Lundi 23 septembre 2019 | Dernière mise à jour 20:00

Exclusif Porsche Track Days: notre test complet!

Fait exceptionnel, le constructeur allemand a invité quelques rares privilégiés à tester les plus pointues de ses 911 de compétition en activité sur circuit. On a même pu en prendre le volant.

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Huit heures du matin à Chemnitz (All). Un orage dantesque fait éclater les nuages noirs. Ambiance de fin du monde? Non: arrivée des Walkyries, auréolées d’éclairs monstrueux. Pour nous qui avons rendez-vous avec les Porsche 911 du département compétition, ça s’annonce moyen… Tenter de maîtriser des monstres de plus de 500 chevaux en configuration course sur piste mouillée, ça promet! À l’arrivée sur le circuit du Lausitzring, le «Götterdämmerung» – le crépuscule des dieux – a toutefois refait place au soleil. Finalement, il faudra juste attendre que le tracé sèche un peu. Le temps pour nous de prendre un premier contact avec les monstres. Et leurs volants d’outre-espace…

Savez-vous à quoi reconnaît-on une voiture de course? À son intérieur spartiate, à son arceau de sécurité, à son aileron démesuré? Aussi. Mais, surtout, à son volant truffé de boutons insolites et grandioses. Et à l’impressionnante collection de contacteurs qui ornent sa console centrale. Pour démarrer, pas question de tourner une clé: il faut 1) mettre le contact général, 2) brancher l’allumage et les pompes à carburant, 3) s’assurer que la bête est au point mort et 4) appuyer sur le starter. Dit comme ça, ça a l’air simple. À condition de retrouver les bons boutons…

Montée en puissance

Briefing fait, décharge signée, je me dirige vers la première bête, avec tout le respect de rigueur. Le tirage au sort m’a gâté: je vais monter en puissance de façon «douce». D’abord la GT3 Cup, ensuite la GT3 R, enfin la RSR. Pas n’importe laquelle: celle qui court en endurance et qui a fait, cette année, les 24 Heures du Mans et ceux du Nürburgring! Porsche doit avoir sacrément confiance pour nous prêter ainsi des bijoux qui sont encore inscrits en championnat…

Moi qui n’ai jamais conduit, en course, «que» une GT3, homologuée route, je me retrouve donc propulsé au rang de pilote d’usine, sous les yeux de vrais pilotes d’usine, qui affichent un petit sourire en voyant le «rookie» se contorsionner pour prendre place à bord. Et si je rate mon embrayage? Et si je cale? Et si je ne retrouve plus le bouton pour débrancher le limiteur de vitesse dans les stands? Et si… Et si rien du tout! Impassible, le maître des stands donne le signal, il faut lancer le moteur!

Ignition «On», pompe «On», embrayage enfoncé, je presse sur le bouton «Start». Derrière moi, un dragon se réveille. Le moteur rugit. Sanglé sur le baquet, la tête coincée par le casque et le «hans», je ne peux pas bouger. Et, de toutes les façons, ce n’est plus le moment de songer à fuir. Juste… à ne pas caler devant tout le monde. Pression sur l’accélérateur, tours à mi-régime, je relâche l’embrayage en douceur: ça fonctionne! Yes! Lausitzring me voilà!

Mais où est passé ce bouton?

Euh, oui… enfin presque… Où est passé ce satané bouton pour débrancher le limiteur dans les stands, déjà? Personne n’a rien remarqué. Ouf! Du coup, il est temps de tester l’engin. Sanglé comme je le suis, je ne peux pas bouger. N’empêche que les deux premières accélérations me donnent l’impression que je vais passer à travers le siège! Monstrueux. Ça «pousse» vraiment fort! Et ça freine! Mazette que ça freine! Pourtant, pas l’ombre d’un ABS ni du moindre contrôle de traction. Là, tout se fait «à l’ancienne», au feeling. Gare à ne pas bloquer les roues! «C’est une excellente voiture pour apprendre», m’avait dit le moniteur. Il avait raison. Cinq tours de folie et, déjà, un sourire taille XL sous le casque. Si cette GT3 Cup est la plus «rustique» des trois, qu’est-ce que ça va être dans les autres?

De l’air frais!

Second run, au volant de la GT3 R. La même, en «plus mieux bien», avec un ABS, un contrôle de traction et – ô bonheur – une ventilation qui m’envoie de l’air frais vers le visage. C’est fou comme, engoncé dans une combi de course, on peut s’attacher à des détails…

Deux tours pour se familiariser avec l’engin et c’est parti pour cinq tours «rapides». La «nôtre» est amoureusement affublée du sobriquet «Grellow» par ses mécanos. Un simple coup d’œil à sa livrée vert-jaune suffit à comprendre la contraction entre green et yellow… Une tuerie! Du délire! Intégral. La voiture se rue sur les virages, les prend à une vitesse qui met les muscles de la nuque au supplice, jaillit comme une balle dans la ligne droite avant de planter ses griffes dans le bitume pour aborder le virage suivant. Le freinage est stratosphérique, la ligne incisive et le comportement diabolique. On dirait qu’il y a une épingle plantée au centre du toit et que la voiture pivote autour. Peu de dérives ou de glissades, tout se contrôle à la perfection et la vitesse en courbe est indécente. Magique!

Peut-on imaginer plus fou? Il reste la dernière star à tester. La RSR, celle qui a couru les 24 Heures du Mans! Là, ça ne rigole plus du tout! Même le volant… n’en est pas un. Il ressemble un peu à un joystick de flight simulator. Et les boutons ont encore changé de place! On peut vraiment conduire avec ça, chef? L’instructeur se marre: «Détends-toi, ça va bien se passer.» Facile à dire. On recommence la check-list: ignition, pompes, contact, embrayage et… au secours! La pression sur le bouton «Start» a dû ouvrir la porte des enfers! Sur les autres, le moteur vrombissait. Là, il hurle, littéralement. On imagine mieux ce que devaient ressentir les astronautes, assis sur une bombe bourrée d’hydrogène, au départ de cap Canaveral…

Les cinq tours suivants ne seront que pur délire. Des accélérations de feu. Une quantité astronomique de «G» à encaisser dans les virages. Une maniabilité diabolique grâce à ce moteur qui a été placé juste en avant de l’essieu arrière et qui la rend incroyablement vive en changements d’appuis. Et un freinage surpuissant, bien qu’un peu plus délicat à doser que sur la GT3 R, vu l’absence d’ABS. Un monstre. Une Walkyrie. Une vraie, une pure voiture de compétition. Les sensations? Aussi XXXL que le sourire, qui, cette fois, dépasse franchement du casque! J’ai déjà eu l’occasion de faire quelques pas de deux avec des voitures exceptionnelles. Mais, là, j’ai mesuré la différence qui sépare une voiture de sport – même une «supercar» – d’une «vraie» voiture de compétition: un autre monde!

Créé: 06.08.2017, 14h28

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