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Football Comme redouté, Kasami a manqué

Le profil de Pajtim Kasami aurait fait un bien fou à notre équipe nationale. Pourquoi donc lui avoir préféré l'inutile Tranquillo Barnetta?

Image: Keystone

Mathieu Aeschmann est envoyé spécial du «Matin» au Brésil

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D'abord ce constat qui claque comme un immense aveu d’impuissance. En vingt ans, trois huitièmes de finale et 330 minutes de jeu, la Suisse n’a pas marqué un seul but. Ensuite cette observation: contre l’Argentine, Ottmar Hitzfeld a aligné au poste de milieu droit deux joueurs – Xhaka puis Gelson dès la 66e – qui sont des milieux axiaux (défensifs ou relayeurs).

Rien ne vous choque? L’équipe de Suisse peut-elle vraiment croire au plus grand exploit de son histoire en offrant un des quatre rôles d’animateur offensif à un joueur qui n’en possède pas la vitesse (Xhaka) ou la créativité (Gelson)? La réponse est évidemment non.

Alors levons de suite un éventuel malentendu, Granit Xhaka et Gelson Fernandes n’y sont pour rien. Le premier s’est d’ailleurs sacrifié pour faire briller Xherdan Shaqiri tandis que le second a réussi une très belle entrée – comme toujours dans les grands matches. Il faut donc saluer leur sens du collectif et se tourner vers le vrai responsable de cette erreur de casting: Ottmar Hitzfeld.

En sélectionnant Tranquillo Barnetta pour des raisons plus sociales (ou commerciales?) que sportives, l’Allemand s’est en effet privé d’une vraie alternative à Xherdan Shaqiri sur le flanc droit. Un choix qui ne devait pas lui sembler trop dommageable en débarquant au Brésil puisque, durant trois ans, il n’avait jamais jugé utile de tester son joyau en position de meneur de jeu. Au final, sa rocade tactique contre le Honduras a donc qualifié la Suisse. Mais elle a par ricochet révélé au grand jour son cruel manque d’anticipation.

Dès l’annonce de sa liste des 23 (13 mai), «Le Matin» avait regretté la non-sélection de Pajtim Kasami. Aujourd’hui, nous pleurons cet oubli. Car la puissance et le profil de relanceur généreux du champion du monde M17 auraient fait un bien fou contre l’Argentine. Bien sûr, rien ne dit que le milieu de Fulham aurait fait la différence. Mais son talent et ses capacités physiques hors norme incarnaient la formule idéale pour maintenir une menace lorsque la domination argentine devenait insolente.

A l’heure du bilan, cette erreur de casting pèse lourd car elle dépasse le simple choix humain. Pajtim Kasami était un pari sur l’avenir, l’audace, le talent. En un mot, l’étincelle qui peut faire basculer les grands matches. Soit tout ce qui manque à la Suisse, depuis vingt ans, pour enfin s’inviter en quarts de finale d’une Coupe du monde.

Créé: 03.07.2014, 15h35

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