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Innovation La charité en un clic

Pour faciliter une aide humanitaire rapide et ciblée, sans passer par des ONG, quatre Romands lanceront en septembre l’application CharitApp. Rencontre.

Vidéo: charitapp.com

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A l’EPFL, Boris, Marion et Jules développent une application destinée à l’aide humanitaire. (Image: Jean-Guy Python)

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«Les Suisses sont généreux. Ce pays est une terre d’accueil, historiquement tourné vers l’aide. C’est inscrit dans ses gènes.» Boris Blum en est persuadé. Mais passer à l’acte n’est pas évident pour tout le monde. Le financement par le biais d’ONG peut parfois paraître abstrait. «Pour avoir envie de donner, nous avons besoin de savoir où va notre argent et quel impact il peut concrètement avoir sur une vie. L’objectif est donc de limiter les intermédiaires et de privilégier un échange direct.»

Pour ce faire, le Chaux-de-Fonnier, chimiste de formation, et trois amis étudiants en informatique à l’EPFL ont eu l’idée de lancer le site Internet CharitApp.com, un réseau social inspiré du crowdfunding (plate-forme en ligne de financement participatif) qui permettra de mettre en contact des personnes en quête d’un soutien financier et des internautes sensibles à leur cause, prêts à faire un geste, même modeste.

«Mais à la différence du crowdfunding, où beaucoup de gens vont contribuer ensemble à atteindre une certaine somme, sur CharitApp, une seule personne peut faire la différence et devenir le héros d’une histoire!» souligne Boris Blum.

L’humanitaire 2.0

A terme, le projet devrait aboutir sous forme d’application pour smartphone dotée d’une interface moderne. «Les gens se reconnaîtront dans cette approche, estime Jules Courtois, l’un des concepteurs. Les utilisateurs pourront y naviguer, un peu comme sur Tinder, découvrir des portraits, des histoires de vie, suivre celles qui les touchent, apporter leur aide et être témoins des résultats. On espère que cet aspect émotionnel aura plus d’impact sur l’envie d’aider!»

En pleine expansion, le crowdfunding, importé des Etats-Unis, a vu transiter en Suisse jusqu’à 27 millions de francs, rien que l’année dernière. Son adaptation à des fins humanitaires est un concept en émergence, dont CharitApp pourrait se targuer d’être parmi les pionnières. «Même si l’accès à Internet est en constante augmentation dans le monde (ndlr: 42% de la population mondiale) on espère pouvoir compter sur des ONG, sur place, pour créer des comptes aux noms de ceux qui n’y ont pas accès», indique Jules Courtois.

Quant aux avantages, les concepteurs ne manquent pas d’arguments. Le don direct permettra au donateur et au bénéficiaire d’investir dans le domaine qu’ils auront choisi (santé, vêtements, nourriture) sans laisser une tierce entité pour juge, d’injecter de l’argent dans des marchés locaux et de ne pas délaisser les minorités. «Dans certaines sociétés, les veuves sont exclues et n’ont droit à aucune aide», souligne Boris Blum. L’utilisateur pourra aussi soutenir des groupes et contribuer à des fonds destinés aux cas de crises sociales et environnementales.

Traque à la fraude

Les jeunes entrepreneurs sont conscients des risques d’abus et misent sur leurs contacts avec des organisations internationales pour mettre en place des stratégies humaines et technologiques aptes à garantir un suivi au cas par cas.

Pour financer son projet, la start-up surfera elle aussi sur la vague du crowdfunding, en lançant une campagne sur Kickstarter, la semaine prochaine.

Créé: 23.05.2016, 09h45

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