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Les collocs à grande échelle gagnent du terrain

Immobilier

Face aux loyers exorbitants en ville, les adultes s'organisent et les investisseurs suivent le mouvement.

Mis à jour le 09.03.2016


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La cohabitation se développe sous différentes formes dans les centres urbains et séduit des locataires de tous âges de plus en plus nombreux. Poussés par la hausse des loyers et par la place qu'occupe désormais «l'économie du partage» dans la vie des professionnels, de nouveaux immeubles reposant sur des espaces communs (salons, cuisines, salles de travail) et des chambres et salles de bain individuelles voient le jour aux Etats-Unis, note le webzine Curbed ce mardi.

A la différence des coopératives d'habitants et éco-quartiers, relativement répandus en Europe, les locataires s'impliquent ici très peu dans l'opération et ne sont propriétaires ni de leur espace, ni de parts sociales d'une coop. L'idée est de louer des suites «prêtes-à-habiter» qui requièrent le minimum d'efforts: le confort d'un hôtel (ou presque) au prix d'un studio, le tout fourni par une entreprise privée propriétaire des lieux.

Certes, «les espaces de cohabitation de ce type ne sont pas nouveaux. Des espaces comme "Krash" (ndlr:qui s'apparente à un campus et propose une chambre et des espaces de travail et loisirs communs, «clé en main» pour un abonnement mensuel dans les grandes villes américaines), existent depuis des années, particulièrement dans le monde de la technologie. Certains estiment que le concept est aussi vieux que l'idée même d'être un jeune adulte en ville. Mais récemment, ces cohabitations se sont multipliées», note le webzine.

De "Common", une série d'espaces à partager à New York (voir vidéo ci-dessus), à "WeLive", un nouveau projet de l'entreprise "WeWork", pionnière du coworking, l'idée captive aujourd'hui l'attention des investisseurs.

La «nouvelle norme» d'ici quelques années

Cet engouement résulte de la fusion de deux tendances: l'économie du partage incarnée par exemple par Uber ou Airbnb, et le «micro-habitat» qui prône le «less is more» et cartonne outre-atlantique.

Dans une société où les adultes se sentent déconnectés de leur communauté, n'ont pas les moyens financiers de vivre seuls, entrent sur le marché du travail et en fondent des familles de plus en plus tard, cette évolution semble inévitable. «C'est une nouvelle offre qui va devenir la norme pour de nombreuses personnes», selon le fondateur de «Pure House», un espace de cohabitation par abonnement à Brooklyn, New York.

Bonus: un antidote à la solitude

Un jeune locataire d'une chambre meublée dans l'espace «Common», à Manhattan, explique qu'il paie 1545 dollars (1538 francs) par mois tout inclus, soit le prix d'un petit studio dans son quartier. «L'espace mental qui est dégagé par le fait qu'ils s'occupent de tout (ndlr: des draps à l'entretien en passant par le papier toilette) rend cela complètement justifiable. Les seules factures que je paie en dehors de "Common" sont pour la nourriture, mes loisirs, et le métro.»

Les détracteurs dénoncent le prolongement d'un dortoir sans âme, mais les adeptes estiment que ce principe offre une solution à plusieurs problèmes que doivent résoudre les professionnels de tous âges arrivant dans une ville, au premier rang desquels la solitude.

De nombreux investisseurs y voient l'avenir de l'immobilier. Pour l'un d'eux, interrogé par le webzine Curbed, «le consommateur urbain est à l'aise avec un produit de haute densité qui élimine l'espace perdu et offre en retour un loyer plus bas ou une meilleure expérience de vie.» Par ailleurs, l'ameublement se veut à la pointe du design et de l'efficacité, il ne s'agit pas d'«une chambre universitaire avec des meubles Ikea», précise-t-il.

Certains entrepreneurs, comme Bruno Haid, voient encore plus loin, littéralement: ce dernier est en train de mettre au point «Roam», qui devrait permettre aux membres, pour 1600 dollars (1593 francs) par mois, d'accéder à des chambres en cohabitation à travers le monde. L'entreprise possède pour le moment un hôtel reconverti à Bali, en Indonésie, et prévoit d'ouvrir des espaces à Miami, Londres et Buenos Aires cette année.

Créé: 09.03.2016, 01h07

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