Dimanche 19 mai 2019 | Dernière mise à jour 22:37

Football Rester unis quoi qu'il arrive

Le président de l’ASF ne veut surtout pas que la polémique liée aux célébrations de Xhaka, Shaqiri et Lichtsteiner entame la confiance de l’équipe. Verdict attendu aujourd’hui.

Peter Gilliéron s'exprime face à la caméra sur l'affaire de l'aigle albanais.
Vidéo: Opta

LA CITATION



«J’espère bien que toute cette histoire va nous rendre encore plus solidaires»

Peter Gilliéron
Président central de l’ASF

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Les pontes de l’Association suisse de football étaient tranquillement en train de regarder l’Allemagne souffrir face à la Suède, samedi en fin de soirée, lorsqu’ils ont appris que la FIFA allait ouvrir une enquête sur Xherdan Shaqiri et Granit Xhaka. Hier, la commission de discipline a rajouté Stephan Lichststeiner au «paquet». Voilà les trois joueurs sous la menace d’une suspension pour leurs célébrations, désormais célèbres dans le monde entier.

Plus tôt dans le week-end, personne n’était au courant de rien à l’ASF et Claudio Sulser pensait encore possible samedi après-midi que les trois gestes passent inaperçues aux yeux de la commission de discipline de la FIFA. «Il s’agissait de spontanéité, d’une célébration de but. Il n’y avait rien de politique derrière», a répété plusieurs fois le délégué aux équipes nationales sans que l’on sache s’il croyait vraiment lui-même aux paroles qu’il était en train de prononcer.

Les joueurs pas affectés

La FIFA, en tout cas, n’a pas adhéré à la thèse de Claudio Sulser et a décidé d’ouvrir une enquête. L’ASF en a été informée samedi soir donc, peu avant l’annonce officielle de la Fédération internationale. Et la journée d’hier risque fort d’être comptabilisée comme un jour de travail puisque, dimanche ou pas, il a fallu aller au charbon pendant que les joueurs, eux, profitaient de leur premier jour de repos depuis leur arrivée en Russie. Les vingt-trois internationaux l’avaient bien mérité après les tonnes d’émotions positives offertes au peuple suisse face au Brésil et à la Serbie.

Peter Gilliéron et son comité ont eux eu du travail puisqu’ils avaient jusqu’à hier soir pour préparer leur défense. «On ne va pas impliquer les joueurs, ils ne seront pas entendus par la FIFA», a déclaré le président central de l’ASF. Le Bernois assure d’ailleurs que les joueurs vont bien et ne sont pas affectés par toute cette polémique, ni par l’ampleur prise depuis vendredi soir. Peter Gilliéron n’entend pas non plus faire appel aux services d’un avocat spécialisé dans le droit du sport pour aider l’ASF à présenter ses arguments. «Non, on va se débrouiller tout seuls. On a la chance de pouvoir compter sur Claudio Sulser, qui a fait partie de la commission de discipline de la FIFA justement. Et moi-même je suis juriste de formation. Donc on va y aller comme ça.» Se veut-il optimiste sur les chances des deux joueurs d’échapper à une sanction? «Une suspension serait un coup dur. Mais ne soyons pas trop pessimistes», a imploré le Bernois.

Amende ou suspension?

Une chose est sûre: la Suisse échappera quoi qu’il arrive à une sanction collective. Un retrait de points ou un match sans supporters suisses est inenvisageable. Par contre, les trois joueurs risquent clairement une sanction, qui peut aller de l’amende à un ou plusieurs matches de suspension, avec sursis ou non. «Je ne sais pas et je ne vais pas anticiper une décision juridique. En plus, on n’a pas de jurisprudence sur ce cas précis», continue Peter Gilliéron. Le patron de l’ASF a simplement évoqué le doigt d’honneur d’Ottmar Hitzfeld adressé à l’arbitre face à la Norvège en 2012. L’entraîneur de l’équipe de Suisse avait écopé de deux matches de suspension, mais les deux affaires n’ont pas grand-chose en commun.

Pas de recours possible?

Selon Peter Gilliéron, un éventuel recours contre la sanction n’aurait aucun effet suspensif: «Non, normalement pas. Après, il faudra étudier la décision dans le détail pour en être sûr.» Réponse aujourd’hui, en théorie.

Quoi qu’il arrive, il appartient désormais à l’ASF, à Vladimir Petkovic et à toute l’équipe de ne pas se laisser perturber par toutes ces polémiques. Peter Gilliéron a promis d’y veiller personnellement: «J’espère bien que toute cette histoire va nous rendre encore plus solidaires. J’ai aimé la façon dont Stephan Licht­steiner a défendu ses coéquipiers et je pense que cet état d’esprit peut nous aider à aller loin.» Dans la tempête médiatique et politique, la Suisse doit rester unie. Et, pourquoi pas, en ressortir encore plus forte. (nxp)

Créé: 25.06.2018, 08h08

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