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Souvenirs Bernard Pichon: «Le public idéalise mes émissions»

Bingo! L'ex-animateur star de la TSR publie un livre captivant où il se raconte, à travers diverses rencontres faites au cours de sa carrière de journaliste et d’animateur.

(Image: DR/LMS)

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Bernard Pichon, une valise de souvenirs, zapping, aux éditions 180 degrés.

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Le temps ne semble pas avoir prise sur Bernard Pichon. À 72 ans, l’ex-animateur vedette de la TSR semble plus sautillant et hyperactif que jamais. Quand l’homme ne parcourt pas le monde, pour les besoins de son site Internet, le Pichon Voyageur, il se pose quelques heures dans les studios de la Télévision romande, pour y enregistrer une poignée de numéros du jeu «Générations!» auquel il participe depuis 2012. Bernard Pichon trouve également le temps d’écrire.

Démonstration avec «Une valise de souvenirs», un livre dans lequel l’auteur a choisi de raconter sa longue carrière, à travers des rencontres marquantes. Celui à qui l’on doit, notamment, «Les oiseaux de nuit», «Blanche et Gaspard», «Dodu Dodo», «Jardins divers», «La ligne de cœur» ou «Salut les p’tits loups» s’y livre avec force anecdotes. L’occasion de découvrir Dalida, Barbara, Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Claude François, Charles Aznavour et tant d’autres, côté coulisses. Tout ça subtilement relevé à l’humour savoureux et piquant de ce coquin de Pichon.

Le Drucker suisse romand raconte enfin les coulisses croustillantes de sa carrière

Pour être honnête, c’est la maison d’édition qui m’a proposé de me lancer dans cet exercice. Avouez que j’aurais eu mauvaise grâce de refuser une chance pareille. Cela dit, si vous me comparez à Michel Drucker, c’est sans doute à cause de mon style d’animation un peu lisse? (Il rit.) Je me sens plus proche d’un Laurent Ruquier, à dire vrai. Même si je me sens incapable d’avoir la fulgurance de ses traits d’esprit. Cela me rend toujours admiratif.

Dans votre livre, Jacques Brel, que vous n'avez jamais rencontré, semble continuer à vous captiver.

Oui, sa philosophie de la vie m’interroge: «Il nous a fallu bien du talent pour être vieux sans être adultes», dit-il dans «La chanson des vieux amants». Cela donne à réfléchir, n’est-ce pas?

Vous livrez des anecdotes cocasses, comme ce jour où Juliette Gréco vous a demandé... d'imiter un rugissement de fauve.

J’étais chez elle, à Paris. Comme les techniciens de la Télévision tessinoise qui m’accompagnaient tardaient à installer leur matériel, Juliette Gréco m’a proposé de l’appeler en rugissant, lorsque le tournage serait prêt. Ce que j’ai fait. «Vous avez bien rugi», m’a-t-elle dit, en levant le pouce. (Il rit.)

Vous racontez également comment le décès de Claude François vous a sorti d'un mauvais pas...

Guy Béart était mon invité, le 11 mars 1978. Avant l’émission, il m’avait fait une scène en apprenant que Catherine Lara, avec qui il ne s’entendait pas, participait à l’émission. Mais, bouleversé en apprenant la mort soudaine de Claude François, Béart est revenu à de meilleurs sentiments. Je dois donc une fière chandelle à Cloclo.

Pour les Romands, vous restez le présentateur des «Oiseaux de nuit», ce talk-show culte diffusé sur la TSR, durant les années 1970.

C’est parce qu’il n’y avait que très peu de chaînes télé à disposition. Et je crois que, les années passant, les téléspectateurs ont fini par idéaliser cette émission. Elle est certainement plus belle dans leur mémoire qu’en réalité.

Même Johnny regardait «Les oiseaux de nuit»!

Oui, il était en vacances en Suisse. Quelle n’a pas été ma surprise de le voir débarquer aux studios de la TSR, après l’émission. Il était venu rejoindre un de mes invités, un de ses amis. Impensable aujourd’hui!

La télévision a bien changé, depuis cette époque.

En effet, je me demande si la moindre de mes émissions aurait pu voir le jour, aujourd’hui. À l’époque, la direction de la TSR acceptait simplement tout ce que je proposais. (Il rit.) Mais, de nos jours, un concept n’est mis à l’antenne que s’il a déjà fait ses preuves à l’étranger…

Même si vous l'évoquez avec humour, on sent que le temps qui passe vous interpelle plus que vous ne voulez l'avouer.

C’est un vrai problème, le temps. Je dois vous avouer trouver surréaliste le décalage qui existe entre l’âge qui figure sur mon passeport et les 40 ans que j’ai l’impression d’avoir réellement. Je m’en suis rendu compte l’autre jour lorsqu’un enfant s’est levé dans le bus pour me céder sa place! (Il rit.)

C'est donc un vrai souci?

Pas tant que ça. Je vois des avantages dans le fait de vieillir. Et même dans celui de mourir.

Quel avantage?

Celui de pouvoir déposer sa valise et éteindre la lumière… Et puis, franchement, l’avenir de ce monde ne me paraît guère réjouissant. Je pense avoir eu la chance de vivre dans une fenêtre temporelle privilégiée. (Le Matin)

Créé: 01.05.2017, 13h56

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