Mardi 25 septembre 2018 | Dernière mise à jour 13:32

Braquage «Des billets jonchaient le sol»

Trois voyous ont dynamité un bancomat. Le maire du Noirmont est outré.

Image: Laurent Crottet

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Au milieu de la nuit, le bancomat a explosé: «Un grand boum nous a réveillés», racontent les voisins qui ont pris cette déflagration pour un accident. Hier à 2 h 45, la route était verglacée au Noirmont, un village jurassien de 1850 habitants à 980 m d’altitude.

«Des billets jonchaient le sol», rapporte le maire de 73 ans, Jacques Bassang. Du «menu butin» négligé par les malfrats: ces coupures ont été ramassées par les pompiers et les policiers. Quand le maire, alerté à 3 h 02 exactement, est arrivé sur place, il n’y avait plus de billet à ramasser. «La fumée contenue dans la banque sortait par le bancomat: c’était impressionnant», témoigne-t-il.

Les voisins ont réagi diversement: «Croyant qu’un ratrak avait percuté un mur, je me suis rendormi», dit l’un. «Je me suis précipité à la fenêtre et, en voyant les malfrats, j’ai éteint la lumière», dit un autre. Celui-là a appelé la police, et il n’est pas le seul: une voisine aux premières loges a aussi composé le 117, tout comme le concierge de l’immeuble visé, locataire du troisième étage, au-dessus des cabinets d’un médecin et d’une dentiste. «J’étais le premier sur place et je n’ai pas vu de billets de banque par terre», assure le concierge qui a «sorti une lance» pour éteindre l’incendie naissant à la Banque Cantonale du Jura (BCJ). Avant d’appeler les pompiers. Durant la nuit, d’autres voisins sont sortis pour constater les dégâts. Et, hier en journée, des curieux sont venus observer les allées et venues de la police criminelle jurassienne et de la police scientifique zurichoise. Le commandant de la police jurassienne Damien Rérat confirme que l’attaque de la banque est prise très au sérieux. «Des bancomats sciés à la meuleuse, désincarcérés à la pince hydraulique ou défoncés par un camion, c’est déjà arrivé. Mais un distributeur pulvérisé à l’explosif, c’est une première cantonale», indique la procureure Dominique Comte.

Le maire Jacques Bassang en est encore tout retourné, bien qu’en 2011 et en 2012, trois malfaiteurs encagoulés avaient braqué une fabrique horlogère en séquestrant des employés. «C’est n’importe quoi! Des cambriolages dans des maisons et des commerces, ça arrive. Mais une attaque à l’explosif, c’est de l’impensable», s’exclame-t-il devant les débris qui jonchent le trottoir et la rue du Doubs fermée à la circulation. Une rue où se concentre l’activité du village.

Trois allers-retours

Cachés sous leurs foulards et capuchons relevés, les malfrats disposaient

d’une limousine. Selon un témoin, ils ont fait trois allers-retours entre la banque et leur véhicule. «Ils ont dérobé les caissettes contenant l’argent du distributeur», confirme la procureur Dominique Comte.

La voiture a remonté la rue du Doubs, en passant devant l’Hôtel-de-Ville, en direction de La Goule. Une route sinueuse, déjà utilisée par les braqueurs de la fabrique Joseph Erard, mais qui dispose depuis l’an dernier d’un nouveau pont sur le Doubs. La police est intervenue rapidement, du fait qu’elle dispose de nouveau d’un poste régional à Saignelégier.

Mais, hier soir, les brigands couraient toujours. Qu’en pensent les Francs-Montagnards? «Tant qu’il n’y a pas mort d’homme, je m’en moque», assène un voisin de la banque. Le maire est plus mitigé: «Des bancomats, il y en a beaucoup, mais c’est l’affaire des banques de les protéger. On ne va pas créer des milices d’autodéfense, on n’est pas au Far West!» Rétablir des contrôles aux douanes? «À La Goule? À Goumois? À La Bouège? Ça ne changerait rien! Celui qui veut passer la frontière la traverse», répond le maire.

Hier, on ignorait encore le montant du butin et la nature exacte de l’explosif, mais qu’importe: «Les moyens utilisés sont hallucinants. Ils sont aussi inquiétants», résume la procureure Dominique Comte. La gendarmerie française et les polices cantonales ont été alertées, surtout du côté de Genève, où des attaques à l’explosif ont déjà émaillé la zone frontière. (Le Matin)

Créé: 15.01.2016, 10h15

Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.