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Présentation Le Musée de l'Art Brut dévoile sa nouvelle exposition

La nouvelle exposition du musée lausannois présente jusqu'au 2 novembre sept créateurs venus des horizons les plus différents mais qui réussissent tous à séduire ou intriguer avec des œuvres hors du commun.

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«L'Art brut ne se rattache pas à un continent. Il est possible d'en trouver partout», a souligné jeudi devant la presse Sarah Lombardi, directrice de la Collection de l'Art brut en présentant la nouvelle exposition «L'Art brut dans le monde».

Inde, Bénin, Bali, Brésil, Sicile, Grand nord Arctique, Allemagne, les sept auteurs ont été découverts ou leur trace a été retrouvée par Lucienne Peiry. Directrice de la recherche et des relations internationales, elle termine ainsi un parcours de 32 ans «pour et avec» le musée lausannois.

Clôture en feu d'artifice

«Je suis merveilleusement heureuse de clore cette aventure avec cette exposition», affirme Lucienne Peiry. Cet art m'a tellement troublé et nourri. En trois décennies, l'intérêt pour ces productions s'est énormément développé et aujourd'hui s'ouvrent de nombreux lieux consacrés à l'Art brut. Il est important que le musée puisse s'enrichir de nouvelles oeuvres glanées sur la planète, juge-t-elle.

«Clou de l'exposition», l'Allemand Gustav Mesmer est «le Léonard de Vinci ou l'Icare de l'Art brut». Enfermé 35 ans dans un asile jusqu'en 1964, avant de passer à l'hospice, il était obsédé par l'idée de voler, mais n'aura finalement décollé que de la largeur d'une paume de la main.

Se départir de sa pesanteur

Ce n'est pas grave, selon Lucienne Peiry. L'essentiel, comme souvent pour les créateurs d'Art brut, c'est que Gustav Mesmer n'ait jamais abandonné son rêve, son utopie. Il a conçu et bricolé des dizaines de machines à voler pour «se départir de sa pesanteur, de sa condition humaine et s'échapper de sa prison».

Autre figure frappante, la Balinaise de 80 ans Ni Tanjung vit grabataire dans une toute petite pièce plongée dans l'obscurité. Face à «l'épaisseur de la solitude», elle «enchante ses nuits» en dessinant des milliers de visages multicolores qu'elle regroupe en des sortes «d'expositions éphémères ou de théâtres délirants».

Richesse diverse

A l'autre bout du monde, Lucienne Peiry a découvert dans un musée de Copenhague des «figures monstrueuses» dues à l'Inuit Anarqâq. Rencontré vers 1920 par l'explorateur et ethnologue danois Knud Rasmussen, l'homme initié au chamanisme dessine ses visions de manière extrêmement expressive.

Démonstration de la richesse et de l'universalité de l'Art brut, l'exposition emmène aussi l'amateur au Bénin découvrir un réparateur de machines à coudre Ezekiel Messou, ou à Pune (Inde) rencontrer Kashinath Chawan, cireur de chaussures et dessinateur de divinités. L'étonnement et la poésie semblent pouvoir surgir de partout, sur un trottoir ou dans de minuscules chambres de quasi reclus.

Art intense

Un des autres créateurs majeurs de l'exposition vient de Sicile. Giovanni Bosco peint sur le verso de cartons à pizzas des corps ou des parties de corps. Mieux, sa trace peut être suivie dans sa ville de Castellammare del Golfo grâce à ses peintures à l'huile sur les murs des maisons.

L'Art brut n'est pas cauchemardesque comme certains le répètent. Il peut être «espiègle», il est surtout «intense», relève Lucienne Peiry. Elle compte bien continuer à s'occuper de ces «magnifiques créateurs», dorénavant comme «messagère» plutôt qu'en tant que directrice. (ats/nxp)

Créé: 05.06.2014, 15h15

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