Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 02:14

Amérique latine Accord sur la dette: l'Argentine se donne du temps

L'Argentine a prolongé lundi jusqu'au 22 mai le délai pour trouver un accord sur la dette. Une nouvelle extension de ce délai n'est pas exclue.

Le président argentin Alberto Fernandez.

Le président argentin Alberto Fernandez. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le gouvernement argentin a officiellement prolongé lundi jusqu'au 22 mai le délai pour trouver un accord sur la restructuration de la dette avec ses créanciers internationaux et s'éviter ainsi un défaut de paiement.

«Cette prolongation est considérée comme nécessaire dans le cadre des négociations conduites en toute bonne foi par l'Argentine avec ses créanciers, afin de rétablir la viabilité de la dette publique émise sous juridiction internationale», indique le Journal Officiel.

Le gouvernement de centre-gauche du président Alberto Fernandez s'est déclaré «ouvert à toutes les contributions visant à aider l'Argentine et en même temps à améliorer les recouvrements des créanciers», dans un communiqué publié par le ministère de l'Économie.

Échéance manquée

L'Argentine avait manqué le 22 avril une échéance de 500 millions de dollars (486,90 millions de francs) liée à sa dette, invoquant un délai de grâce d'un mois dont elle s'est prévalue en attendant une réponse de ses créanciers à son offre de restructuration.

La date du 22 mai correspondra donc à cette double échéance, la fin de la négociation et la date limite de paiement de ces intérêts. En théorie, si Buenos Aires n'honore par ce paiement de 500 millions de dollars d'intérêts, le pays pourrait être considéré en défaut. Mais le gouvernement argentin n'écarte pas la possibilité de parvenir à un accord avec les détenteurs d'obligations «de manière anticipée».

L'Argentine ouvre également la porte à «un prolongement du délai» au-delà du 22 mai, dans le cadre des négociations, étant donné que ni le gouvernement ni les créanciers ne souhaitent un nouveau défaut de paiement de la troisième économie d'Amérique latine.

Contre-proposition

Le gouvernement indique dans le Journal Officiel que le résultat des négociations sera rendu public le 25 mai. Les négociations portent sur une restructuration de 66 milliards de dollars (64,27 milliards de francs) en titres émis sous juridiction internationale.

L'offre de Buenos Aires à ses créanciers comporte une décote de 62% sur les intérêts, soit 37,9 milliards de dollars, et de 5,4% sur le capital, soit 3,6 milliards. L'Argentine demande également un moratoire de trois ans, ce qui impliquerait qu'elle n'effectue aucun paiement jusqu'en 2023.

Trois groupes majeurs de détenteurs de titres argentins ont d'ores et déjà rejeté cette proposition, estimant qu'elle impliquait pour les créanciers internationaux «des pertes disproportionnées qui ne sont ni justifiées ni nécessaires».

Malgré ce rejet, le gouvernement a maintenu son offre, mais le ministre de l'Économie, Martin Guzman, s'est montré vendredi ouvert à toute contre-proposition, à condition qu'elle respecte «les limites de ce qui est considéré comme viable».

90% du PIB

Le président Fernandez a réitéré lundi soir l'offre argentine dans des déclarations à la chaîne de télévision Canal C5N. «Ce que nous voulons, c'est rechercher un accord et que l'Argentine ne tombe pas de nouveau en défaut», a-t-il dit. «Je ne sais pas ce qu'est la contre-proposition (des créanciers, ndlr), mais si elle existe, nous verrons de quoi il s'agit».

L'offre d'échange de dette consiste à repousser les échéances à une période allant de 2030 à 2047. Les taux d'intérêt devraient osciller entre 1,5% et 5%.

Le pays sud-américain avait connu en 2001 le plus grand défaut de paiement de l'histoire, portant sur 100 milliards de dollars. Sa dette totale s'élève à présent à 323 milliards de dollars (314,54 milliards de francs), soit plus de 90% du Produit intérieur brut. (afp/nxp)

Créé: 12.05.2020, 05h39

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.