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Banque Raiffeisen a été plombé par l'affaire Vincenz

Le groupe bancaire a invoqué des charges exceptionnelles qui ont pesé sur son résultat, en plus des réserves pour risques bancaires.

Raiffeisen doit encore digérer les remous de l'affaire Vincenz.

Raiffeisen doit encore digérer les remous de l'affaire Vincenz. Image: Keystone

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Raiffeisen a subi l'année dernière une importante baisse des bénéfices, en raison de charges exceptionnelles issues de l'ère de l'ex-patron Pierin Vincenz. Le groupe bancaire st-gallois a par contre profité d'une performance solide en matière d'activité avec la clientèle, notamment avec les dépôts et les prêts.

Le produit d'exploitation a reculé de 7% à 3,1 milliards de francs, alors que les charges ont baissé de 0,8% à près de 2 milliards pendant l'année écoulée, a détaillé vendredi le troisième groupe bancaire suisse dans un communiqué.

Source principale de revenus, le produit net des opérations d'intérêt a reculé de 0,9% à 2,2 milliards de francs, tandis que les recettes tirées des commissions et services ont reflué de 8,8% à 450,8 millions. Le produit des opérations de négoce a quant à lui abandonné 8,7% à 210,4 millions.

Le résultat d'exploitation a subi une chute de 36,9% à 699,1 millions de francs et le bénéfice net un plongeon de 41% à 540,8 millions. Le groupe a invoqué des charges exceptionnelles d'un total de 270 millions qui ont pesé sur le résultat du groupe, auxquels s'ajoutent 120 millions mis de côté pour renforcer les réserves pour risques bancaires.

Ces coûts extraordinaires sont notamment le résultat du passage en revue des participations accumulées sous l'ancien directeur général Pierin Vincenz. Fin janvier, le groupe bancaire avait annoncé devoir passer des correctifs de valeur de près de 300 millions de francs sur ces participations.

Malgré cette contre-performance, l'activité avec la clientèle est restée solide. Les prêts ont augmenté de 4% à 187,7 milliards de francs, dont la majeure partie - 179,6 milliards ( 4%) - sont des hypothèques. L'épargne a progressé de 1% à 165,7 milliards et les afflux nets de liquidités ont atteint 6,3 milliards, après 4,5 milliards en 2017.

Contexte «difficile»

A l'instar des autres établissements bancaires, les remous en fin d'année dernière sur les marchés financiers ont péjoré les avoirs sous gestion, qui se sont repliés de 6,5% à 196,1 milliards de francs.

«Les Banques Raiffeisen ont très bien géré leurs activités dans un contexte difficile. L'an dernier, elles ont à nouveau pu augmenter le nombre de leurs clients et sociétaires», a indiqué Heinz Huber, président de la direction de Raiffeisen Suisse.

Au total, la somme du bilan s'est élevée l'exercice écoulé à 225,3 milliards de francs, en léger repli de 1,1% sur un an. L'établissement a fait état d'une situation financière solide, affichant un ratio de fonds propres durs (CET 1) de 16,5%, en progression de 0,6 point. Le nombre d'employés a quant à lui reculé de près de 200 postes à 9215 employés à temps plein.

Après une année tumultueuse, où le groupe a vendu sa banque privée Notenstein La Roche à Vontobel, Raiffeisen s'attend à ce que 2019 représente un exercice de «transition», sans fournir de détail chiffré sur sa performance à venir.

Raiffeisen figure parmi les cinq banques suisses présentant un risque systémique, aux côtés d'UBS, Credit Suisse, Postfinance et la Banque cantonale de Zurich.

Feuilleton de l'année 2018

L'affaire Vincenz, du nom du directeur général de Raiffeisen entre 1999 et 2015 Pierin Vincenz, remonte à octobre 2017. L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) annonce alors des investigations à l'encontre du groupe bancaire concernant en particulier la surveillance de la direction par le conseil d'administration.

Les affaires se gâtent sérieusement fin 2017 pour l'ex-homme fort de Raiffeisen. Aduno, dont Pierin Vincenz a parallèlement présidé le conseil d'administration depuis sa création en 1999 à juin 2017, dépose plainte contre ce dernier pour gestion déloyale.

La société zurichoise active dans les crédits privés, le leasing ainsi que les cartes de crédit reproche au bâtisseur de Raiffeisen de s'être enrichi personnellement dans le cadre d'acquisitions. Pierin Vincenz est également visé par une plainte de Raiffeisen.

Alors que M. Vincenz est placé début mars 2018 en détention préventive, le président du conseil d'administration, Johannes Rüegg-Stürm démissionne quelques jours plus tard avec effet immédiat. Elu vice-président, Pascal Gantenbein, assure alors l'intérim.

Critiqué depuis l'éclatement de l'affaire, le directeur général Patrik Gisel jette à son tour l'éponge en juillet 2018. En novembre, Guy Lachapelle, ex-patron de la Banque cantonale de Bâle est confirmé à la présidence, alors que son homologue de la Banque cantonale de Thurgovie, Heinz Huber, est nommé directeur général. Il a pris ses fonctions le 9 janvier. (ats/nxp)

Créé: 01.03.2019, 11h16

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