Lundi 20 novembre 2017 | Dernière mise à jour 12:31

Baléares L'affluence record de touristes fatigue Majorque

Les insulaires étouffent, débordés par les milliers de vacanciers et par des prix du logement qui grimpent en flèche.

Une vague d'arrivées à l'aéroport de Palma de Majorque.

Une vague d'arrivées à l'aéroport de Palma de Majorque. Image: AFP

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«Tourist Go Home» (Touristes, rentrez chez vous): à Majorque, dans l'archipel espagnol des Baléares, l'affluence toujours plus grande de visiteurs attirés par le climat et la sécurité commence à faire grincer des dents. L'île et son million d'habitants prévoit d'accueillir cette année plus de 10 millions de vacanciers, un nouveau record.

La foule était déjà telle en juin qu'un couple de Français a trouvé l'accès d'une crique barré par la police. «On ne s'attendait pas à ça!» témoigne Mathilde Boudet, 32 ans.

Des graffitis peu accueillants ont fleuri au printemps dans les rues de Palma, la capitale: «Touristes dehors, bienvenue aux réfugiés», «Le tourisme tue la ville». Des messages que la mairie s'est empressée d'effacer, alors que 80% de l'économie de l'île dépend de cette activité.

Majorque reçoit depuis longtemps une foule d'Allemands et d'Anglais, venus profiter de la douceur de vivre méditerranéenne et de ses plages via des formules tout compris ou des vols à bas coût.

Surchauffe immobilière

Certains y restent. Les étrangers représentent 40% des acheteurs dans l'immobilier résidentiel, selon l'agence de luxe Engel & Völkers, dans le centre médiéval de Palma.

Les Scandinaves et, depuis peu, les Français figurent aussi parmi les acheteurs qui peuvent débourser des centaines de milliers d'euros pour un pied-à-terre.

Des prix inaccessibles pour la majorité des habitants, déplore Jacinta Galindo, présidente de l'association de voisins de l'ancien quartier de pêcheurs Santa Catalina, en admirant la façade ouvragée d'un immeuble tout juste restauré, vendu à des étrangers.

Ce quartier de maisons traditionnelles à deux étages et persiennes est à la mode depuis trois ans. On y trouve à vendre une maison de pêcheurs transformée en luxueux triplex, qui s'affiche à 577'500 euros (environ 630'000 fr.). Des boutiques vintage ou de location de «Vespa» remplacent peu à peu les magasins traditionnels.

Dans une rue piétonne, bars et restaurants branchés se succèdent. Leurs terrasses se remplissent de Scandinaves et d'Allemands venus dîner dès 20h, l'heure de l'apéritif pour les Espagnols.

Taux de remplissage de 90%

Les commerçants et hôteliers de l'île ne se plaignent pas, avec un taux de remplissage de plus de 90% en haute saison.

Mais certains riverains craignent, à terme, d'être chassés de chez eux: dans ce quartier un trois pièces se loue 700 euros (765 fr.), quand le salaire moyen d'un serveur local est de 1100 à 1200 euros (1200 à 1300 fr.). De là à souhaiter le départ des touristes, Jacinta Galindo affirme que non, assurant que les graffitis n'«ont été qu'un cas isolé».

A côté de là, les habitants du quartier entourant la cathédrale, la Seu, demandent que les arrivées de bateaux de croisière soient mieux étalées. Ces navires évitent désormais la Tunisie ou la Turquie pour cause d'attentats et déversent des milliers de touristes en quelques heures, raconte Luis Clar, le président de l'association des voisins.

«Il y a un pourcentage, pas encore très élevé mais qui existe, de gens remettant en cause les effets du tourisme», reconnaît Biel Barcelo, responsable de ce secteur au nouveau gouvernement régional, dirigé depuis 2015 par une plateforme de gauche citoyenne. Celui-ci impose depuis début juillet une taxe de séjour de 2 euros maximum par adulte séjournant dans l'archipel, contre 25 centimes auparavant. Elle devrait rapporter 60 millions d'euros par an (65,6 millions de francs), somme qui sera consacrée à des mesures de protection du patrimoine et de la nature de l'archipel.

Limiter l'offre touristique?

Pour les écologistes de l'association GOB, cette taxe est insuffisante. Ils craignent la pression sur les ressources naturelles, comme l'eau, et demandent une limitation des logements mis à disposition des touristes.

A Majorque, l'offre hôtelière atteint 230'000 lits, selon les professionnels du secteur. Mais c'est sans compter les locations chez les particuliers, favorisées par des sites internet tels qu'Airbnb. Ces plateformes contribuent à «l'impression de saturation, en hausse depuis deux ans», selon Margalida Ramis, porte-parole du GOB.

Majorque est en train de devenir «la petite fille de Barcelone», la deuxième ville espagnole, regrette la militante. Là-bas, l'engorgement y est tel que la maire de la capitale de la Catalogne, Ada Colau, a annoncé en 2015 le gel des attributions de licences hôtelières et des amendes pour ceux qui procèdent aux locations sauvages d'appartements.

(afp/nxp)

Créé: 05.07.2016, 12h30


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