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Crise de la dette Athènes entre dans le vif des discussions avec ses créanciers

Des haut fonctionnaires grecs et des représentants des créanciers du pays se rencontrent à Bruxelles.

Les discussions techniques débutent le mercredi 11 mars à Bruxelles.

Les discussions techniques débutent le mercredi 11 mars à Bruxelles. Image: Archive/Photo d'illustration/Keystone

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Après un mois et demi de tractations et à court d'argent, le nouveau gouvernement grec de gauche Syriza s'est finalement décidé à entamer les discussions ce mercredi 11 mars avec ses créanciers sur les réformes qu'il envisage, tout en poursuivant la guerre des mots envers Berlin et ses créanciers.

C'est à Bruxelles que cette première entrevue a commencé en début d'après-midi entre hauts fonctionnaires d'un nouveau quintet baptisé «Groupe de Bruxelles» par Athènes et composé du gouvernement grec, de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du Fonds monétaire international (FMI).

Les discussions entamées mercredi visent à «avancer sur le détail des réformes» qu'Athènes s'est engagée à mener avec ses bailleurs de fonds, a indiqué une porte-parole de la Commission, Mina Andreeva, en précisant que le «calendrier dépendra des progrès faits».

Avec cette nouvelle dénomination de «Groupe de Bruxelles», et en s'incluant dans ce groupe, les Grecs anéantissent au passage le concept honni de «troïka», ces technocrates de l'UE, de la BCE et du FMI dont les visites pointilleuses et hautement sécurisées à Athènes étaient devenues un repoussoir pour la population.

Ce qui n'empêche pas que, parmi les participants aux discussions figurent Declan Costello pour la Commission européenne, Klaus Masuch pour la BCE et Rishi Goyal pour le FMI, soit les chefs de mission de l'ancienne «troïka».

«Politiques et techniques»

Athènes a qualifié les nouvelles négociations de «politiques et techniques» et souligne qu'elles se dérouleront dorénavant plutôt dans la capitale européenne, sans exclure que ses interlocuteurs puissent se rendre à Athènes pour «collecter des éléments précis», selon un communiqué du gouvernement.

Dimitris Mardas, ministre adjoint des finances, a expliqué la nuance à la radio To Vima. «Des experts techniques se rendent en Grèce depuis quinze ans, ils nous offrent du savoir-faire, ce n'est pas gênant. Ce qui était gênant avant c'était quand la troïka arpentait tous les ministères».

Les discussions entamées mercredi font suite à l'accord conclu à l'arraché le 20 février entre Athènes et ses créanciers, donnant quatre mois de répit, jusqu'à fin juin, au gouvernement grec pour présenter des réformes et espérer en retour une aide financière.

Lundi, le chef de la file de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem, avait déploré «une perte complète de temps» ces dernières semaines.

Les réformes doivent être validées par les créanciers d'ici fin avril pour débloquer la dernière tranche de prêts internationaux d'environ sept milliards d'euros, suspendue depuis l'été et vitale pour la survie financière du pays.

Mercredi, Athènes a levé 1,3 milliard d'euros (1,4 milliard de francs) en bons du Trésor à trois mois, à un taux plus élevé que l'émission similaire il y a un mois, signe de la réticence des marchés à acquérir de la dette grecque.

D'autres moyens d'emprunter

Entre la pression maintenue par la BCE, qui a suspendu début février un des canaux de financement des banques grecques, et les retards pris par les contribuables à payer leurs impôts, le gouvernement envisagerait désormais d'emprunter aux caisses de sécurité sociale ou d'utiliser les subventions européennes pour honorer ses dettes de mars, qui atteignent 6 milliards d'euros, dont 1,5 milliard pour le FMI.

Ce ne serait pas la première fois que les caisses de couverture sociale seraient appelées à combler le trou des finances publiques. Lors de la restructuration de la dette publique en 2012, elles avaient ainsi perdu plusieurs milliards d'euros.

Poursuivant la défense de la cause de son pays, le premier ministre Alexis Tsipras s'entretiendra jeudi à Paris avec le chef de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Angel Gurria avant un rendez-vous crucial vendredi avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Bruxelles.

La guerre des mots envers Berlin, considéré comme le plus intransigeant des pays créanciers, continue côté grec. Le gouvernement a relancé dans la nuit la commission parlementaire chargée de réfléchir aux dédommagements de la seconde guerre mondiale, saga judiciaire qui dure depuis plus de vingt ans et que Berlin considère un dossier clos.

Le ministre grec de la justice Nikos Paraskevopoulos a même menacé de donner son feu vert à l'application d'une décision de la cour suprême grecque remontant à 2000 sur la saisie des avoirs allemands. Tout en avouant «la complexité» de la question. (ats/nxp)

Créé: 11.03.2015, 11h26

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