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Commerce Acier: l'UE «prête» à riposter aux USA

L'Union européenne reste dans l'expectative à quelques heures de la décision de Donald Trump sur l'acier et l'aluminium. La riposte est prête.

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Image d'illustration. Image: AFP

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Les Européens, qui se tiennent «prêts» à riposter à d'éventuelles taxes américaines sur leurs exportations d'acier et d'aluminium, étaient toujours dans l'expectative lundi de la décision de Donald Trump, à quelques heures de l'expiration de l'exemption provisoire qui a permis jusqu'à présent d'éviter une guerre commerciale.

Le président américain avait promulgué le 8 mars des tarifs de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium mais avait accordé, fin mars, à l'Union européenne une exemption provisoire.

Les demandes répétées d'une exemption définitive sont restées pour l'heure lettre morte, faisant redouter que l'exemption provisoire, expirant dans la nuit de lundi à mardi, ne soit pas non plus renouvelée.

«Décision rapide»

«Je ne vais pas vous dire ce que le président va faire ou pas mais je peux vous dire que l'équipe économique se rencontre régulièrement», a affirmé lundi sur Fox News le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, disant s'attendre à «une décision rapide».

Des conversations étaient prévues lundi entre la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström et son homologue américain Wilbur Ross mais aucune information n'a filtré sur leur teneur.

«Les contacts ont lieu à tous les niveaux»,s'est borné à affirmer le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, lors du point presse quotidien. «Nous sommes patients, mais nous sommes aussi prêts» à agir, a-t-il averti.

Pessimisme à Bruxelles

Une source européenne, qui s'attend à une décision «à la dernière minute» a ensuite fait état d'un certain pessimisme à Bruxelles.

Plusieurs partenaires de Washington, dont le Canada, le Mexique et l'UE, ont bénéficié d'exemptions à ces taxes, mais les Américains réclament des concessions commerciales pour que celles-ci soient renouvelées.

Ils ont ainsi obtenu de la Corée du Sud une réduction de ses exportations d'acier vers les Etats-Unis et une plus grande ouverture de son marché à leurs constructeurs automobiles. «Un des problèmes qui apparaît est celui du traitement équitable des automobiles et nous aimerions voir quelques concessions de l'Europe», a plaidé la semaine passée le principal conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow.

«Pas d'autre choix»

Or, les Européens n'ont cessé de rappeler qu'ils n'avaient aucunement l'intention d'entamer des discussions avec Washington tant qu'ils n'auraient pas d'abord obtenu d'exemption définitive. Ils estiment que c'est la Chine, de loin le premier producteur mondial d'acier et souvent accusée de subventionner massivement son industrie, qui est à l'origine de la surcapacité dans le secteur. Pékin, qui subit depuis fin mars les taxes américaines, a porté plainte contre les Etats-Unis devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel se sont succédé à Washington la semaine dernière pour tenter de convaincre Donald Trump de préserver l'UE. Les deux dirigeants et la Première ministre britannique Theresa May ont de nouveau mis en garde dimanche soir les Etats-Unis contre d'éventuelles sanctions commerciales, ajoutant que l'UE devait se tenir «prête à réagir, le cas échéant, avec efficacité et célérité».

«Toute autre décision (qu'une exemption pour l'UE) porterait préjudice aux deux parties, ne nous laissant pas d'autre choix que d'adopter des mesures de rééquilibrage», a insisté lundi sur Twitter le président du Parlement européen, l'Italien Antonio Tajani.

Rétorsion

Bruxelles a poursuivi ces dernières semaines les démarches qui lui permettront de répondre à d'éventuelles taxes américaines tout en respectant les règles de l'OMC.

La mesure la plus immédiate vise à taxer de manière «ciblée et proportionnée» des dizaines de produits emblématiques fabriqués aux Etats-Unis, parfois dans des Etats ayant voté pour Donald Trump, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos. Cette mesure doit permettre de compenser en valeur les pertes potentielles pour l'industrie européenne.

Une liste de produits a été approuvée mi-avril par les Etats membres, mais selon une source européenne, il faudra encore quelques semaines, peut-être d'ici l'été, avant que l'UE puisse en toute légalité frapper les Etats-Unis de premières mesures de rétorsion.

Plainte possible devant l'OMC

Bruxelles pourrait également déposer une plainte devant l'OMC, estimant que les taxes américaines, sous couvert de préserver la sécurité nationale, ne servent qu'à avantager leurs entreprises. Cette action prendrait des années à aboutir.

Enfin, la Commission a lancé auprès de l'OMC une procédure pour mettre en place d'ici quelques mois des mesures dites de «sauvegarde» afin de protéger son industrie des flux étrangers qui ne trouveraient plus de débouchés aux Etats-Unis. Une telle mesure --qui ne vise pas directement Washington-- consisterait à restreindre temporairement les importations d'acier et d'aluminium pour protéger les deux branches concernées.

L'Europe a exporté 5,3 milliards d'euros d'acier et 1,1 milliard d'euros d'aluminium en 2017 vers les Etats-Unis. (afp/nxp)

Créé: 30.04.2018, 23h51

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