»
| Les deux sites incontournables
Deux plates-formes mondiales, et donc ouvertes aux Suisses, vous feront entrer par la grande porte dans le monde des recessionistas. La première, essentielle, c'est Freecycle.org. Sorte d'eBay gratuit, Freecycle est le temple du don. En clair, un gigantesque site sur lequel chacun peut se débarrasser d'un objet (ou d'un vêtement) en l'offrant simplement à quelqu'un d'autre. On peut aussi y chercher un objet (ou un vêtement) déterminé, en espérant que quelqu'un cherche à s'en défaire. A priori un peu idéaliste, le site rencontre un succès planétaire et chacun semble y trouver son compte. La plate-forme est subdivisée en groupes géographiques pour faciliter les échanges. Le groupe «Genève» compte déjà 526 membres, 346 pour Zurich, et respectivement 153 et 56 pour Lausanne et Fribourg. L'alternative s'appelle. Grande plate-forme à nouveau, le site propose (avant tout aux femmes) de les aider à revendre leurs vielles fringues au meilleur prix. Il suffit de s'inscrire, de faire la liste des habits que l'on veut mettre en vente et le site se charge de le faire sur eBay, en prenant un pourcentage. Un pourcentage que l'on voudra bien consentir à laisser, quand l'on sait le temps que l'on gaspillerait à vendre ses habits soi-même sur eBay. TheClosetBureau.com |
Modératrice du site Freecycle Genève,j'aimerai préciser un peu la philosophie de ce groupe. Notre but premier est d’éviter que des objets encore parfaitement utilisables finissent à la décharge. En utilisant ce dont nous disposons déjà, nous luttons contre le consumérisme, fabriquons moins d’objets et réduisons l’impact des décharges sur la planète. Dommage que cet aspect important n'a pas été cité dans votre article.
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