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Crise de la dette La Grèce, en sursis, met la pression sur ses créanciers

La Grèce a averti mardi ses créanciers qu'elle risquait la faillite s'ils ne se mettaient pas rapidement d'accord pour lui verser une aide financière bloquée depuis des mois.

Image: AFP

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Cette déclaration a fait monter la pression après une réunion de la zone euro. Pour sa part, la France estime que la Grèce doit recevoir le soutien promis.

«Nous devons faire attention. Je comprends qu'on fasse pression pour que la Grèce mette en oeuvre les mesures demandées en échange de l'aide, mais maintenant le risque d'accident est très élevé», a mis en garde le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, devant les députés européens auxquels il est allé expliquer la situation dramatique dans laquelle est plongée son pays.

«Nous résistons de notre mieux, mais il y a des limites que nous ne pourrons pas franchir», a-t-il ajouté, craignant qu'un nouveau délai dans le déblocage de l'aide ne débouche sur une cessation de paiement.

Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé lundi soir de s'accorder huit jours de plus pour trouver un accord sur le déblocage d'une ligne de crédit. Ils se retrouveront mardi prochain à Bruxelles.

Soutien français

Le président français François Hollande a estimé mardi que la Grèce devait recevoir le soutien «promis» de l'Europe et du Fonds monétaire international (FMI).

«Le Parlement grec vient d'adopter un nouveau plan, dur, avec une réduction des déficits», a souligné le chef de l'Etat français, au cours d'une conférence de presse. «La Grèce attend de recevoir le soutien de l'Europe et du Fonds monétaire international, ce soutien qui lui a été promis», a-t-il ajouté.

«Je considère qu'au-delà encore de quelques mises au point de modalités techniques, ce soutien lui est dû, pour en terminer aussi avec ce qui a pu être un doute sur l'intégrité de la zone euro», a affirmé le chef de l'Etat français.

«La Grèce a fait l'effort qui lui a été demandé. La Grèce ne peut pas faire davantage que ce qui lui était exigé», a-t-il affirmé.

L'»équation» qui est posée désormais, selon le chef de l'Etat, c'est «comment accorder un délai à la Grèce sans que ça coûte quoi que ce soit aux Etats et sans que le FMI mette davantage d'argent». «Nous allons y travailler», a-t-il dit.

Pas de faillite immédiate

Dans l'immédiat, la Grèce est sauvée de la faillite. Elle a en effet levé mardi 4,062 milliards d'euros en titres à très court terme. Cela doit lui permettre de rembourser vendredi pour quelque cinq milliards de créances, une échéance un temps présentée comme potentiellement fatale.

Mais, au bord de l'asphyxie, elle ne tiendra pas longtemps sans financement extérieur. L'aide de ses créanciers comprend au total une tranche de 31,2 milliards d'euros, une autre de cinq milliards qui devait être versée au troisième trimestre et une dernière de 8,3 milliards d'euros pour le quatrième trimestre.

Trou à combler

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a jugé mardi «logique» de réfléchir à un versement simultané, soit 44,5 milliards d'euros, à condition toutefois qu'un mécanisme de contrôle soit mis en place pour s'assurer que le programme d'ajustement grec reste dans les clous.

Mais avant cela, les créanciers de la Grèce - Union européenne et Fonds monétaire international (FMI) - doivent s'entendre sur la façon de combler un trou de financement de 32,6 milliards d'euros et d'assurer la viabilité de la dette grecque, qui menace d'atteindre 190% en 2014. Un niveau insoutenable.

Sur ce dernier point, le chef de file de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker prône l'octroi de deux ans supplémentaires pour ramener la dette à 120% du PIB. Cet objectif devrait donc être atteint en 2022 au lieu de 2020, selon lui. Une position que ne partagent pas du tout le FMI et l'Allemagne, comme l'a indiqué mardi Wolfgang Schäuble.

Dans ce contexte tendu, le Premier ministre grec Antonis Samaras était mardi à Bruxelles pour presser les Européens de trouver une solution. Il a rencontré le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy après un entretien avec le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso. (ats/afp/nxp)

Créé: 13.11.2012, 22h41

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