Mercredi 21 août 2019 | Dernière mise à jour 00:58

Etats-Unis Amazon hésite à s'installer à New York

Les élus de New York ne sont pas si emballés à l'idée d'accueillir le futur siège d'Amazon et pourraient faire capoter le projet.

Amazon prévoit aussi un nouveau siège dans la banlieue de Washington.

Amazon prévoit aussi un nouveau siège dans la banlieue de Washington. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les critiques d'élus new-yorkais pourraient-elles faire renoncer Amazon à implanter un nouveau siège, avec 25'000 emplois à la clé, dans la capitale financière américaine? C'est ce qu'affirme vendredi le «Washington Post», ravivant la polémique entre partisans et détracteurs de ce méga-projet.

A en croire des sources anonymes citées par le quotidien appartenant au patron d'Amazon, Jeff Bezos, «des responsables d'Amazon ont eu récemment des débats en interne pour refaire le point sur la situation à New York et étudier des solutions alternatives».

Après avoir mis en concurrence, des mois durant, une vingtaine de villes américaines, le géant du commerce en ligne basé à Seattle avait annoncé mi-novembre qu'il souhaitait installer un nouveau siège à New York, avec 25'000 emplois à terme, et un autre de taille équivalente dans la banlieue de Washington, à Crystal City, en Virginie.

Mais si les autorités de Virginie ont immédiatement voté un paquet de mesures d'aides financières, le feu vert définitif de New York n'est pas attendu avant plusieurs mois. Et le projet d'implantation d'un nouveau QG d'Amazon dans le quartier de Long Island City dans le Queens - juste en face de Manhattan - a fait, ces dernières semaines, l'objet de vives critiques d'élus locaux, notamment lors de deux séances spéciales du conseil municipal.

Pluie de critiques

Les élus, tous démocrates, dénoncent pêle-mêle l'impact de l'arrivée d'Amazon sur les prix du logement, l'opposition de la direction du groupe aux syndicats et les avantages fiscaux évalués à 3 milliards de dollars qu'a obtenus le mastodonte pour s'implanter à New York. Les rumeurs sur un blocage possible ont grossi cette semaine avec la désignation d'un élu du Queens très critique des avantages fiscaux promis, Michael Gianaris. En tant que membre d'un obscur trio chargé de «contrôler les autorités publiques» au sénat de l'Etat de New York, il a le pouvoir de bloquer le projet. Officiellement, le projet va de l'avant.

Amazon a répété vendredi, dans un communiqué, qu'il préparait son implantation à New York et avait commencé à monter des programmes de formation pour favoriser les emplois locaux et des cours d'informatique pour les étudiants new-yorkais.

«Nous travaillons dur pour montrer le genre de voisins que nous serons», a ajouté le groupe, sans démentir cependant qu'il pourrait encore changer d'avis. N'empêche que les informations du «Washington Post» ravivent une polémique qui monte depuis la mi-novembre.

Opacité

Au-delà des critiques portant sur les avantages fiscaux, c'est la manière opaque dont l'arrivée d'Amazon a été négociée par le gouverneur et le maire de New York, sans concertation avec les autres élus municipaux, qui nourrit la rébellion.

La jeune star démocrate du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez s'est ainsi réjouie vendredi d'entendre qu'Amazon pourrait réexaminer ses plans. «Quand il n'y a pas de consultation avec les habitants, il faut absolument réexaminer les accords et le processus», a indiqué la parlementaire, élue de New York, sur CNN. Et le syndicat de la distribution a d'avance estimé que, si le projet tombait à l'eau, «Amazon n'aurait qu'à s'en prendre à lui-même».

«Ils continuent de refuser avec arrogance de rencontrer les acteurs clé du projet et répondre à leurs inquiétudes», a déclaré son président, Stuart Appelbaum. «Si Amazon ne respecte pas les travailleurs et les quartiers, ils ne seront jamais la bienvenue à New York».

Mais le gouverneur Andrew Cuomo, principal artisan de l'accord, a lui tiré à boulets rouges sur les détracteurs du projet, les accusant de jouer «dangereusement» avec le feu. «Nous avons besoin d'Amazon», a-t-il déclaré vendredi après les informations du «Washington Post». «Je n'ai jamais vu une situation aussi absurde où la bassesse politique l'emportait sur un projet de développement économique solide», a-t-il ajouté.

Un sondage de l'université Quinnipiac réalisé début décembre montrait que 57% des résidents new-yorkais étaient favorables à l'implantation d'Amazon, et 26% contre. (afp/nxp)

Créé: 09.02.2019, 01h17

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.