Vendredi 22 novembre 2019 | Dernière mise à jour 04:50

Test (1/2) Mille trois cents kilomètres en Tesla Model 3

L’entrée de gamme du constructeur américain est disponible depuis le mois de mars en Suisse. On l’a testée au cours d’un long périple à travers le pays et on est emballé!

Tesla nous a mis à disposition la version Grande Autonomie du modèle 3: 560km annoncés avant de devoir recharger.
Vidéo: DR

La voiture qui se bonifie toute seule

Une Tesla, c’est aussi la promesse de régulières mises à jour du système effectuées à distance et permettant d’améliorer les fonctionnalités actuelles de sa voiture ou d’en apporter de nouvelles.

Si depuis septembre 2018, les voitures carburaient à la version V9, la V10 est prévue d’être déployée ce mois. Tous ses éléments ne sont pas encore connus mais on sait déjà qu’elle apportera une fonction permettant à la voiture, sur un parking quelconque, de venir chercher toute seule son conducteur à la position de son choix, sur un simple clic depuis l’application mobile; l’intégration de YouTube et Netflix pour regarder des vidéos à l’arrêt, pendant une recharge, avec un réseau Wifi probablement boosté par des points d’accès installés auprès des Superchargeurs; une fonction Karaoké pour s’amuser à plusieurs; mais aussi des amélioration du mode «Autopilot», et probablement d’autres surprises.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y a un peu plus d’un an, beaucoup prédisait à Tesla une faillite imminente. D’ailleurs également envisagée par son propre patron, Elon Musk. Aujourd’hui, plus personne ne l’évoque et si tout est loin d’être encore rose pour l’avenir du constructeur américain, force est de constater qu’en Suisse en tout cas, ses véhicules séduisent énormément.

Le mois dernier, Tesla fêtait ainsi ses 10 000 exemplaires immatriculés sur le territoire, faisant de celui-ci une des concentrations par habitant les plus élevées d’Europe pour la marque. En mars, à sa sortie, le Model 3 était même devenu la voiture – toutes catégories confondues – la plus vendue du pays, devançant les modèles à essence avec 1094 exemplaires écoulés. Depuis, selon Auto Suisse, elle trône en 4e position des ventes pour la période de janvier à juin 2019.

En largeur puis cap sur le Sud

Face à ce boom, on a voulu voir à quoi ressemblait précisément ce Model 3, ce qu’il avait de si séduisant et comment il se comportait sur les routes suisses. Le tout en traversant le pays avec lui. D’abord dans le sens de la largeur, de Genève au lac de Constance, puis en mettant cap au sud, sur Côme, en Italie, avant de revenir à notre point de départ par le côté français.

Un voyage de près de 1300 kilomètres effectué en 3 jours. But de la manœuvre? Tester l’autonomie de la bête (pour une voiture électrique, c’est l’argument principal), la répartition de ses fameux Superchargeurs sur notre trajet, mais aussi se concentrer sur son aspect technologique à travers ses nombreuses fonctions (pilotage et parcage automatique, application smartphone, commandes de l’écran tactile…).

Pour ce faire, Tesla nous a mis à disposition la version Grande Autonomie du modèle en question: 560km d’autonomie annoncés, vitesse de 233 km/h max, 4,6 secondes pour atteindre les 100 km/h en départ arrêté, 2 moteurs électriques développant au total 351 ch… Le tout pour CHF 55'980.- dans sa version sans la moindre option et 10’000.- de plus pour la version testée, avec pilotage automatique inclus, jantes 19’, peinture bleu outremer métallisée et intérieur cuir noir et blanc.

La «petite» a tout d’une grande

C’est donc la «petite» Tesla que l’on a entre les mains, plus raisonnable en taille et surtout plus accessible financièrement comparé aux Model X et S, essentiellement réservés à l’élite avec des tarifs dépassant les 100 000 francs. Mais une voiture qui affiche néanmoins des performances diablement séduisantes et un gabarit tout de même très confortable avec ses 4m69 de long.

Ce qui la différencie principalement de ses grandes sœurs, et c’est ce qui frappe d’emblée en se glissant au volant, c’est son absence totale de tableau de bord. Un concept du dépouillement que le constructeur a poussé à l’extrême pour baisser ses coûts au maximum. Ici, pas le moindre cadran, ni la plus petite jauge ou voyant aux alentours du volant. A l’exception des essuie-glaces et clignotants pilotables depuis les deux commodos, et les warnings que l’on enclenche au plafonnier, tout se commande à partir de l’écran tactile de 15 pouces – à la définition impeccable, parfaitement fluide et réactif – trônant entre le conducteur et le passager.

