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Votation Des entreprises songent à quitter la Suisse après le 9 février

Les résultats de la votation sur l'initiative «Contre l’immigration de masse» déstabilisent des entreprises internationales. Certaines auraient lancé des préparatifs en vue de déplacer leur siège.

L'inquiétude commence à sourdre dans certains cantons alémaniques, comme ici dans la zone industrielle de Zoug.

L'inquiétude commence à sourdre dans certains cantons alémaniques, comme ici dans la zone industrielle de Zoug. Image: Keystone

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Les unes de la presse suisse sur l'immigration

Les unes de la presse suisse sur l'immigration Tous les journaux du pays placent le oui des Suisses à l'initiative UDC sur l'immigration en première page. La presse romande évoque un fossé entre les deux Suisse.

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L'entreprise, active dans le secteur énergétique, emploie dans le monde 40'000 employés, dont une cinquantaine à son siège dans le canton de Zurich. La moitié sont des expatriés et désormais la nervosité est palpable dans les bureaux.

«Nous avons reçu l'instruction de préparer le déplacement du groupe vers l'Irlande», explique au Tages Anzeiger un expert financier qui travaille pour cette entreprise sur mandat d'une importante société conseil.

Le oui n'était pas prévu

Les heures supplémentaires s'accumulent chez la douzaine d'avocats d'affaires, de réviseurs comptables et autres fiscalistes. Tous doivent montrer comment l'entreprise peut quitter la Suisse sans impact sur son taux fiscal. Des travaux préparatoires qui coûtent des centaines de milliers de francs.

L'initiative UDC «Contre l’immigration de masse», et son résultat dans les urnes, a provoqué le déclic, ajoute ce conseiller. Les discussions avaient déjà commencé après le succès de l'initiative Minder contre les rémunérations abusives mais la direction n'avait pas donné suite.

Or, l'entreprise n'a pas prévu le oui du 9 février, provoquant la stupéfaction et l'incertitude envers l'avenir, poursuit le conseiller: «Les managers veulent pouvoir planifier et n'aiment pas ce flottement.»

Désarroi au sein des entreprises

D'autres sociétés ont démarré des études similaires. «Je m'attends à ce que les conseils d'administration prennent des décisions avant l'été», ajout-t-il. Si les exemples de délocalisations déclarées sont encore rares, les conséquences du 9 février commencent à se faire sentir.

Un groupe international voulait bâtir dans le canton de Zoug un nouveau centre de recherche et développement (R&D), mais il a suspendu son projet, a confirmé Matthias Michel, le directeur cantonal de l'économie à la NZZ am Sonntag. D'autres directeurs l'ont appelé pour faire part de leur désarroi et Matthias Michel s'attend à ce que d'autres entreprises gèlent leur projet d'installation ou d'expansion.

Dans le canton de Zurich, une entreprise active dans la technologie prévoyait de délocaliser son département logiciels vers l'Europe de l'Est, mais il manquait la décision finale. Qui a été prise après le 9 février, reconnaît un cadre.

Mettre fin à l'incertitude

Ces exemples ne sont que des cas isolés pour le moment. Le président de Swissmem, Hans Hess, affirme qu'à sa connaissance, aucune entreprise n'a décidé de délocaliser en réaction à l'initiative. Même constat chez Valentin Vogt, le président de l'Union patronale suisse.

Tous souhaitent en revanche que les politiques présentent des solutions, l'incertitude étant perçue comme un poison. Anastassios Frangulidis, chef économiste de la BCZ, confirme dans une étude que le flottement se répercute négativement sur les affaires. «Des entreprises vont remiser l'un ou l'autre projet.»

Les sociétés établies dans des cantons frontaliers font également état d'une grande nervosité car l'initiative complique la tâche de leurs employés étrangers pendulaires. Celles qui emploient de nombreux frontaliers redoutent un accroissement des coûts et de la bureaucratie lors du recrutement.

Créé: 17.02.2014, 11h33

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