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Humour «Les gros cons» fêtent leur 20 ans vendredi à Montreux

Le Swiss Web Program Festival organise la première soirée dédiée aux «Gros Cons», capsule d’humour créée par des Suisses qui était diffusée sur Canal+ en 1994.

Les gros cons: le boulanger
Vidéo: DR

(Video: L'infirmier)

(Video: L'habitant de la cité)

(Video: Le supporter de foot)

(Video: Le néonazi)

(Video: Le hardeur)

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Oui, il y a vingt ans déjà que Laurent Deshusses et Jean-Alexandre Blanchet prenaient un peu moins d’une minute trente à caricaturer un infirmier cynique, un garagiste malhonnête ou un supporter de foot pas très malin. Aujourd’hui, publiés par des fans sur les plates-formes de vidéos, la soixantaine de sketches totalise plus de 14 millions de vues!

En plus de l’anniversaire, c’est d’ailleurs pour cette nouvelle jeunesse (la 3e avec la sortie du DVD des «Gros Cons» en 2004, officiellement épuisé) sur la Toile que le Swiss Web Program Festival s’y intéresse. Courts, dynamiques, efficaces, les sketches sont des capsules d’humour Internet avant l’heure. «C’est très rapide, il y a quinze plans en trente secondes, alors que pour l’époque c’était quasi inimaginable, raconte Laurent Deshusses. C’est la conjoncture de l’écriture de Blanchet et moi et le montage d’Yves Matthey, une énergie entre potes qui riaient au même moment. Et surtout on n’avait aucun interdit.»

Antoine Decaunes les voulait

Le ton, évidemment, c’est ce qui fait tout le sel des «Gros Cons». Les personnages interprétés sont des fachos, des frustrés, des machos et leur langage n’a aucune limite ou presque. Le sketch qui comptabilise d’ailleurs le plus de vues sur YouTube (plus de 3 millions) est celle du boulanger, un artisan qui aime rappeler qu’il est «allergique à la farine et aux Noirs». «J’ai repris quasi mots pour mots ce que j’ai entendu à l’époque pour faire ce personnage, dit Deshusses. En caricaturant des gens, on faisait de la politique sans le savoir. Et le fait que le personnage se désignait lui-même comme un gros con et l’assumait excusait peut-être tout.»

En tout cas suffisamment pour que Canal+ diffuse une quarantaine d’épisodes. A l’époque, l’équipe des «Gros Cons» n’a même pas cherché à approcher la TSR – «qui n’aurait sans doute pas accepté», avance Deshusses. «Nulle Part ailleurs», qui proposait déjà «Les Deschiens», était une évidence. «Mais nous n’avions pas de modèle. Au départ, c’était un truc à l’interne pour expurger toutes nos conneries. On l’a envoyé à Antoine Decaunes et c’est exactement ce qu’il recherchait», se souvient le Genevois, qui aime rappeler qu’ils sont les seuls Suisses à avoir vendu un produit à Canal+ et un à TF1 («L’Ours Maturin et la Famille Wallace», diffusé dans «Coucou c’est nous!»)

Vingt ans plus tard, pourrait-on imaginer ce ton humoristique à la TV? «Aucune chaîne n’accepterait! Paradoxalement, dans le monde d’aujourd’hui, on peut davantage s’exprimer mais on est plus muselé», affirme le comédien qui voit pourtant, en Suisse, «120 secondes» et «Les Valaisans dans l’espace» et, en France, «Bref» comme des héritiers des «Gros Cons». Et Deshusses d’annoncer que, pour «Les vieux cons», «on va se laisser encore dix ans».

Demain, 20 h. Accréditation obligatoire.

(Le Matin)

Créé: 11.09.2014, 07h15

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