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Conseil national Criminels étrangers: «Nous devrons faire un choix tactique»

Après le volte-face du National qui a choisi de suivre le modèle des Etats pour appliquer l'initiative sur le renvoi, l'heure est à la réflexion pour l'UDC. Entretien avec le conseiller national genevois Yves Nidegger.

Yves Nidegger a déploré le projet de loi approuvé ce mercredi au National.

Yves Nidegger a déploré le projet de loi approuvé ce mercredi au National. Image: Keystone

L'UDC mise sur sa seconde initiative

Le parti a envoyé un communiqué officiel après le ralliement du National au modèle des Etats. Le Conseil national s'est rallié aujourd'hui au projet inapte du Conseil des Etats qui se base sur le contreprojet à l'initiative sur le renvoi que le peuple et les cantons avaient pourtant clairement rejeté en 2010, écrit-il.

Le Conseil national s'était jusqu'ici mis d'accord sur une solution de compromis basé sur l'initiative de mise en œuvre lancée par l'UDC. Le PDC et le PLR ont fini par s'incliner et ont rejoint le camp de la gauche qui refuse de respecter la volonté populaire. Ils soutiennent ainsi une justice qui cajole les malfaiteurs étrangers et ils se moquent des victimes des crimes, déplore l'UDC.

Au tour du peuple de jouer, lance le parti. Selon lui, il ne reste que la voie de de sa seconde initiative dite de de mise en œuvre pour respecter sa volonté. Elle permettra au souverain de prendre les choses en main l'année prochaine pour garantir l'application de sa décision de 2010.

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Les juges devraient avoir une petite marge de manœuvre avant d'expulser des criminels étrangers. Changeant son fusil d'épaule, le National s'est rallié mercredi 11 mars au modèle du Conseil des Etats pour appliquer l'initiative de l'UDC votée en novembre 2010. Il y a un an, la majorité avait pourtant décidé de reprendre intégralement l'initiative de mise en oeuvre déposée par l'UDC pour imposer sa lecture du texte accepté par les Suisses. Réaction avec le conseiller national genevois Yves Nidegger.

Le Matin C’est une défaite sur toute la ligne pour votre parti ce mercredi. Quelle est votre réaction?

Yves Nidegger : Oui. Une défaite annoncée car le Parlement a toujours détesté ce texte. On ne s’attendait donc pas à être ménagé. Dans l’agenda politique, il s’est trouvé à un moment donné que le vote sur la 2e initiative dite de mise en œuvre pouvait intervenir durant l’année électorale. Et le PLR a eu l’idée de ne pas donner pareil sujet à l’UDC pour sa propagande et donc nous pousser à retirer le 2e texte en proposant une mise en œuvre du 1er qui était un copié-collé du second. Une manœuvre intelligente. Mais aujourd’hui, il apparaît que le risque que nous ayons à voter sur ce 2e texte s’est éloigné. Alors il y a eu un retournement tactique des mêmes qui reviennent sur leurs positions de fond, soit qu’il faut émasculer ce texte de toutes les manières possibles.

Que reprochez-vous à la version adoptée aujourd'hui et pourquoi ne pouvez-vous pas vous rallier à ce compromis?

Ce compromis nous est apparu comme une tromperie. On a beaucoup parlé du principe de proportionnalité en disant que dès lors qu’il y a obligation pour le juge de prononcer le renvoi, il y aurait violation de ce principe. Ce qui est faux. Car la proportionnalité se situe dans la durée de la peine que l’on choisit pour un délit ou un crime. Ce que l’initiative voulait et donc le peuple en l’acceptant, c’était que le juge doive prononcer une peine d’éloignement indépendamment de la durée de la peine prononcée en fonction de la gravité de l’infraction. On a donc dénaturé le texte sur des points qui sont essentiels. C'est pourquoi nous avons tendance à nous fâcher.

Qu’allez-vous faire maintenant? Lancer un référendum? Maintenir votre 2e initiative?

La question se pose si on doit lancer un référendum contre cette loi d’application ou si on doit la laisser entrer en vigueur. Car au fond, elle a été diminuée dans son impact et trahit assez fortement la volonté des gens qui l'ont votée. Maintenant vaut-il mieux laisser entrer en vigueur une loi, pas très bonne mais qui est déjà un progrès puisqu’elle réintroduit quand même l’essentiel, soit les renvois, et travailler ensuite sur la seconde initiative? Ou alors lancer un référendum et se priver peut-être de ce progrès? C’est un choix tactique et ce sera à la matière grise du parti de se positionner. Le temps pour agir commence avec la publication de la loi. On a encore le temps de réfléchir.

Créé: 11.03.2015, 12h33

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