Vendredi 19 avril 2019 | Dernière mise à jour 12:08

TV «Leaving Neverland» est bouleversant mais incomplet

Ce soir sur M6, deux hommes témoignent, dans le détail, les abus que Michael Jackson leur aurait fait subir. On vous donne notre avis sur le documentaire.

«Leaving Neverland» montre une face cachée de Michael Jackson.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Bambi est pur et innocent. Presque intouchable. Comment une star surnommée ainsi aurait pu commettre de telles atrocités? Et pourtant... «Il était l'une des personnes les plus gentilles, douces et aimantes que je connaissais. Il m'a énormément aidé avec ma carrière et ma créativité.... Et il a aussi abusé de moi sexuellement. Pendant sept ans.» Après trois minutes du documentaire «Leaving Neverland», ces mots choquent. Ils sortent de la bouche de Wade Robson, 36 ans, aujourd'hui chorégraphe et présentateur télé en Australie.

Deux témoignages poignants

C'est chez lui, à Brisbane, grâce à sa victoire lors d'un concours de danse alors qu'il n'avait que 5 ans, que Wade Robson rencontre Michael Jackson. Invité plus tard pour un séjour tous frais payés avec sa famille à Neverland, en Californie, il passe des journées magiques à jouer dans le parc d'attractions de ce ranch. Mais lorsque la nuit tombe, le pire se passe dans une des nombreuses antichambres où l'artiste s'enferme avec des gamins.

Un témoignage presque similaire est raconté par James Safechuck, 41 ans. Alors qu'il n'a que 9 ans, ce petit garçon tourne avec le roi de la pop une publicité pour Pepsi. L'interprète de «Bad» finit par séduire la famille et promet d'aider sa carrière. Encore une fois, direction le ranch où il dit avoir été agressé sexuellement à plusieurs reprises. «Attouchements, masturbation», et même «fellations».

La faute aux parents?

Les mots sont durs. La musique tragique. Michael est dépeint comme un véritable prédateur pendant quatre heures (ce soir sur M6, le film ne fera que trois heures afin d'inclure des pages de publicité). L'un des moments les plus horribles se déroule lorsque Wade Robson avait 14 ans. Cette fois, au lieu de se livrer uniquement à des rapports sexuels oraux, il tente la sodomie avec le mineur. Le lendemain, Robson se souvient que Jackson l'avait ramené dans son studio de danse et lui avait ordonné de jeter ses sous-vêtements. Il y avait des taches de sang. Il ne voulait pas que la mère de l'enfant les voie.

Après ses détails, on se demande comment les parents n'ont absolument rien vu? Ils étaient peut-être totalement aveuglés par la vie de luxe qu'ils menaient? Billets d'avion en première classe, les plus belles suites dans des hôtels, les géniteurs de James Safechuck ont même reçu une nouvelle maison de la part de l'artiste. Cette amabilité suffit pour n’éveiller aucun soupçon? C'est ce que la famille des deux hommes essaie de faire croire durant leurs témoignages.

Peur d'être considéré comme homosexuel

Le film met aussi en lumière la manière dont vivent les victimes avec ce traumatisme. Elles expliquent que l'une des raisons pour lesquelles Michael Jackson a pu les empêcher d'admettre qu'elles avaient été agressées était la crainte qu'elles ne soient considérées comme homosexuelles. Ces enfants ont tous été maltraités bien avant le mariage pour tous et à une époque où la thérapie de conversion était très courante.

Le déclic arrive finalement lorsqu'ils deviennent père. Ils comprennent à quel point les enfants sont vulnérables et à quel point la première obligation d'un parent est de les protéger.

Où sont les défenseurs de Bambi?

Même s'il s'agit d'un très bon documentaire, «Leaving Neverland» ne montre malheureusement qu'un point de vue de l'histoire. A aucun moment, le réalisateur Dan Reed décide de donner la parole aux défenseurs du chanteur. Il ne fait que brièvement mention du procès de Robson et n'évoque jamais celui de Safechuck. Malgré cela, le vécu de ces deux hommes est beaucoup trop passionnant pour être ignoré.

Le film en deux parties n'a d'ailleurs absolument pas plu à la famille Jackson. Les héritiers défendaient encore avec vigueur en déposant en février une poursuite de 100 millions de dollars contre HBO, qui contreviendrait en présentant le film à un contrat datant de 1992 dans lequel le diffuseur s'engageait à ne pas nuire à la réputation de l'artiste.

Un nouveau procès

«Ce n'est pas un film sur Michael Jackson. C'est un film sur Wade Robson et James Safechuck, les deux petits garçons à qui cette chose terrible est arrivée il y a longtemps», s'exclame le réalisateur. Et s'il voulait faire avancer les choses, c'est plutôt réussi. Selon «Le Figaro», un nouveau procès se tiendra au début de l'été prochain dans le cadre des accusations de pédophilie qui pèsent sur le chanteur. «Le jugement est attendu pour la fin de l'été, au plus tard cet automne», indique l'avocat californien Vince Finaldi.

Que l'on croit ou non à ces histoires, une chose est certaine, ce documentaire va marquer (et tacher) l'histoire du roi de la pop. Un deuxième serait déjà en pourparlers.

Leaving Neverland ce soir sur M6 à partir de 21 h (Le Matin)

Créé: 21.03.2019, 15h16

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.