Samedi 18 août 2018 | Dernière mise à jour 11:48

Football Mondial: les maillots de la fortune

Une Coupe du monde, c’est l’assurance de doper les ventes des tuniques nationales. Un business qui ne rapporte pas toujours à ceux qu’on pense.

Une question demeure en suspens: les nouvelles tenues inspirées du Cervin seront-elles plus résistantes que les maillots de l’Euro 2016?

Une question demeure en suspens: les nouvelles tenues inspirées du Cervin seront-elles plus résistantes que les maillots de l’Euro 2016? Image: Le Matin/Maxime Schmid

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Echarpes, ballons, vêtements, la croix blanche sur fond rouge se retrouve partout dans les magasins. L’album Panini est terminé, rangé et déjà couvert de poussière. Pour les fans, il est l’heure de s’équiper. Envie de ressembler aux joueurs de Vladimir Petkovic? Pour la «vraie» réplique du maillot de la Nati, il faudra délier sa bourse. Mais combien coûte-t-il vraiment? Et surtout à qui va l’argent et combien?

D’un bout de tissu…

C’est encore et toujours en Asie que cela commence. D’un tissu rouge et blanc, une main-d’œuvre bon marché en fait un maillot. Pour un salaire de 80 centimes par pièce, selon une étude commandée en 2016 par une ONG, le collectif Éthique sur l’étiquette. Le fabricant ajoute sa marge et ses coûts, sans oublier le prix de la matière première. En quittant l’usine, le T-shirt vaut 6 fr. 60.

Emballés, empaquetés, les maillots sont prêts: destination l’Europe. Un voyage qui lui coûte à peine plus d’un franc, pour les taxes d’importation et le transport.

… au maillot d’or

Le container arrive chez l’équipementier. Impôts, marketing, sponsoring, coûts internes, sans oublier la marge commerciale, le prix du maillot est multiplié par sept. Pourtant la marque ne fait pas grand-chose, si ce n’est négocier un partenariat entre elle et une équipe de foot. Entre équipementiers, les enchères ont toutes le même but. «C’est généralement un contrat global, qui permet au sponsor d’«acheter» la visibilité qui lui est offerte par une équipe ou un club, via les ventes de vêtements, explique Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Éthique sur l’étiquette, mais aussi grâce à l’image des joueurs ou de l’équipe auprès du public.» Une visibilité qui s’avère bien opaque en réalité.

Zones d’ombre

Aux questions qui lui étaient posées, l’équipementier de la Nati, Puma, a botté en touche. Il indique que «malheureusement, il ne peut pas nous donner de détails sur son système de prix». Le maillot quitte donc la marque au félin plus cher, mais entouré de mystères.

C’est en Suisse qu’il atterrit, chez ses distributeurs. Là aussi, nous n’en saurons pas beaucoup plus, si ce n’est qu’ils se conforment la plupart au prix de vente conseillé. Pas possible non plus de savoir combien de maillots sont vendus lors des championnats d’Europe ou des Coupe du monde. Migros, par exemple, indique seulement que, sur le marché suisse, «c’est sans aucun doute le maillot de l’équipe nationale qui rencontre le plus de succès».

Et l’équipe?

Du juteux gâteau qu’est le maillot de foot suisse, tous les acteurs commerciaux se taillent une part.

Mais l’équipe en question, combien gagne-t-elle? Impossible de savoir exactement combien touche la Nati sur chaque textile vendu. Ni sur le sponsoring en général d’ailleurs. «Pour des questions de confidentialité et de respect du partenariat, l’Association suisse de football ne donne pas d’information concernant les contrats de sponsoring», indique Yannick Rappan, porte-parole. D’après plusieurs études, la dîme que perçoivent les équipes sur chaque tricot se situe cette entre 8 et 15% du prix de vente.

Alors entre fabricant, marque, distributeur et équipe nationale, avec le maillot, de qui est-on supporter?

(Le Matin)

Créé: 18.05.2018, 18h32

sentifi.com

Le_Martin_Web Sentifi Top themes and market attention on

Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.