Mercredi 22 novembre 2017 | Dernière mise à jour 02:17

Aventure Le tour du monde sans argent

Il y a 6 mois, une jeune Vaudoise s’est lancé un défi: traverser le globe sans un sou en poche. Bilan des 7000 premiers kilomètres, entre Epalinges et l’île de la Dominique.

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«J’avais emporté quelques barres de céréales, au cas où. Mais elles sont toujours dans mon sac». Une maigre précaution, lorsque l’on ne sait pas de quoi sera fait son prochain repas. Mais Sarah Gysler n’est pas du genre angoissée: dans son sac de voyage, pas d’argent, pas d’itinéraire, ni même de téléphone portable. Elle nous raconte par Skype sur un ordinateur emprunté à sa famille d’accueil aux Caraïbes les premiers mois de son périple.

38 heures à attendre

L’ex-apprentie de commerce quitte le domicile familial d’Epalinges le 8 décembre 2016, à pied. «Traverser la France jusqu’à l’Espagne, c’était facile: la plupart des personnes qui m’ont prise en stop se sont montrées très enthousiastes en entendant mon projet, et ont facilement accepté de m’héberger.» La frontière passée, tout se complique. À San Sebastián, impossible de convaincre les passants de la loger pour la nuit: la jeune femme de 22 ans ne parle pas un mot d’espagnol. Aucun moyen non plus de rentrer discrètement dans un immeuble pour y squatter les combles: tout est fermé. «J’ai dû me réfugier dans un MacDo. Au moins il faisait chaud, et j’ai pu manger des restes qui traînaient sur les tables.» C’est là qu’elle rencontre finalement une jeune fille qui accepte de l’héberger.

Le calvaire n’est pas fini pour l’auto-stoppeuse, qui peine à atteindre le sud du pays. «Passer 38 heures dans une station-service en attendant de trouver un transport, et dormir dans un camion au milieu des routiers, j’avoue que cela m’a fait un peu peur.»

Finalement parvenue à Grenade, la chance sourit de nouveau à Sarah: une famille d’Australiens en tour du monde accepte de la prendre en «bateau-stop» sur son voilier en échange d’aide à bord. De l’autre côté de l’Atlantique, la jeune femme entame ensuite le tour des Caraïbes sur un bateau appartenant à de jeunes Bretons. «L’argent n’était pas un problème, on se nourrissait surtout du poisson que l’on pêchait. Mais j’avoue que c’était un peu frustrant de ne pas pouvoir aller au bar avec eux le soir.»

Une petite exception

Pour l’«aventurière fauchée», comme elle se décrit, ce voyage est plus une quête qu’un challenge. «Je voulais renouer une relation saine avec l’argent, ne plus être dans l’anxiété de ne pas réussir à gagner ma vie. Et surtout me prouver qu’on peut survivre en comptant sur ses propres moyens et sur la bienveillance d’autrui.»

Mission accomplie avec zéro dépense en 5 mois, à l’exception d’un petit ordinateur d’occasion acquis pour 50 dollars — que sa mère lui a envoyés via Western Union —, «seulement pour le traitement de texte». Sarah commence à y écrire ses aventures depuis l’île de la Dominique, où elle a pu planter sa tente dans un jardin pour quelques semaines en échange d’heures de babysitting. (Le Matin)

Créé: 06.05.2017, 13h01

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