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Nucléaire La Suisse face à un «Grounding» d'Alpiq

La situation du groupe énergétique laisse craindre le pire pour le parc nucléaire suisse. Les contribuables vont-il devoir sauver le groupe?

Qu'arrivera-t-il à la centrale de Gösgen si Alpiq fait faillite?

Qu'arrivera-t-il à la centrale de Gösgen si Alpiq fait faillite? Image: Keystone

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Les efforts et le lobbying d'Alpiq sont désormais connus. Le groupe va vendre jusqu'à 49% de son portefeuille d'installations hydroélectriques pour en redresser la rentabilité. Mais surtout, pour essayer de se sauver, le groupe énergétique suisse en appelle aux pouvoirs publics.

Les acteurs majeurs du secteur, à l'instar du zurichois Axpo, se trouvent confrontés à une énorme pression et à un défi considérable depuis des années, avec des tarifs de l'électricité en chute libre. Le prix du marché se monte à 2,8 centimes le kilowattheure, alors que le coût de production hydroélectrique atteint 6,5 centimes.

Incapable de lutter

Le nucléaire affronte le même problème avec des prix de 4,5 centimes pour la centrale de Gösgen (SO) et de 5,5 centimes pour celle de Leibstadt (AG). La Suisse doit-elle donc se préparer à un «grounding» d'Alpiq comparable à ce qu'elle a vécu avec Swissair, s'interroge le Blick?

La journal de boulevard tire à boulets rouges sur l'équipe dirigeante du groupe incapable de changer de stratégie alors que le subventionnement massif des énergies renouvelables depuis des années en Allemagne faisait chuter les prix. Ce qui n'a pas empêché ses dirigeants d'être toujours grassement payés, s'offusque le Blick.

Des Romands en première ligne

Rien ne dit donc que le lobbyisme massif d'Alpiq à tous les niveaux soit couronné de succès. Les politiciens n'ont guère envie de faire passer le contribuable à la caisse pour sauver un groupe privé, d'autant que cela ouvrirait la porte à des prétentions semblables des autres producteurs d'énergie.

Mais c'est bel et bien ce scénario qui risque d'arriver. Car si la Confédération refuse son soutien aux producteurs d'électricité, ce seront les actionnaires qui devront résoudre le problème.

Or les principaux actionnaires du groupe sont surtout des entreprises où les cantons sont fortement représentés. Et les Romands sont en première ligne puisque l'actionnaire majoritaire d'Alpiq est EOS, avec 31,44%. Et EOS est détenu par le Vaudois Romande Energie, les Services Industriels de Genève (SIG), le Fribourgeois Groupe E, la ville de Lausanne ou encore les Forces motrices valaisannes (FMV).

Un scénario de faillite d'Alpiq, dont le siège est à Lausanne, aurait également des conséquences tout aussi désagréables pour les contribuables. Car se poserait alors la question de l'entretien et de la sécurité des sites qui pourraient bien incomber aux pouvoirs publics.

Créé: 09.03.2016, 09h16

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