Modes de conduite, commande des feux, réglage des sièges, du volant et des rétroviseurs, indications sur la consommation, gestion ultra précise du flux d’air de la climatisation et du chauffage, tout comme de l’acoustique des 14 haut-parleurs disséminés dans l’habitacle… tout – jusqu’à l’ouverture de la boîte à gant – se pilote du doigt depuis cette splendide tablette. On est d’abord désarçonné de devoir se plonger dans les différents menus pour le moindre réglage (vitesse et notamment pourcentage restant de la batterie sont néanmoins affichés en permanence sur le côté gauche de l’écran, au plus près du conducteur), mais on s’y fait très vite, notamment grâce à une ergonomie très bien pensée. Et puis Tesla tire plutôt bien partie de l’absence d’instrumentalisation au niveau du tableau de bord en faisant descendre très bas son pare-brise, assurant ainsi une visibilité étonnante.

Petit détail appréciable, le constructeur a pensé à installer sous l’écran un compartiment à smartphones (suffisamment grand pour y loger deux téléphones XXL), permettant de les mettre à charger sur le port de son choix (Lightning, micro-USB ou USB-C). Deux autres ports sont disponibles à l’arrière pour les passagers.

Indispensable planification

Mais avec Tesla, l’organisation d’un voyage tel que nous l’avons prévu passe d’emblée par la planification du trajet sur l’écran tactile. Il suffit d’entrer sa destination et la version personnalisée pour le constructeur américain de Google Maps nous signale automatiquement si celle-ci est atteignable ou pas avec l’autonomie à disposition, en indiquant simplement, dans le premier cas, la position des Superchargeurs maison – promesse de 270km d’autonomie récupérés en 30 minutes – sur notre trajet et en nous proposant, dans le second, de s’arrêter à l’un d’eux.

Dans notre cas, notre premier tronçon (Genève – Kreuzlingen, 351 km, petite halte à Berne comprise pour visiter la fosse aux ours) pouvant être effectué sans interruption, il s’est contenté de nous indiquer les cinq stations disséminées le long de notre parcours, en affichant en temps réel les chargeurs libres. Il est toutefois utile d’anticiper les propositions du planificateur, celui-ci pouvant très bien nous faire arriver à destination avec 10 km d’autonomie restante. Ce qui peut poser problème pour le trajet suivant.

La Model 3, la seule à faire payer son énergie

A noter que la Model 3 se retrouve aujourd’hui la seule voiture du constructeur américain à faire payer son électricité. La recharge gratuite et illimitée aux Superchargeurs avait été introduite dès la mise en place des premiers véhicules, avant d’être abandonnée en septembre 2018, Elon Musk expliquant que la marque ne pouvait plus se permettre ce type de cadeau. L’offre vient toutefois d’être relancée, mais uniquement pour les modèles S et X. Le 3 devra donc continuer à s’acquitter de ses frais (moins de CHF 25.- pour une charge complète selon nos calculs).

Un smartphone pour piloter sa voiture

Mais avant le départ, il convient d’installer l’application maison sur son smartphone. Celle-ci permet d’abord à la voiture de détecter son propriétaire et de déverrouiller automatiquement celle-ci à son approche (une carte magnétique glissée dans son portefeuille permettra de prendre le relais si celui-ci tombe en rade).

En s’asseyant au volant, les réglages de la personne identifiée se mettent automatiquement en place (position du siège, du volant et des rétroviseurs latéraux – mais pas le central, dommage!). L’application autorise d’ailleurs l’enregistrement de plusieurs utilisateurs et permet même par exemple de brider la vitesse pour le fiston qui vient de passer son permis. Elle commande également l’ouverture des coffres avant et arrière (mais pas leur fermeture) et l’activation de certaines fonctions à distance: enclencher le chauffage ou la climatisation quelques minutes avant d’entrer dans l’habitacle, lancer un coup de klaxon ou un appel de phare, déverrouiller le véhicule pour le prêter à un utilisateur non enregistré…

Quant aux aspects liés à la recharge, l’appli permet de vérifier la jauge de la batterie depuis son portable et nous notifie lorsque cette dernière atteint le niveau désiré en mode charge. Un point important puisque pour veiller à ce que les conducteurs ne monopolisent pas les Superchargeurs, le temps passé à occuper ceux-ci une fois la voiture complètement chargée est facturé 1.- la minute! Un système efficace puisque jamais, au cours de notre périple, nous n’avons eu à attendre avant de trouver un chargeur disponible, mais qui peut vite coûter cher.

En attendant, nous voilà prêt à nous lancer sur les routes. Pas de bouton «start» sur lequel appuyer pour démarrer, ici. La voiture nous ayant reconnue, il suffit d’enclencher le commodo de droite en position «drive», et d’une caresse de l’accélérateur, nous voilà partis. Au volant de cet engin 2.0 hors-normes, nous revient alors à l’esprit la réplique finale de «Retour vers le futur»: «Là où on va, on n’a pas besoin de route!»… On s’y croirait.

A suivre dans la deuxième partie du test…

Créé: 16.08.2019, 08h44

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.