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Exposition Gagner à un concours de beauté, c’est une vie d’amour et de soins

La Lausannoise Stefania Bonatti a présenté hier «Flash Dance», une chatte bengal de 2 ans, au salon Animalia à Lausanne. Nous avons suivi sa préparation.

Le chiffre

5000

En francs, c’est le prix que peut atteindre un chat bengal destiné à la reproduction.

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«Oh, je suis déçue! Enfin, non, je suis contente. Mais je suis déçue pour ceux qui n’ont pas gagné!» Stefania Bonatti vient de remporter le titre de championne femelle de la race avec «Flash Dance», une chatte bengal brown spotted tabby, âgée de 2 ans.

La scène se déroulait hier après-midi dans la halle 36 de Beaulieu à Lausanne, lors du 18e salon de l’animal de compagnie, Animalia. Elle est comme ça, cette femme énergique de 37 ans. Raide dingue de ses chats. Mais sa passion n’est pas aveugle, elle a l’œil entraîné de la compétitrice. Ainsi, lorsqu’elle gagne juste devant le bengal de deux de ses clients et amis, elle est déçue pour eux mais elle comprend le choix de la juge finlandaise Satu Hämäiläinen. «Elle a trouvé que leur chatte était encore un peu jeune et que le développement des rosettes (ndlr: les taches du pelage) n’avait pas encore atteint sa pleine maturité.»

Il faut dire que «Flash Dance» et Stefania, c’est une histoire d’amour, de travail et de soins qui dure. Par le passé, elles ont en effet gagné le titre de championne internationale. La mère de «Flash», «Ember Dance», a remporté celui de championne internationale. C’est donc avec ces deux femelles que Stefania Bonatti et son mari, Philippe, ont constitué leur élevage à Lausanne, qu’ils ont appelé Glitterine, en référence au pelage des bengals, qui peut sembler marqué de poussière d’or, nommée glitter en anglais. Hier à Beaulieu, le fils de «Flash Dance», «Gringo», qui appartient désormais à un autre couple d’éleveurs, a aussi décroché un titre: celui de champion mâle de la race.

Pour les Bonatti, l’aventure bengal et le saut dans la compétition ont commencé voici quatre ans. «Un de nos chats est mort et on voulait en acheter un autre. Alors nous sommes partis en France voisine et on est tombé sur «Ember Dance». On s’est pris au jeu de la génétique, on voulait améliorer la race. Et pour faire connaître notre travail et notre passion, le meilleur moyen, c’est de participer à des concours.»

Et préparer un bengal pour la compétition, c’est en effet une question de génétique avant tout. «Ils ont un poil court et naturellement plus doux que la moyenne. Ce qui ne demande pas beaucoup d’entretien, tout juste quelques caresses pour qu’il soit bien lisse avant de passer devant le juge.» Avant un concours, il y a juste le limage des griffes. Le gros du travail se fait donc plutôt en amont. «Le bengal a du caractère, il parle beaucoup, il est très athlétique. Si on ne s’en occupe pas, il peut vite revenir à l’état sauvage.»

Alors pour éviter de présenter un fauve incontrôlable aux juges, le couple Bonatti «sociabilise» ses chats. En clair, «nous les portons beaucoup, nous les habituons à voir du monde. Et pour y parvenir, chacun a créé une relation privilégiée avec son chat: «Philippe est plus proche d’«Ember», moi de «Flash». C’est mon bébé, ma fille.»

Ce travail qui s’inscrit sur la durée, Stefania le protège. «Il faut dire que ce sont des chats de valeur. Leur prix varie de 1500 à 2500 francs pour ceux de compagnie et jusqu’à 5000 francs pour ceux destinés à la reproduction.» Donc, il y a certaines règles de sécurité à respecter. «On ne révèle pas notre adresse, on ne la publie ni sur notre site internet, ni sur notre blog.»

Une vigilance que le couple met en œuvre jusque dans les concours. «En France, par exemple, on pose un cadenas aux grilles d’exposition. Il arrive aussi que d’autres participants essaient d’empoisonner les chats. Juste pour les faire vomir devant le juge et que le passage soit raté.»

Stefania explique aussi que les concours n’acceptent généralement plus les désistements par téléphone. «Parce que c’est arrivé qu’un concurrent appelle pour désinscrire le chat d’un rival. Il y a de vrais cinglés qui sont prêts à tout parce qu’ils veulent faire gagner leur animal qu’ils ont payé une fortune.» Hier à Beaulieu, l’ambiance semblait plutôt familiale. N’empêche, même «entre amis», il y a toujours un regard qui traîne sur le tigré d’une queue, le dessin d’un museau ou le foncé d’une rosette.

Même si ses chats sont exemplaires de beauté pour la race et habitués aux concours, Stefania est nerveuse, comme a chaque compétition. Une nervosité qui peut se transmettre aux chats. Si la plupart dorment entre leurs prestations, d’autres ravagent carrément leur cage. Petit truc du couple pour apaiser leurs chats: les porter juste avant leur passage et ne pas les faire attendre dans une cage près des juges. «Et s’ils deviennent vraiment trop nerveux, on leur donne des granulés homéopathiques.»

La seule vraie angoisse de Stefania durant ces compétitions: la promiscuité. «Elle génère la transmission des maladies car les visiteurs passent de chat en chat et les touchent.» Seule solution: la désinfection. «On passe la cage au gel avant d’y installer le chat et on se frotte les mains avec la même solution stérilisante lorsqu’on doit toucher un autre animal.» Mais ce n’est pas tout. «Nous mettons un film de plastique du côté de la cage exposée au public pour éviter tout contact avec les visiteurs.» Stefania n’hésite d’ailleurs pas à remettre à l’ordre ses clients qui posent leur chat par terre en attendant le jugement: «C’est sale et ce n’est pas mieux que les laisser se faire caresser.»

Gagner des concours ne tombe pas du ciel. C’est l’aboutissement d’un style de vie éducatif mené avec son chat. Et puis surtout, comme le disait l’auteure française Colette: «Le temps passé avec un chat n’est jamais perdu.» (Le Matin)

Créé: 21.10.2012, 14h08

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