Samedi 14 décembre 2019 | Dernière mise à jour 21:14

Suisse Uber en «forte croissance» malgré des freins

L'application de réservation de voitures a vu croître de 30% ses utilisateurs suisses, en dépit des «réglementations très compliquées».

Uber revendique «une forte croissance» en Suisse mais déplore une pénurie de chauffeurs et de nombreux obstacles réglementaires.

Uber revendique «une forte croissance» en Suisse mais déplore une pénurie de chauffeurs et de nombreux obstacles réglementaires. Image: Keystone

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La plateforme de réservation de voitures avec chauffeur Uber compte 400'000 utilisateurs actifs en Suisse, en hausse d'environ 30% sur un an. L'entreprise revendique «une forte croissance» mais déplore une pénurie de chauffeurs et des nombreux obstacles réglementaires.

Uber, depuis peu coté à Wall Street, ne publie pas de chiffres financiers séparés par pays mais a dévoilé quelques indications pour le marché helvétique vendredi devant les médias à Carouge, où travaille une dizaine de ses quelque 15 collaborateurs en Suisse.

Ainsi, le nombre d'utilisateurs actifs est passé de 300'000 à 400'000 entre juillet 2018 et octobre 2019, et celui des chauffeurs de 2600 à 3200 dans le même temps, pour les quatre villes où la société est présente (Zurich, Genève, Bâle et Lausanne).

«Nous aimerions nous développer dans d'autres villes, mais les procédures et les réglementations sont très compliquées», a déploré Steve Salom, directeur général Uber Suisse, France et Autriche. A ce titre, la Suisse romande, et Genève en particulier, où Uber est en conflit avec l'Etat sur le statut des chauffeurs et celui de la société, se montre plus stricte et développe beaucoup plus de «frictions» que la partie alémanique, a dit M. Salom.

«Réglementations très compliquées»

Dans le contexte des attaques contre Uber accusé parfois d'exploiter les chauffeurs, la société a tenu à faire connaître les chiffres: le revenu moyen d'un chauffeur indépendant utilisant l'application atteint 26,81 francs par heure (nets de la commission de 25% versée à la plateforme).

Tous frais déduits (amortissement de la voiture, essence, assurance), il reste 21 francs dans la poche du chauffeur, partant d'un modèle standard de voiture (Toyota Prius). Environ 70% des chauffeurs ont recours à l'application moins de 40 heures par semaine, pendant une moyenne de 33 semaines par an.

Ils sont libres, en tant qu'indépendants, de travailler pour d'autres plateformes de VTC. En Suisse, 85% des chauffeurs choisissent Uber pour être indépendants, c'est-à-dire pour pouvoir se mettre au volant quand ils le veulent, sans contrainte, avec la possibilité d'arrêter pendant trois mois s'ils le veulent ou de ne travailler que le week-end, la nuit ou entre 7h ou 11h par exemple, selon leurs préférences, a précisé la société.

Depuis l'introduction des pourboires en octobre 2018, environ 1,6 million de francs de «bonne main» ont été versés aux chauffeurs via l'application par les clients, ce qui représente une moyenne de 400 francs par an sur une base de 400'000 chauffeurs. La méthode d'analyse de ces chiffres a été vérifié par le professeur Rafael Lalive de l'Université de Lausanne.

1,6 million de francs de pourboires

La vision d'Uber, à l'échelle internationale, est de se développer comme une plateforme globale de mobilité et de micromobilité, en partenariat avec les transports publics, sur une forme multimodale, a rappelé M. Salom.

En attendant, les longueurs administratives et les incertitudes constituent des freins à l'engagement de chauffeurs, raisons pour lesquelles, notamment, Uber s'est mise à collaborer avec des associations de chauffeurs locales «pour améliorer les systèmes de tarification et créer plus de transparence».

Le conflit avec le canton de Genève fait peser une menace sur la présence de la société dans la Cité de Calvin, estime M. Salom. Uber est prêt à aller devant la justice pour faire valoir son statut de diffuseur de courses, qui garantit son modèle de chauffeurs indépendants, tandis que les autorités souhaitent, selon les termes du conseiller d'Etat Mauro Poggia, que les travailleurs d'Uber (les chauffeurs) oeuvrent «dans le respect des règles qui les protègent» (assurances notamment). Les échanges se poursuivent par avocats interposés, a précisé M. Salom. (ats/nxp)

Créé: 11.10.2019, 15h13

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