Jeudi 27 juin 2019 | Dernière mise à jour 14:10

Soins Ouf, la buse recouverte de peinture reprend ses couleurs

L’oiseau de proie est en convalescence au Centre de réadaptation des rapaces de Bardonnex (GE).

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Les photos parlent d’elles-mêmes. La grande a été prise il y a dix jours au Centre de réadaptation des rapaces. La petite, à gauche, a été prise en juin. Ludovic Bourqui, patron des lieux, venait de récupérer cette buse recouverte de peinture par des idiots. «Elle aurait pu mourir. Aujourd’hui, elle semble tirée d’affaire», confie le Genevois.

Ce passionné d’animaux se souvient très bien de sa première rencontre avec ce rapace, en juin. «Le propriétaire d’un terrain agricole me contacte et dit avoir trouvé un oiseau blessé dans un champ.» Sur place, c’est le choc. «La buse avait été peinte. Je n’avais jamais vu ça de ma vie», raconte Ludovic Bourqui.

L’oiseau a la queue et la tête bleues. Son cou et le devant de son aile sont rouges. Le dos est gris anthracite. «Ils devaient être au moins trois pour faire ce coup. Deux pour tenir la buse, le troisième pour la sprayer.» Ludovic Bourqui craint le pire. «On ne savait pas si le rapace s’était empoisonné en voulant se nettoyer ni depuis combien de temps il se trouvait là», explique-t-il.

Les tests pratiqués par le vétérinaire excluent tout empoisonnement. La buse est conduite au Centre pour être soignée. «Ses plumes étaient collées et déformées par la peinture. La prise au vent n’était plus la même», précise Ludovic Bourqui. L’oiseau est placé dans une volière de 3 m sur 7, protégée de la pluie. «Il fallait éviter que la peinture ne coule sur son bec.»

«La peinture ne partait pas»

Ludovic Bourqui tente de nettoyer le rapace avec un produit spécial. Il n’y parvient pas. «La peinture ne partait pas, je risquais de casser les plumes.» Seule solution: attendre que l’oiseau mue, c’est-à-dire qu’il perde ses plumes et en retrouve d’autres.

Les bénévoles du centre* sont aux petits soins pour la buse. Une fois par jour, elle reçoit des petits rats, des souris, des poussins ou des cous de dinde. Enfin, elle reçoit surtout des poussins, qui ne coûtent que 8 centimes pièce, et des cous de dinde, fournis gratuitement par des commerçants de la région. Les petits rats – entre 3 francs et 5 francs pièce – et les souris – 1 fr. 50 pièce – sont servis ponctuellement.

Bichonné, l’oiseau reprend du poids et commence à faire des petits vols. Il est transféré dans la grande volière de 50 m d’une valeur de 50 000 francs. Il y retrouve une dizaine d’autres rapaces perchés sur des arbres. «L’oiseau a encore plusieurs plumes colorées, mais il se porte mieux. On est sur la bonne voie», assure Ludovic Bourqui.

Sauf complication, la buse devrait être relâchée ce printemps. Pourquoi si tard? «Nous ne voulons pas nous séparer d’elle en hiver. Lorsqu’il fait froid, les buses se réfugient au bord de l’autoroute pour échapper à la neige. Là, elles se font souvent écraser par des véhicules.»

Le rapace va séjourner encore quelques mois à Bardonnex. Perché sur un arbre, il volera jusqu’à l’entrée de la volière pour manger les poussins et les cous de dinde déposés sur des troncs d’arbre. Le dimanche, il aura droit à un petit rat.

* Centre de réadaptation des rapaces de Bardonnex: www.crr-geneve.ch ou 079 203 47 39 (Le Matin)

Créé: 17.11.2013, 09h09

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