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Partenariat Nous avons besoin de nos marchés en période de crise!

Jugeant leur tenue trop risquée, le Conseil fédéral a ordonné la fermeture des marchés alimentaires. Une décision incompréhensible, alors que les supermarchés ont conservé leur droit à commercer.

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Le coronavirus a fait irruption dans nos vies il y a un peu plus d’un mois. Il n’était qu’une menace lointaine et mal définie: il est devenu notre pire ennemi et met à mal tous nos repères. Il nous force jour après jour à modifier nos comportements, limiter nos contacts sociaux, réorganiser notre vie familiale. Il met aussi en lumière les dysfonctionnements de notre société de consommation.

Dans ce contexte, nos sept sages ont estimé que la tenue de marchés alimentaires dans les villes et les villages présentait trop de risques de propagation du virus, et ont donc ordonné leur fermeture immédiate. Un coup terrible porté aux marchands qui œuvrent au quotidien pour fournir aux familles de ce pays de savoureux fruits, légumes, pains au levain, fromages artisanaux, viandes et charcuteries typiques, poissons frais du lac. Une décision incompréhensible, alors que les supermarchés ont conservé leur droit à commercer, pour autant qu’un certain nombre de règles strictes soient mises en place.

Ces règles à respecter

Ces règles, nous commençons à les connaître : ne sortir que pour faire ses achats essentiels, une seule personne par famille, et en maintenant une distance sociale d’environ 1m50 entre chaque client. Moyennant réflexion et ajustement de l’espace public, il aurait été possible de garantir la sécurité dans un marché, d’autant plus que celui-ci se déroule en plein air.

Heureusement, la résistance s’organise et les initiatives se multiplient entre producteurs et consommateurs afin de ne pas laisser sombrer celles et ceux qui nous nourrissent. De nouveaux magasins à la ferme s’ouvrent en urgence, des services de livraison se mettent en place. A l’heure où la production locale de nourriture retrouve la place stratégique qu’elle n’aurait jamais dû perdre, le coronavirus - ce petit organisme avec lequel nous devons apprendre à vivre - agit comme un catalyseur et fédère la population autour de ses familles paysannes. «A quelque chose, malheur est bon» dit le proverbe. Nous sommes peut-être à l’aube d’un radical et bénéfique changement.

Vanessa Renfer, Uniterre

Créé: 27.03.2020, 06h33

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