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La légalisation de l'euthanasie a 10 ans

Belgique et Pays-Bas

Les Pays-Bas puis la Belgique ont été les premiers pays au monde à légaliser l’euthanasie en 2002: dix ans après, elle y est pratiquée sur plus de 4000 patients chaque année.

Mis à jour le 01.04.2012 6 Commentaires
L’écrasante majorité des malades euthanasiés en 2010 aux Pays-Bas étaient atteints de cancer.

L’écrasante majorité des malades euthanasiés en 2010 aux Pays-Bas étaient atteints de cancer.
Image: Keystone

Depuis son entrée en vigueur aux Pays-Bas le 1er avril 2002, «le texte de loi n’a pas changé, ce qui a évolué c’est la manière dont les médecins le comprennent», explique Inge Freriksen, une porte- parole du ministère néerlandais de la Santé.

Aux Pays-Bas, l’euthanasie est autorisée lorsque le patient en fait la demande en pleine possession de ses moyens mentaux et subit des souffrances «insupportables et interminables» dues à une maladie incurable. Environ un tiers des demandes «sérieuses» sont honorées par les médecins.

«Le concept de ’souffrances insupportables’ est devenu beaucoup plus clair» au fil des ans, souligne Eric van Wijlick, un des responsables de la Société royale des médecins (KNMG), qui représente plus de la moitié des médecins néerlandais.

Souvent au domicile

En 2011, pour la première fois aux Pays-Bas, une euthanasie avait été pratiquée sur un patient atteint de la maladie d’Alzheimer à un stade avancé. «Cela aurait été inimaginable en 2002», tout comme les euthanasies de patients souffrant de démence, par exemple, soutient la porte-parole de l’Association pour une fin de vie volontaire (NVVE), Walburg de Jong.

L’écrasante majorité des 3136 malades euthanasiés en 2010 aux Pays-Bas étaient atteints de cancer. Environ 80% d’entre eux choisissent de mourir à leur domicile. Suivant l’exemple néerlandais, la Belgique avait adopté le 28 mai 2002 une loi destinée «à sortir l’euthanasie de la clandestinité», après un long débat entre partis chrétiens et laïcs.

En 2011, 1133 cas d’euthanasie ont été répertoriés, soit 1% des décès, selon la Commission de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, et leur nombre ne cesse de croître. Pour des raisons culturelles et de proximité des Pays-Bas, 81% des euthanasiés sont flamands.

Tabous levés et rituels

«La loi a été positive car elle a permis de très grands changements dans les relations patients-médecins. De nombreux tabous sur la fin de la vie ont pu être levés», estime Jacqueline Herremans, présidente de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADME) en Belgique.

«Elle a aussi permis aux familles de mieux préparer et d’accepter la mort de leur proche. On a vu se mettre en place des rituels, comme les cérémonies de l’au-revoir, le dernier repas...» Un médecin néerlandais est confronté en moyenne à une demande «sérieuse» d’euthanasie tous les trois ans, estime M. Van Wijlick.

«L’expérience qu’ils peuvent accumuler est donc extrêmement limitée et cela a pour effet que parfois, par manque de connaissance, ils peuvent mal évaluer une demande», explique-t-il. «Redirigez le patient vers un autre médecin si besoin est, mais ne dites jamais que c’est impossible en vertu de la loi», recommande Eric van Wijlick aux médecins.

«Pas toujours la meilleure solution»

A l’initiative de la NVVE, six équipes mobiles, composées d’un médecin et d’une infirmière, se rendent depuis le 1er mars chez des malades incurables qui souhaitent mourir pour pratiquer, dans le cadre de la loi, les euthanasies refusées par leur médecin traitant. Une centaine de demandes ont déjà été reçues, selon Mme De Jong.

Pour ces patients, l’euthanasie est au centre des conversations avec le médecin alors qu’elle devrait être «une solution ultime», regrette la Société royale des médecins. «Pour les gens qui émettent le souhait de mourir, la mort n’est pas toujours la meilleure solution», assure M. Van Wijlick. (afp/Newsnet)

Créé: 01.04.2012, 09h33

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6 Commentaires

C. Forget

02.04.2012, 01:23 Heures
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On est plus raisonnable envers les animaux en fin de vie afin d'alléger leurs souffrances. Et pas besoin de parler ni de discernement ni de consentement. Juste un dernier geste d'amour. Répondre


France Prinz

01.04.2012, 12:07 Heures
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Je crois en une force toute puissante que la société appelle "Dieu", je l'ai ressentie parfois sur mon petit bonhomme de chemin traversant notre vallée de larmes et de joies. Toutefois, je ne suis pas religieuse pratiquante mais l'euthanasie me contrarie tout-de-même et je doute qu'un jour j'accepterai à la légère l'idée de l'homme décidant de la mort ou de la vie! Répondre