Mardi 12 décembre 2017 | Dernière mise à jour 09:05

Cinéma Que vaut «Valérian et la cité des mille planètes»?

Signée Luc Besson, l'adaptation de l’univers créé par les bédéastes Christin et Mézières épate puis s'égare. Mais épate quand même. Sortie aujourd'hui.

Valérian fonce dans le mur. C'est quasi un extrait.
Vidéo: Youtube/Europacorp

Concours Valérian

Les gagnants «L'empire des mille planètes» et «L'ambassadeur des ombres», les deux BD qui ont inspiré le film de Luc Besson, sont :

Geoffroy Reguin à Vallorbe.

Josette Rime à La Tour de Trême.

Nick Johnson à Gilly.

Peggy Turoglu à Annemasse.

Pierre Meyrat à Genève.

Nos félicitations et merci pour votre participation.

Une question de vie ou de mort?

Le budget de «Valérian et la cité des mille planètes» est estimé à 190 millions d'euros. Il s'agit de la plus grosse somme pour un film tourné en France. Une montant énorme à l'échelle européenne et un risque qui ne l'est pas moins pour Luc Besson à la tête d'Europacorp, mini empire parisien qui ambitionne d'être au Vieux Continent ce que les studios hollywoodiens sont aux Etats-Unis.

Dans un contexte où Europacorp a annoncé dernièrement une perte historique de 119 millions d'euros, après une série de flops au box-office américain, comme «Ma vie de chat», «Oppression», «Miss Sloane» et «The Circle» et une aventure hasardeuse dans la distribution, tous les observateurs ont désormais les yeux fixés sur les compteurs de la nouvelle folie du producteur qui sort le 21 juillet aux USA et le 26 en nos terres. Pour beaucoup, le succès ou l'insuccès du divertissement déterminera l'avenir du système Besson. Une question de vie ou de mort en quelque sorte.

Mais pour Luc Besson, entendu sur les ondes de RTL, «le risque financier n'est pas énorme, le risque est surtout en termes de réputation». Le film est en effet couvert à 95% grâce aux préventes déjà effectuées à l'étranger, précise le cinéaste, mais «si le film ne marche pas ou ne plaît pas, quand on va retourner voir (les investisseurs) avec une autre idée, ils vont nous dire 'ça suffit'».

Aux Etats-Unis, d'où sont venus les premiers échos critiques, la plupart des avis exprimés louent l'inventivité visuelle «so continental» du film, émettent des réserves sur le charisme du couple Dane – Valérian – DeHaan et de Cara – Laureline – Delevingne (Valérian, n'a pas le physique d'un «Avenger», c'est clair) et soulignent la faiblesse du «plot».

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Il y a très longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine – non pas celle imaginée par George Lucas mais celle conçue par le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières – voici Point Central, une station spatiale unique en son genre. Née en orbite terrestre, cette dernière a grossi par ajout de modules d’abords d’origine humaine et très vite rejoints par des éléments extraterrestres pour former une cité multiculturelle dérivant dans l’espace infini.

Le savoir faire de Luc Besson, cinéaste et producteur qui concrétise ici avec «Valérian et la cité des mille planètes» un vieux rêve, éclate dès les premières secondes de projection de la plus grosse production de science-fiction jamais tournée en France: bercée par le magnifique «Space Oddity» de David Bowie, Point Central naît et se développe dans un époustouflant enchaînement de séquences qui promet un festin visuel. Nous voilà immédiatement conquis.

Le rêve se poursuit sur une planète estivale sur laquelle vit en harmonie une peuplade humanoïde, éleveurs de petites créatures capable de dupliquer en quantité ce qu’elles ingèrent.

Et comme il faut bien que l’histoire commence, soudain, c’est le drame: une gigantesque bataille spatiale à proximité de la planète paradisiaque provoque sa destruction. Une élue envoie dans son agonie un signal mental que l’agent Valérian (Dane DeHaan), sans doute dans un autre espace-temps, capte sans le comprendre avant de repartir, accompagnée de sa partenaire-compagne, la déterminée Laureline (Cara Delevingne), pour une nouvelle mission mandatée par son employeur terrien.

Il faut chérir le préambule que nous a concocté Besson et son équipe, et sans doute aussi la première mission de Valérian et Laureline sur une planète commerçante. Car la suite est moins reluisante.

La bande-annonce de «Valérian et la cité des mille planètes»

De l’intrigue des BD «L’empire des mille planètes» et de «L’ambassadeur des ombres», Besson, qui signe aussi le scénario, ne retient presque rien et c’est sans doute tant mieux. Mais il pioche de nombreux éléments clés, surtout tirés du second album. La naissance de Point Central, on l’a vu, et la création du melting pot spatial, le petit animal transmuteur, les trois Shingouz, sorte de fourmiliers ailés experts dans l’art de monnayer leurs informations, les Suffus, créatures capables de changer d’apparence ou d’allure à volonté (Rihanna, dans le film, en est un, ce qui nous donne droit un époustouflant numéro de pole dance), le Zuur, méduse télépathe…

Autant d’éléments amalgamés dans une histoire maison dans laquelle un général pas net (Clive Owen) est au cœur du problème. Il y a ajoute un peu de sa sauce personnelle avec des caméos improbables (Alain Chabat en pirate poivrot, Ethan Hawke en maquereau, Herbie Hancock en ministre de la défense), une manière de cadrer qui porte sa marque (une symétrie des plans toute bessonienne ) et un petit côté pince sans rire qui reste toujours aussi sympathique.

Luc Besson échoue cependant à construire son intrigue, cette dernière étant torpillée par des dialogues au ras des pâquerettes et noyée sous des effets numériques devenus envahissants, faute de propos à soutenir. Pire, il la contrarie avec des péripéties qui au lieu de la faire progresser la ralentissent. Valérian est en difficulté, Laureline part à sa rescousse. Laureline est en danger, au tour de Valérian… Et pas grand chose de consistant pour nourrir la trame principale dans ces digressions. De plus, plus le film avance, plus il devient lourdement explicatif. L’inventivité du début s’estompe. Tout devient statique, les dialogues semblent encore plus plats. On ne demandait pourtant ni du Shakespeare ni du Audiard.

On saluera malgré tout le fait que le final ne se résume pas en un interminable combat des bons contres les méchants, pour s'orienter vers un «chacun à ses raisons» plutôt fidèle à l'esprit de la bande-dessinée

Arrivé au générique, il n'en faut pas moins faire un effort pour se souvenir qu’au début, «Valérian» c'était drôlement bien. (Le Matin)

Créé: 19.07.2017, 15h29

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