Mercredi 19 juin 2019 | Dernière mise à jour 08:32

Médias AINews, le journal de demain

A l'heure des réseaux sociaux, des chercheurs fribourgeois restent persuadés que la presse professionnelle a sa place auprès des jeunes.

Jean-Marie Ayer, professeur à la Haute école de gestion de Fribourg.

Jean-Marie Ayer, professeur à la Haute école de gestion de Fribourg. Image: archive/photo d'illustration/Keystone

AINews, quatre partenaires

Le projet AINews pour faire émerger le journal de demain implique quatre partenaires fribourgeois. Il veut introduire l'intelligence artificielle dans les technologies d'agents conversationnels (chatbots) dédiés à la presse.

Les partenaires sont la Haute école d'ingénierie et d'architecture Fribourg, la Haute école de gestion Fribourg, DjeBots, une start-up spécialisée dans le développement de solutions chatbots, et le quotidien La Liberté. La réflexion se fonde sur les technologies qui «révolutionnent» la façon d'accéder et de consommer les informations.

Dans ce contexte, «la presse locale doit innover pour répondre aux attentes de ses lecteurs et faire face à la concurrence des sites d'informations gratuits et aux réseaux sociaux», estiment les partenaires. Le recours à l'intelligence artificielle permettra en particulier de personnaliser le contenu pour le lecteur.

Tests avec les jeunes

Le projet inclut l'interaction avec le lecteur à travers des interfaces de dialogue comme les applications de messagerie, qui deviennent de plus en plus populaires auprès du grand public. Au final, l'idée consiste à apporter les informations à la rédaction du journal pour innover dans les directions éditoriales.

L'idée consiste à atteindre les personnes âgées de 18 à 34 ans.
Ce retour est d'autant plus important pour AINews que cette tranche de la population se distancie précisément des médias traditionnels.


Avec «La Liberté»

Les travaux sont cofinancés par Innosuisse, l'Agence suisse pour l'encouragement à l'innovation, une entité placée sous l'égide de la Confédération. Ils permettront aux hautes écoles fribourgeoises et à Djebots de mettre en oeuvre une solution numérique d'avant-garde à même d'être utilisée par «La Liberté».

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des chercheurs fribourgeois essayent de définir les contours du journal de demain. Malgré le recul continu des tirages de la presse écrite, à l'heure où les jeunes s'informent via les réseaux sociaux, ils restent convaincus que le journalisme professionnel survivra.

«Le numérique offre des possibilités dont on ne connaît pas le potentiel», constate Jean-Marie Ayer, professeur à la Haute école de gestion de Fribourg. L'information a longtemps été symbolisée par le journal papier, qui offre des contenus limités. La question tourne aujourd'hui autour de savoir comment contenter tout le monde.

«Les jeunes lecteurs ne semblent plus se satisfaire de contenus, qui finalement ont toujours été définis par les journalistes eux-mêmes», relève Jean-Marie Ayer. Et le phénomène se poursuit sur les sites internet de ces mêmes journaux papier. «C'est quoi aujourd'hui l'information ?» interroge le professeur.

Granularité

Jean-Marie Ayer mentionne la notion de granularité pour étayer son approche. «Jusqu'où aller dans la redéfinition de l'information, comment la produire, avec quels effectifs et combien d'heures de travail», questionne-t-il. Les rédactions doivent mieux connaître leurs lecteurs pour leur permettre d'être à l'origine de contenus.

Il s'agit de trier les informations pour qu'ils puissent lire ce qui les intéresse, avec une dimension de surprise et de personnalisation. «Connaître son lecteur, c'est lui offrir l'opportunité de s'exprimer sur ce qu'il veut lire». Ainsi, en connaissant son lecteur, la boucle est bouclée, affirme Jean-Marie Ayer.

Avec un robot

Dans le contexte, le robot constitue un outil. «Les technologies d'intelligence artificielle introduisent une notion de conversation et d'échange», explique le professeur à la tête du projet AINews. Il s'agit de créer un lien entre numérique et information. Les jeunes sont des utilisateurs des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat et autre Twitter).

AINews ambitionne d'introduire l'intelligence artificielle dans les technologies d'agents conversationnels (chatbots) dédiés à la presse. Du coup, le journal local fonctionnera comme un réseau social, avec un flux d'informations régionales. «Une place du village sur laquelle les Fribourgeois pourront discuter de l'actualité locale.»

«Dashboard»

Jean-Marie Ayer évoque la notion de «dashboard», où des indicateurs permettront de connaître ce que les lecteurs veulent. «Pour mesurer ce qui n'existe pas encore». Des quotidiens comme Nice-Matin, en France, ont créé une relation avec le lecteur pour récupérer les jeunes qui s'éloignent, sur la voie du journalisme de solutions.

«Les journaux doivent essayer de donner une forme à cette place du village», résume le professeur. Et ne pas en laisser le soin aux géants du web, qui le font déjà très bien. Un quotidien doit s'interroger sur la valeur de l'information et les aspects émotionnels («j'aime, je participe»). Le spectre se situe entre les deux.

Surprendre

«Sensibiliser la population, créer de l'émotionnel pour susciter un lien». Il s'agit de filtrer et de surprendre. Et Jean-Marie Ayer de prendre l'exemple de la cuisine thaï.

«Quand beaucoup connaissent déjà un domaine, pour surprendre, il faut connaître son destinataire. Proposer une recette thaïe à une personne qui a vécu en Thaïlande n?est pas très pertinent, ça ne va pas tellement l?intéresser.»

L'exercice ne revient pas à créer des bulles, mais au contraire à les faire éclater. A partir de là, il y a moyen de créer un modèle d'affaires que le projet ne détaille toutefois pas pour l'heure. Dégager du temps pour des contenus locaux dans un bassin de population, à même de titiller la curiosité. «Les changements viennent des pressions extérieures», note encore Jean-Marie Ayer. (ats/nxp)

Créé: 10.06.2019, 09h24

sentifi.com

Le_Martin_Web Sentifi Top themes and market attention on

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.