Jeudi 23 mai 2019 | Dernière mise à jour 10:56

Admiration Après Fukushima, le Salon de Tokyo reflète la force de la résilience

Moins d’un an après le tsunami et le tremblement de terre qui a dévasté pays et usines, le Japon automobile brille de tous ses feux.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

On en avait entendu parler, en long autant qu’en large, dans tous les médias. Dans toutes les colonnes des journaux, sur toutes les ondes de la radio et de la télévision, tous les spécialistes du Japon vantaient la résilience nippone. Cette incroyable faculté d’encaisser les pires coups du sort, d’y faire face, puis de les digérer pour en ressortir plus fort qu’avant.

Ça, c’était l’analyse. Que l’on concevait, de loin autant que de façon très intellectuelle.

Et puis, on est arrivés à Tokyo. Que l’on disait presque en proie au black-out. Et on a retrouvé la ville intacte. Les économies d’énergie? Certes, mais elles n’enlèvent aucun dynamisme à la mégalopole nippone. Les traces de la catastrophe? Bien malin qui remarquerait quelque chose ici, dans la capitale.

La renaissance

Et puis on est arrivés au Salon. Un Salon qui a quitté Chiba et les Halles de Makuhari pour se rapprocher du centre et investir les espaces d’exposition du «Tokyo Big Sight». Et on a pu observer la renaissance. Devant la quantité de nouveautés, le retour des concepts audacieux et la beauté des lignes de plusieurs modèles, on se dit que, décidément, le Tokyo Motor Show était bien plus sinistre il y a deux ans, touché de plein fouet par la crise économique qui ravageait le monde de l’automobile.

Le Salon 2011? Un haïku à la gloire de la résilience nippone. Certes. Mais aussi, et surtout, la preuve tangible et concrète que l’industrie automobile japonaise a encore de beaux jours devant elle. Car on ne peut que s’incliner devant tant d’ingéniosité technologique, tant de talent au niveau du design et tant d’imagination dans la création de concepts futuristes.

Sublime Mazda Takeri

Un exemple? Le concept «Takeri», signé de la main magique d’Ikuo Maeda, le designer en chef de Mazda. Non seulement ses galbes et ses proportions sont sublimes mais, en plus, cette préfiguration de la future Mazda 6 qui arrivera sur les routes à la fin de l’année prochaine recèle des trésors de technologies. D’abord, l’ensemble des «Sky Active Technologies» de Mazda, qui rendent l’engin… aussi efficient qu’une hybride!

Ce qui comprend un poids nettement à la baisse, un moteur hautes performances, une boîte et un châssis révolutionnaires, un système stop & start ainsi que, pour la première fois, un système de récupération de l’énergie de freinage baptisé «i-ELOOP». Chargé de convertir en électricité l’énergie cinétique ainsi récupérée, le système est doté d’un condensateur qui stocke cette électricité «gratuite» pour alimenter tout le système électrique du véhicule. Réduisant d’autant la contribution du moteur diesel et, donc, économisant du carburant. Simple, mais ingénieux. Tout autant que cette coque en résine, imaginée pour l’étonnant concept D-X de chez Daihatsu, propulsé par un bicylindre à turbocompresseur. On regrette déjà que Daihatsu ne s’exporte plus en Europe…

Jolies cousines siamoises

Mais nous aurons par contre la chance de conduire les deux siamoises que sont la Subaru BRZ et la Toyota «86». Deux fort jolis coupés sportifs mus par un 4 cylindres boxer développé chez Subaru.

On pourra sans doute aussi conduire la Jazz électrique, tout en espérant bien voir arriver, un jour, la voiture de série dérivée de l’envoûtant concept EV-ster (concentration de Electric Vehicle et de roadSTER…) qui n’est pas sans rappeler un CR-Z cabrio.

Le retour au «fun to drive»? C’est un des autres mots-clés de ce Salon. Que Toyota – leader mondial en péril – décline de façon plus radicale encore. «ReBorn» (renaissance) et «Fun to drive again» (à nouveau du plaisir à conduire): tels sont les slogans qui s’affichaient, partout, sur le stand du géant japonais. Une façon d’admettre que, depuis quelque temps, on avait fait passer la productivité et le profit avant le plaisir du client? Toujours est-il qu’avec la Prius C/Aqua, la 86 et les concepts FCV-R, FT-EV III et Fun-Vii, Toyota a donné un grand coup de bâton dans sa propre fourmilière…

Et les Européens? Contrairement aux Américains, brillants par leur absence, les Audi (A1 Sportback), BMW (Active-Hybrid 5) et VW (Passat Alltrack et Cross Coupe) se sont payé le luxe de rivaliser au niveau concepts. Tandis que les Citroën, Renault, Peugeot, Jaguar, Land Rover et autre Mini se chargeaient d’apporter une jolie touche de cet «exotisme» européen dont les Japonais sont si friands.

Le Tokyo Motor Show 2011? Bien plus qu’un simple sursaut après la crise et les catastrophes naturelles. C’est l’indice que, du côté du Soleil Levant, le cœur de la créativité s’est remis à battre. Plus fort que jamais. (nxp)

Créé: 20.12.2011, 17h07

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.