Mardi 22 août 2017 | Dernière mise à jour 02:37

Cinéma Dans l'espace, ça n'en finit plus de crier

«Alien: Covenant» renoue de manière frontale avec l’atmosphère angoissante du premier film sans pour autant l’égaler.


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Franchement, lorsqu’on voyage dans l’espace à la vitesse de la lumière, il faut être un peu crétin pour avoir envie de changer de trajectoire. Et ça, même si on capte un signal en forme de chanson de John Denver lancé depuis une planète inconnue. Las, les membres de l’équipage du Covenant, un vaisseau qui transporte vers une prétendue planète paradisiaque 2000 colons en hibernation, ne vont pas souvent au cinéma. Sinon, ils sauraient qu’il vaut mieux ne pas mettre le nez dans les endroits hostiles qu’aucun cartographe n’a pris la peine de recenser.

Perturbés par une tempête cosmique qui a endommagé leur imposant Covenant, ces braves gens se disent néanmoins que le hasard fait parfois bien les choses et qu’il y a bien des chances pour que la planète en question soit aussi confortable que celle, bien plus lointaine, vers laquelle ils voguaient jusque-là. À peine débarqués, les astronautes ne vont toutefois pas tarder à comprendre qu’un effroyable danger les menace…

Violent et nihiliste

Cinq ans après «Prometheus», préquelle alambiquée et pour tout dire souvent fumeuse, Ridley Scott réactive plus franchement la franchise dont le premier volet a fait de lui un maître du cinéma fantastique. Second épisode d’un prologue prévu en 3 épisodes, «Alien: Covenant» refait du xénomorphe (terme signifiant «forme étrangère») l’attraction majeure d’un récit violent et nihiliste. On retrouve certes ici une partie du folklore philosophico-new-age maniéré de «Prometheus» à travers la présence de Walter et David, deux androïdes campés de façon glaçante par Michael Fassbender, mais on ressent surtout l’envie furieuse de Ridley Scott de revenir aux fondamentaux. Toujours aussi efficace, le réalisateur de 79 ans multiplie les références à son chef-d’œuvre originel. Entre Eva Daniels, l’héroïne à l’allure de garçon manqué (bien interprétée par Katherine Waterston), les facehugger (créatures arachnéennes jaillissant d’œufs mystérieux et représentant les aliens au stade larvaire), les perforations de thorax et les courses folles, flippées dans les couloirs du vaisseau, les clins d’œil sont nombreux. Le spectacle, bien que fort prévisible, est tout ce qu’il y a de correct et les aliens survoltés qui défoncent à coups de boule des vitres blindés feraient presque passer ceux qui les ont précédés pour des toutous de compagnie un brin amorphe.

Sur les terres du blockbuster

Pourtant, il n’y a aucune chance que ce long-métrage-là fasse oublier un modèle original qui, trente-sept ans après sa sortie dans les salles obscures, demeure un monument de terreur pure, un cauchemar irrationnel aux ressorts diaboliques. En prenant de grands airs, en citant pêle-mêle Wagner et Lord Byron pour expliquer le pourquoi du comment, Ridley Scott prend ses distances avec la série B destroy pour mieux parader sur les terres du blockbuster. Il en résulte un produit de qualité inspiré par une œuvre d’art. Rien de moins, rien de plus. (Le Matin)

Créé: 10.05.2017, 15h05

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