Mercredi 22 mai 2019 | Dernière mise à jour 08:37

Etats-Unis Boeing suspend les livraisons de Boeing 737 MAX

Après que plusieurs Etats eurent interdit à ce modèle d'avion qui s'est écrasé dimanche en Ethiopie sans explication, de voler, l'avionneur américain a décidé de ne plus les livrer.

Des Boeing 737 Max.

Des Boeing 737 Max. Image: Keystone

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Dans l'attente que les boîtes noires du Boeing 737 MAX d'Ethiopian Airlines dévoilent le scénario de l'accident, l'avionneur américain a annoncé jeudi la suspension des livraisons des avions actuellement en production.

Le «travail technique» --la lecture des cartes mémoires de ces fameux enregistreurs de vols-- débutera vendredi, selon un tweet du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), une agence française réputée pour son expertise dans les enquêtes délicates sur des accidents d'avion. Le BEA a été choisi par les autorités éthiopiennes, qui dirigent l'enquête sur cet accident qui a fait 157 morts dimanche.

«Nous suspendons la livraison des 737 MAX jusqu'à ce que nous trouvions une solution», a annoncé à l'AFP un porte-parole de Boeing, ajoutant que l'avionneur américain poursuivait en revanche leur production. Boeing n'était pas encore en mesure de dire où ces avions fraîchement sortis des chaînes d'assemblage allaient être stockés.

Avions cloués au sol

Le porte-parole a en outre écarté l'éventualité de réduire le rythme de production ou de fermer provisoirement des usines. Boeing produit actuellement 52 MAX par mois et il prévoyait avant cette crise d'augmenter la cadence de production à 57 exemplaires, éventuellement en juin.

L'agence américaine de l'aviation (FAA) a ordonné mercredi de clouer au sol «provisoirement» les Boeing 737 MAX 8 et 9 aux Etats-Unis dans le sillage de décisions similaires des autorités de sécurité aérienne dans le monde entier.

Washington a justifié ce choix par la collecte de «nouvelles données» satellitaires fournies par le Canada, montrant des similarités entre la tragédie d'Ethiopian Airlines et celle de Lion Air, en octobre, dans la trajectoire des avions qui se sont tous deux écrasés quelques minutes après le décollage.

Grande expertise

L'interdiction de vol «sera maintenue le temps de plus amples investigations, incluant l'examen des informations contenues» dans les boîtes noires de l'appareil d'Ethiopian, a indiqué la FAA. L'accident en Ethiopie est survenu moins de cinq mois après celui de la compagnie indonésienne Lion Air, en mer de Java, qui a tué 189 personnes.

Les boîtes noires du transporteur éthiopien sont arrivées dans les locaux du BEA, près de Paris, qui avait notamment mené l'accident du Rio-Paris survenu en 2009 et dont les boîtes noires avaient été repêchées dans l'Atlantique, près de deux ans après le drame. La première boîte noire contient les paramètres de vol, la seconde les conversations et alarmes du cockpit qui ont été enregistrées jusqu'à l'accident.

L'Ethiopie s'est tournée vers la France car elle ne dispose pas d'équipement nécessaire pour les examiner. Ces boîtes, équipant le MAX, sont comme l'avion qu'elles équipent, de nouvelle génération et demandent donc une grande expertise. Mercredi, le bureau d'enquête allemand s'était ainsi déclaré incompétent pour mener de telles investigations.

L'organisme américain chargé de la sécurité dans les transports (NTSB) a de son côté annoncé avoir dépêché trois enquêteurs en France pour participer aux travaux, une procédure habituelle puisqu'il s'agit d'un constructeur américain.

«Endommagés»

Le BEA participe à plusieurs centaines d'enquêtes par an, dont environ 200 en France, sur des accidents graves mais aussi de simples incidents ayant affecté la sécurité de passagers. Le BEA a précisé que les autorités éthiopiennes communiqueraient elles-mêmes «sur les progrès de l'enquête». Ethiopian Airlines a indiqué pour sa part que désormais «tout développement concernant (le vol) ET 302 serait publié sur son site Internet et sur les réseaux sociaux».

Pour l'heure, rien n'a filtré sur la possibilité d'exploiter pleinement ou non ces enregistreurs de vol alors que le responsable des autorités américaines Dan Elwell avait révélé mercredi qu'ils avaient été «endommagés» lors de leur impact avec le sol. Mais les boîtes noires étant conçues pour résister à des chocs extrêmes, «cela ne présage en rien de l'intégrité des données qu'elles contiennent», a souligné un ancien responsable du BEA. Et si les données étaient partiellement effacées, le BEA pourrait se tourner vers le fabricant de ces enregistreurs pour les reconstituer en tout ou partie.

Malgré la décision de clouer au sol la flotte d'avions flambant neufs, le PDG de Boeing Dennis Muilenburg avait renouvelé mercredi sa «confiance totale en la sécurité du 737 MAX», affirmant que la décision, à l'initiative du constructeur, avait pour finalité de rassurer le grand public.

Rassurer les passagers

L'interdiction de vol ne devrait pas perturber sérieusement le trafic aérien mondial: quelque 370 appareils de cette famille volent dans le monde aujourd'hui, sur environ 19'000 avions d'au moins 100 passagers en service au niveau international, tous modèles confondus, selon des données d'Airbus.

Néanmoins, «aucune compagnie ne dispose d'avions en stock. Et chaque avion est prévu dans un programme de vols» organisé longtemps à l'avance avec des équipages dédiés, explique Addison Schonland, expert du transport aérien. Tout changement dans leur exploitation est donc un casse-tête logistique.

L'enquête sur l'accident de Lion Air a pour le moment mis en cause un dysfonctionnement sur le système de stabilisation en vol destiné à éviter un décrochage de l'avion, le «MCAS» (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Plusieurs pilotes américains avaient eux-mêmes rapporté fin 2018, sur une base de données anonymes de la NASA, avoir été confrontés à un dysfonctionnement de ce dispositif. Ils ont toutefois réussi à éviter un accident car ils avaient été informés et entraînés à faire face à ce problème. (afp/nxp)

Créé: 14.03.2019, 22h03

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