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Italie Beppe Grillo veut renégocier la dette italienne

Le leader du mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui a réuni 25,5% des suffrages lors des législatives en Italie, veut renégocier la dette de son pays, a-t-il indiqué à «Focus».

Beppe Grillo a comparé les obligations d'états avec des actions d'entreprises.

Beppe Grillo a comparé les obligations d'états avec des actions d'entreprises. Image: AFP

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Beppe Grillo, le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), premier parti d'Italie à la suite des législatives des 24 et 25 février, n'écarte plus l'hypothèse d'un soutien au gouvernement dans l'hebdomadaire «Focus». Il exige pour cela des modifications de la loi électorale notamment.

«Si le Parti démocrate de (Pier Luigi) Bersani et le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi proposent une modification immédiate de la loi électorale, reviennent sur le remboursement des dépenses électorales et fixent une limite de deux mandats pour les députés, nous soutiendrons naturellement un tel gouvernement, sans attendre», dit Beppe Grillo dans une interview publiée samedi par le journal allemand.

«Mais ils ne le feront pas. Ils se contentent de bluffer pour gagner du temps», ajoute l'ex-comique. «Si nous siégeons au parlement, nous abattrons l'ancien système, non pas parce que cela nous fait plaisir mais parce que ce système-là est pourri», explique-t-il.

Italie écrasée par la dette

Dans l'interview à «Focus», Beppe Grillo estime que l'Italie est «écrasée, non pas par l'euro, mais par notre endettement. Quand les intérêts atteignent 100 milliards d'euros par an, on est mort. Il n'y a pas d'alternative» à une renégociation de la dette, déclare-t-il.

Il affirme également que la situation est si précaire en Italie que «dans six mois (...) on ne pourra plus payer les retraites et les salaires du service public». Si la situation financière de l'Italie n'est pas modifiée, elle quittera l'euro, estime l'ancien comique.

Beppe Grillo dit s'attendre à de nouvelles élections parlementaires dans les six mois qui viennent. Et d'après lui, le M5S remportera la majorité lors de ces législatives. «Ce n'était qu'une répétition générale», explique-t-il à propos du scrutin des 24 et 25 février.

Vainqueur sans majorité

A l'issue de ces élections, l'alliance de centre gauche conduite par Pier Luigi Bersani a remporté la majorité absolue à la Chambre des députés, mais au Sénat, le bloc de droite de Berlusconi arrive en tête. Aucun bloc, cependant, ne dispose de la majorité à la chambre haute.

Beppe Grillo a fait savoir que son mouvement ne voterait la confiance à aucun gouvernement mais envisagerait de soutenir au coup par coup des textes de loi.

Dans un communiqué publié samedi, le chef de l'Etat italien, Giorgio Napolitano, a appelé les partis politiques au réalisme et les a invités à envisager de passer des accords entre eux. «Nous avons tous pour devoir la préservation de l'intérêt public et de l'image de notre pays dans le monde», a-t-il écrit.

Le président italien, dont le mandat prend fin en mai et dont le successeur devra être élu par le parlement, a exclu que le pays retourne aux urnes pour des législatives.

Gouvernement minoritaire

Vendredi, Pier Luigi Bersani a déclaré qu'il allait présenter un programme de gouvernement axé sur un nombre de points réduits, dont bon nombre figurent dans la plate-forme de Beppe Grillo. «Appelez-le comme vous voulez, gouvernement minoritaire, gouvernement à objectifs limités, cela m'est égal», ajoutait Bersani, dans «La Repubblica».

Modifier la loi électorale actuelle, qui complique la tâche de ceux qui aspirent à un gouvernement stable, est le souhait aussi bien du centre-droit que du centre-gauche.

Actuellement, le parti ou bloc qui remporte le plus de voix au plan national obtient au moins 55% des sièges à la Chambre des députés. Mais au Sénat, l'attribution des sièges est décidée par des décomptes au plan régional, ce qui signifie qu'un parti ou un bloc qui a la majorité à la chambre basse peut ne pas l'avoir au Sénat, comme c'est le cas actuellement.

(ats/nxp)

Créé: 02.03.2013, 15h51

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